Pornographie juvénile: six mois de prison pour Boissonneault

Un Latuquois de 19 ans a pris le chemin de la prison pour les six prochains... (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) Un Latuquois de 19 ans a pris le chemin de la prison pour les six prochains mois pour une affaire de pornographie juvénile mise au jour l'année dernière par l'Équipe d'enquêtes sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet de la Sûreté du Québec.

Dans son jugement, la juge Guylaine Tremblay a tenu compte de plusieurs éléments, notamment l'absence d'antécédents judiciaires, le plaidoyer de culpabilité rapide et les démarches entreprises par l'individu après son arrestation.

«Dans les rapports, Dany Boissonneault est décrit comme étant un jeune homme immature ayant de la difficulté à accepter son orientation sexuelle [...] Les deux rapports sexologiques sont positifs et concluent à un risque de récidive qui pourra être jugulé par un suivi probatoire», a souligné la juge Tremblay.

«On ne banalise pas les crimes qui ont été commis. On est plus dans un profil d'immaturité que de psychopathologie», a-t-elle ajouté.

Elle a également noté que la peine doit non seulement remplir le critère de dénonciation et de dissuasion, mais elle doit être adaptée au contrevenant.

Dany Boissonneault était accusé de possession et de distribution de pornographie juvénile et de s'être entendu par un moyen de télécommunication avec un agent de la paix (utilisant un profil d'infiltration) dans le but que ce dernier lui transmette des photos de son supposé fils âgé de moins de 18 ans.

Les policiers avaient récupéré aux alentours de 200 vidéos et 500 photos, majoritairement de garçons prépubères. Boissonneault aurait échangé sur un forum Internet avec un agent d'infiltration. L'accusé aurait invité l'agent d'infiltration à lui envoyer des photos de son supposé jeune garçon.

«Après ces conversations-là, avec le fournisseur Internet et tout, les policiers se sont rendus chez l'individu pour le mettre en arrestation. Ils ont saisi l'ordinateur», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault.

«Lorsqu'il a été arrêté, mon client a facilité le travail des policiers. Il a tout avoué, il a fourni tous ses comptes Internet, réseaux sociaux, ses mots de passe. Il a tout fourni aux autorités pour qu'ils puissent faire leur enquête. Il n'a pas tenté de rien cacher», a ajouté l'avocat de l'accusé, Me Mélanie Ricard.

Cette dernière avait demandé, lors des représentations sur sentence, la peine minimale prévue par la loi de six mois en plus d'une probation.

Elle a souligné les facteurs atténuants dans le dossier de Dany Boissonneault, notamment son plaidoyer rapide, son jeune âge, sa collaboration, le faible risque de récidive, les remords et les regrets. Me Ricard a également mentionné que depuis le début des procédures judiciaires, il a respecté ses conditions à la lettre.

«Le processus judiciaire a eu un effet très dissuasif sur mon client. Il a également perdu son emploi», a noté l'avocate.

D'ailleurs elle avait fait entendre l'accusé et une intervenante dans le cadre de ses représentations.

Le procureur de la Couronne pour sa part a fait ressortir les facteurs aggravants soit la durée de l'infraction, le nombre et la nature des fichiers, la gravité objective et subjective, la sollicitation et les menaces.

«Son témoignage m'a semblé sincère et celui de son intervenante aussi. Ç'a ébranlé un peu ma conviction sur les 12 mois que je voulais vous demander. [...] Je laisse le tout à votre discrétion», a souligné Me Thériault.

Il a toutefois demandé à la juge de suivre les recommandations des rapports et d'imposer une probation de trois ans pour assurer un bon suivi.

L'avocate de l'accusé s'est dite satisfaite de la sentence prononcée par la juge.

«Je suis satisfaite dans la mesure où il a reçu la peine minimale qui est possible d'imposer à ce type d'infraction. Je ne cacherai pas, par contre, mon désaccord avec le fait qu'il y ait des peines minimales, mais ça, c'est une question politique», a fait valoir Me Ricard.

Cette dernière estime que la juge a bien pesé les éléments du dossier notamment les facteurs qui l'ont amené à passer à l'acte comme son immaturité.

En plus des six mois d'emprisonnement, Boissonneault devra se soumettre à une probation de trois ans et à de nombreuses conditions. De plus, il devra remettre un échantillon d'ADN et se conformer à la loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer