Pornographie juvénile: 12 mois de prison pour Marc Deschênes

Marc Deschênes a écopé de 12 mois de... (Audrey Tremblay)

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Marc Deschênes a écopé de 12 mois de prison.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Marc Deschênes, un ancien enseignant de l'école secondaire Champagnat à La Tuque, reconnu coupable de possession et de distribution de pornographie juvénile, a été condamné à 12 mois de prison, mardi, au palais de justice de La Tuque.

Marc Deschênes, qui avait refusé de s'adresser au Tribunal lors des représentations sur la peine, s'est adressé au juge David Bouchard avant le prononcé de la sentence.

Il a souligné avoir pris conscience de toute l'ampleur et des conséquences de son comportement. «Cela m'a ébranlé», a-t-il lancé.

Il a ensuite expliqué qu'il avait entrepris des démarches avec un psychologue pour mieux comprendre ce qui l'avait poussé vers les enfants.

«Cette démarche m'a permis d'être pleinement conscient que les enfants impliqués sont des victimes», a-t-il souligné.

Dans son discours sans émotion, Deschênes a aussi avoué avoir honte de son comportement et être allé à l'encontre de ses valeurs personnelles. «J'assume maintenant les conséquences de mon comportement», a-t-il dit.

Rappelons qu'une perquisition avait été faite au domicile de Marc Deschênes à La Tuque. Du matériel informatique avait été saisi.

Les analyses auront permis aux enquêteurs de mettre la main sur 39 000 fichiers correspondant à la description de pornographie juvénile et quelque 300 vidéos de la même catégorie.

La majorité des images représentent des filles d'âge prépubère, en moyenne de cinq à douze ans, se livrant à des activités sexuelles avec des hommes, notamment, des fellations, de la masturbation et des relations complètes.

D'autres types d'images ont également été retrouvées, mais en plus petite quantité, notamment des images où il y a des relations anales et de la bestialité.

Marc Deschênes a aussi eu des conversations et des échanges de photos avec une tierce personne dont la nature et les propos correspondaient à de la pornographie juvénile.

Dans son jugement, le juge David Bouchard est revenu sur les rapports présentenciel et sexologique de l'accusé. Il a souligné la collaboration de l'accusé dans le processus évaluatif, mais également ses difficultés à discuter de sa dynamique et de ses habitudes sexuelles avec l'agente de probation.

Marc Deschênes aurait toutefois fait preuve de plus d'ouverture avec le sexologue. «Son ouverture sur ses préférences sexuelles verbalisées au sexologue n'est pas des plus transparentes lorsque comparée avec la nature des fichiers retrouvés», précise-t-il un peu plus loin dans le jugement.

Le juge Bouchard mentionne aussi que l'accusé s'est mobilisé rapidement après son arrestation en consultant un psychologue pour démystifier les facteurs de son passage à l'acte.

«Cette situation cache un trait de personnalité narcissique et peut viser à créer une bonne impression de lui-même», explique-t-il.

«L'ensemble des rapports indique que l'accusé possède les outils nécessaires à sa réinsertion sociale. Aucun diagnostic de pédophile ne peut lui être associé. Les infractions se déroulent dans un contexte où l'accusé souffre d'isolement, de vide affectif, d'état dépressif et de fatigue généralisée.»

Le juge Bouchard a également fait état des facteurs aggravants dans le dossier, soit le nombre de fichiers, la nature (activités sexuelles explicites, séquestration, bestialité, agression), l'âge des enfants et la préméditation des gestes.

Il aussi mis l'accent sur le fait que ces crimes ne sont pas tolérés dans la société. «Il existe un lien rationnel entre le possesseur et le producteur de pornographie juvénile. L'un alimente l'autre et ainsi de suite. Le préjudice aux enfants augmente selon le même rythme. Si la consommation est réduite, il en sera de même pour la production et l'exploitation des enfants», fait valoir le juge.

Ce dernier a aussi pris en compte les facteurs atténuants, entre autres, le plaidoyer de culpabilité, le faible risque de récidive, sa capacité de faire face à sa réinsertion sociale, sa mobilisation, l'effet dissuasif du processus judiciaire et la nécessité d'une réorganisation professionnelle et personnelle.

Rappelons que Marc Deschênes n'est plus à l'emploi de la Commission scolaire de l'Énergie. Il avait été suspendu sans solde au moment de son arrestation. Marc Deschênes a entre-temps pris sa retraite et déménagé de La Tuque.

En plus de la peine d'emprisonnement de 12 mois et d'une amende de 150 $, l'accusé devra respecter une probation de trois ans.

Il ne pourra pas se trouver en présence de personnes de moins de 16 ans. Il lui est interdit également de se trouver dans un parc public ou une zone publique où il est permis de se baigner s'il y a des personnes âgées de moins de 16 ans ou s'il pouvait y en avoir, une garderie, une école, un terrain d'école, un terrain de jeu ou un centre communautaire.

Il lui est aussi défendu de chercher, d'accepter ou de garder un emploi, rémunéré ou non, ou un travail bénévole qui le placerait en relation de confiance ou d'autorité vis-à-vis des personnes âgées de moins de 16 ans.

Il devra remettre un échantillon d'ADN et se conformer à la loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels à perpétuité.

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