Meurtre «barbare» et selfies

Angela Wrightson avait été battue à mort à son... (Fournie par la famille)

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Angela Wrightson avait été battue à mort à son domicile de Hartlepool, ville industrielle du nord-est de l'Angleterre, en 2014.

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Jacques KLOPP
Agence France-Presse
Londres

Jeunes adolescentes, elles ont pris des selfies tout en battant à mort une trentenaire alcoolique dans son salon: deux Britanniques de 15 ans ont été condamnées jeudi à la prison à vie avec une période de sûreté de 15 ans.

Les deux jeunes filles, dont les noms n'ont pas été rendus publics par mesure de protection, étaient âgées de 13 et 14 ans lorsqu'elles ont sauvagement agressé Angela Wrightson, 39 ans, à son domicile de Hartlepool, ville industrielle du nord-est de l'Angleterre, en 2014.

Issues d'un contexte familial difficile, vivant dans un foyer, elles avaient leurs habitudes chez «Alco Ange». Une femme fragile et vulnérable, selon les voisins, qu'elles envoyaient acheter du cidre bon marché et des cigarettes, avant de lui laisser sa part.

Ce lundi de décembre, la soirée a, pour une raison qui reste inconnue, basculé dans une violence inouïe. Les deux jeunes filles se sont acharnées pendant plusieurs heures sur leur victime.

L'autopsie a révélé une centaine de blessures, dont 80 au visage. Angela Wrightson, dont le corps à demi dévêtu a été retrouvé dans son salon, a été frappée avec 14 objets différents - pelle, téléviseur, table basse ou encore bâton clouté de vis.

«Vous lui avez brisé trois doigts alors qu'elle essayait de se protéger des coups», a lancé le juge aux accusées.

«Dans notre société, il est difficile d'imaginer que deux filles si jeunes soient capables d'une telle violence», a tranché le procureur Gerry Wareham, en qualifiant l'attaque de «barbare». 

Les deux adolescentes n'ont rien fait pour cacher leur crime. Pendant le long calvaire d'Angela Wrightson, elles ont même posé, hilares, pour des selfies qu'elles ont ensuite partagés sur les réseaux sociaux. Sur l'un d'eux, on pouvait apercevoir la victime agonisante en arrière-plan.

Tentative de suicide

Pendant l'attaque, une des filles a également discuté sur Facebook avec un ami qui l'a entendue dire : «Vas-y, défonce sa tête, frappe-la.» Une des deux jeunes filles a pris un dernier selfie dans la voiture de police les ramenant au foyer. Posté sur Snapchat avec le message suivant : «Moi... à l'arrière d'un fourgon de police, une nouvelle fois.»

Au volant, le policier ne se doutait alors pas qu'il conduisait deux meurtrières. C'étaient elles qui, une fois leur crime commis, avaient appelé le numéro d'urgence 999 pour qu'on les raccompagne à leur foyer, duquel elles avaient fugué.

Les autorités tardant à arriver, elles avaient même rappelé neuf minutes plus tard pour demander qu'on se dépêche parce qu'il faisait «un p... de froid».

Leur crime a choqué le Royaume-Uni, mais elles ne sont pas les plus jeunes à y avoir écopé de la perpétuité. En 1993, deux garçons âgés de seulement 10 ans avaient été condamnés à la prison à vie pour le meurtre de James Bulger, un enfant de 2 ans, tué dans des circonstances atroces à Liverpool.

D'autres cas plus récents ont ému le pays, souvent sur fond de misère sociale et de conflits familiaux, comme celui de trois adolescents de 14 à 17 ans qui ont tué un SDF à Liverpool en avril 2013.

L'après-midi précédent le meurtre, la plus âgée des deux adolescentes, qui présente un QI faible, avait rendu visite à sa mère. Celle-ci lui aurait dit de «dégager et d'aller se faire pendre».

Le juge a indiqué qu'elle avait fait plusieurs tentatives de suicide, y compris pendant sa détention au tribunal. Raison pour laquelle il a décidé de préserver l'anonymat des deux adolescentes meurtrières.

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