Déclarée délinquante dangereuse après un vol qualifié

Christine Mequish a été déclarée délinquante dangereuse, mercredi,... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Christine Mequish a été déclarée délinquante dangereuse, mercredi, au palais de justice de La Tuque.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Christine Mequish, une Atikamekw au lourd passé judiciaire, a été déclarée délinquante dangereuse.

Le juge David Bouchard a rendu sa décision, mercredi, au palais de justice de La Tuque. La requête avait été déposée en janvier dernier après que l'accusée eut été reconnue coupable de vol qualifié dans un dépanneur de La Tuque.

«Le Tribunal considère que la preuve de la poursuivante démontre hors de tout doute raisonnable que l'accusée constitue un danger pour la vie, la sécurité ou le bien-être physique ou mental de qui que ce soit», a mentionné le juge David Bouchard.

Ce dernier croit toutefois qu'imposer une peine de détention dans un pénitencier pour une période indéterminée est disproportionnée considérant la gravité subjective du crime sous-jacent.

Il a donc condamné l'accusée à 48 mois de détention, moins la détention provisoire de 21 mois. Le juge a également ordonné que l'accusée soit soumise à une période de surveillance de longue durée pour 10 ans. «On pense que c'est une belle décision. Le juge a suivi nos recommandations en partie. Elle a été déclarée délinquante dangereuse [...] C'est une décision qui est motivée et qui tient compte du risque de récidive et du degré de dangerosité», a souligné le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault.

«Je crois que le juge a fait un bel amalgame entre dissuasion et réhabilitation», a-t-il ajouté.

Pour en arriver à cette décision, le juge s'est notamment basé sur deux documents.

D'abord, le rapport d'une cinquantaine de pages d'un psychologue. Une expertise complète, précise et qui repose sur des faits concrets révélés par l'historique judiciaire et carcéral de Christine Mequish, selon le juge.

L'expert note, entre autres, l'incapacité de la femme à se contrôler, son irresponsabilité persistante, un manque d'empathie, une insouciance concernant les conséquences prévisibles de ses actes.

Le rapport Gladue, qui explique la réalité autochtone de l'accusé, aura permis d'en savoir plus sur la communauté d'Opitciwan et sur le passé difficile de la femme, notamment son passage dans un pensionnat autochtone.

Le juge souligne, dans son jugement, que ce rapport révèle aussi des éléments pertinents permettant de croire en «la possibilité réelle de traitement».

C'est d'ailleurs un des éléments qui fait en sorte que le juge n'a pas imposé une peine indéterminée, selon l'avocate de Christine Mequish. «Dans le cas de ma cliente, le juge a reconnu qu'elle démontrait une motivation à aller de l'avant, à ne plus commettre d'infractions criminelles et à travailler ses problématiques [...] Le juge a aussi tenu compte, comme il se doit, du fait que madame est autochtone et vient d'une communauté qui a subi plusieurs abus et comment son passé l'affecte encore aujourd'hui», a mentionné Me Chloé Morin Defoy.

Le juge a aussi pris en compte l'âge de Mme Mequish et son témoignage lors de l'audience précédente. «Il (le Tribunal) a eu l'opportunité d'entendre et de voir l'accusée à l'audience. Sa tristesse est perceptible. Sa volonté de changement n'est aucunement affectée par des indices de manipulations ou de faussetés», a commenté le juge.

Le Tribunal s'est dit stupéfié face aux ressemblances entre les crimes commis par l'Atikamekw d'Opitciwan. Christine Mequish a été reconnue coupable d'homicide involontaire après avoir frappé une autre personne avec une bouteille de bière. «Le passé est garant de l'avenir. Cette dame-là à un passé extrêmement lourd, 87 antécédents [...] Dans ce dossier-ci, elle prend une canette de bière pour frapper une autre personne au niveau de la tête. On avait beaucoup de ressemblance dans la finalité des gestes», a commenté le procureur de la Couronne.

Lourd passé judiciaire

Le juge a également fait ressortir le dossier judiciaire «fort volumineux» de l'accusée et le peu de périodes d'accalmie.

Christine Mequish compte à son actif, entre 1984 et 2015, pas moins de 87 antécédents judiciaires, dont le plus récent en 2008. La femme de 58 ans avait alors été condamnée à huit ans d'emprisonnement pour un homicide involontaire. Elle avait été libérée en mars 2014.

Christine Mequish a, entre autres, 25 antécédents reliés à des actes de violence, une quarantaine d'antécédents reliés à des bris de promesse ou d'ordonnance, plus d'une quinzaine en matière de fraude et de méfaits, trois antécédents reliés à de l'extorsion ou des vols qualifiés.

De plus, le juge Bouchard a détaillé son historique carcéral qui «n'est guère plus reluisant».

Le rapport du psychologue rapportait que le comportement de l'accusé faisait état de gestes agressifs, de manquements disciplinaires, et de problèmes d'adaptation dans le milieu carcéral.

L'avocate de Christine Mequish va prendre le temps d'analyser la décision, mais elle ne rejetait pas la possibilité d'aller en appel à la sortie de l'audience.

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