«On n'entendait rien, ni cri ni rien»

L'avion qui transportait Jean Lapierre et plusieurs membres... (Courtoisie)

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L'avion qui transportait Jean Lapierre et plusieurs membres de sa famille s'est écrasé aux Îles-de-la-Madeleine.

Courtoisie

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Le Soleil

(Îles-de-la-Madeleine) Les résidents de Havre-aux-Maisons, aux Îles-de-la-Madeleine, sont habitués d'entendre le bruit des avions qui se préparent à amorcer leur atterrissage à l'aéroport régional. Mais, ce que certains ont vu et entendu sur l'heure du dîner mardi n'avait rien d'habituel, ni de banal. Dans un grand vacarme, ils ont vu l'appareil, dans lequel prenaient place Jean Lapierre et des membres de sa famille, se fracasser au sol.

Intriguée d'entendre un bruit plus fort qu'à l'habituelle, Diane Vigneau s'est précipitée à sa fenêtre.

«J'ai vu un avion qui volait beaucoup trop bas, raconte la dame. L'avion est passé entre chez nous et la maison de mon voisin. Ensuite, l'avion a cassé en trois et des débris ont revolé.»

Son voisin, c'est Antonin Valiquette. «J'ai vu le petit avion de dix places, confirme-t-il. Il est passé près des toitures des deux maisons. Dans les derniers mètres, il a perdu de l'altitude très rapidement. J'ai entendu un son très fort et il s'est écrasé contre une butte. J'ai entendu un grand boum au moment de l'impact initial. Ça m'a fait froid dans le dos!»

Un autre témoin qui habite tout près des lieux a lui aussi vu l'engin s'abîmer au sol. «L'avion est tombé, raconte Frédérick Duval. Ça a fait «spouf»! Il a piqué du nez et a frappé une butte. C'est comme s'il avait frappé un mur. Il a rebondi et est retombé. C'est là que le fuselage s'est ouvert.J'ai appelé le 911 et les secouristes sont arrivés peu de temps après.»

Antonin Valiquette s'est immédiatement précipité sur les lieux de l'impact. Arrivé à une dizaine de mètres de l'épave, il a aperçu les premiers répondants qui étaient déjà là. «Il y avait des débris un peu partout, relate-t-il. On n'entendait rien, ni cri ni rien. Il y avait une forte odeur de kérosène. Je voyais pas bien à l'intérieur de l'appareil, mais c'était très tranquille. Pendant les 20 minutes que je suis resté là, les secouristes n'ont sorti personne.»

Diane Vigneau est, elle aussi, immédiatement sorti dehors. «Sur le coup, j'étais sous le choc, dit-elle. On a été envahis de personnes autour de la maison. Une policière m'a demandé de rester dans la maison au cas où des gaz se seraient échappés.»

Frédérick Duval a, pour sa part, été incapable de s'approcher de la scène. «Je voulais pas voir du monde crier ou décapité, fait-il savoir. J'avais assez de m'imaginer la panique que les passagers ont dû vivre et de me demander si Jean Lapierre avait eu le temps de prendre sa femme dans ses bras.» Pour M. Duval, qui dit détester les avions, cette tragédie n'aura rien pour les lui faire aimer davantage.

Au Centre hospitalier de l'Archipel, un code orange a été déclenché pour accueillir les victimes.

«Des agents faisaient la circulation aux abords de l'hôpital pour ne pas entraver l'arrivée des ambulances», rapporte M. Valiquette. Des policiers assuraient une vigie sur les lieux de l'accident pendant toute la nuit, dans l'attente des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada et de la Sûreté du Québec.

Au moment de l'écrasement, qui est survenu à environ 5 à 7 km de la piste d'atterrissage, un épais brouillard couvrait le ciel des Îles-de-la-Madeleine. La brume intense était accompagnée de pluie et de grands vents. «J'étais surpris qu'un avion vole dans de telles conditions météo, s'étonnait encore M. Duval. C'était très téméraire!»

«J'étais surpris qu'un avion vole dans de telles conditions météo. C'était très téméraire!»

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