Présumées voies de fait dans une garderie: l'ex-employée raconte

Rosie Hamel a dénoncé Lise Laliberté-Brochu après avoir... (Stéphane Lessard)

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Rosie Hamel a dénoncé Lise Laliberté-Brochu après avoir été témoin de prétendus gestes de maltraitance envers des bébés.

Stéphane Lessard

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La jeune employée qui a porté plainte contre Lise Laliberté-Brochu, cette éducatrice en milieu familial de Bécancour accusée de voies de fait sur des bébés, estime qu'il était véritablement dans l'intérêt des familles de dénoncer les agissements de celle-ci.

Rosie Hamel a travaillé pour la dame entre février et mars 2016. Bien qu'elle pouvait la trouver un peu froide avec les parents, elle dit n'avoir jamais vu d'actes de maltraitance et de comportements inadéquats jusqu'au 21 mars dernier.

Selon elle, la suspecte a forcé un bébé d'un an à manger en dépit de son refus. Elle soutient avoir vu Mme Laliberté-Brochu obliger l'enfant à manger ce qu'il venait de vomir et tenir ensuite sa bouche fermée.

Toujours selon ses dires, l'enfant était étouffé. «Elle lui criait: ''Avale, avale''. Elle me disait alors qu'elle n'avait pas peur, elle, que les enfants s'étouffent, et que c'était de même que ça fonctionnait avec elle», a-t-elle raconté.

Elle aurait été témoin du même stratagème le lendemain. Même s'il s'agissait de son employeur, elle s'est résolue à dénoncer celle-ci auprès des familles, et ce, avec des preuves en main. Rosie Hamel avait en effet pris soin de faire des enregistrements sonores des gestes reprochés à la suspecte.

Ces événements ont ensuite donné lieu à une enquête policière et à la suspension des activités de la garderie en milieu familial le 29 mars dernier. «Dès que nous avons appris qu'il y avait enquête, nous avons suspendu la reconnaisse de cette garderie», explique Lucie Allard, la directrice générale du bureau coordonnateur de la garde en milieu familial et du CPE Chez moi, chez toi. «La loi nous oblige à suspendre la reconnaisse d'une garderie dès qu'il y a un signalement à la DPJ.»

Dès le 29 mars, les neuf enfants qui fréquentaient l'endroit ont donc été retirés de cette garderie. «Nous avons réussi à trouver une place pour la plupart d'entre eux, grâce notamment à des parents qui ont accepté que leur enfant occupe une place à temps partiel pour quelque temps», ajoute Mme Allard.

Lise Laliberté-Brochu, 62 ans, a donc été accusée jeudi après-midi de voies de fait sur les deux bébés. Les chefs ont été portés par voie de déclaration sommaire et non sur acte criminel de sorte que si elle devait être déclarée coupable, la sentence serait moins sévère. Elle est en effet passible d'une peine de six mois au lieu de cinq ans. Elle a pu reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires mais elle devra revenir en cour le 17 juin.

Toutefois, cette arrestation a surpris les parents. C'est le cas d'Isabelle Chaput dont la fillette d'un an et demi fréquentait cette garderie depuis six mois. Son garçon devait également y être gardé mais les CPE ont suspendu les activités avant qu'il ne puisse y accéder. «Je n'ai jamais eu de mauvaise expérience avec Lise Laliberté-Brochu. C'est une bonne madame, gentille et correcte, qui s'impliquait dans sa communauté. Elle m'avait d'ailleurs été référée», a-t-elle mentionné.

Selon elle, sa fille a bien progressé dans cette garderie. Elle était toujours contente à l'idée de s'y rendre. «Je n'ai jamais vu quelque chose de croche là-bas. Je crois que si Lise avait eu quelque chose à se reprocher dans ses méthodes de travail, elle n'aurait pas été accompagnée d'une employée. J'ai vraiment été surprise par le dépôt de ces accusations contre elle», a-t-elle ajouté.

Certes, elle savait que la dame pratiquait une autre religion mais cela ne créait aucune interférence dans son travail. «C'est certain qu'elle ne faisait pas des repas différents pour chaque enfant mais de là à les forcer à manger... Il y a une différence entre du vomi et la nourriture qui sort de la bouche d'un enfant pendant qu'on le nourrit», a-t-elle précisé.

Tout comme Jean Brochu, le mari de la suspecte, elle croit plausible qu'une histoire de jalousie puisse être à l'origine de cette plainte.

Or, sur ce point, Rosie Hamel est catégorique: «Je comprends que le mari veut protéger sa femme mais quand on voit un enfant qui s'étouffe parce qu'on le force à manger, au point où il devient rouge, presque bleu, et qu'on dénonce la situation, je ne vois pas où est la jalousie là-dedans», a-t-elle conclu.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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