Le centre-ville en ébullition? Vraiment? 

Ne convient-il pas de se poser tout de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Ne convient-il pas de se poser tout de même la question suivante: est-ce que l'on peut assurer la survie et la rentabilité d'autant d'hôtels, de restaurants et de bars au centre-ville de Trois-Rivières?

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le célèbre criminaliste américain, Robert Shapiro, qui a notamment défendu la vedette de football O.J. Simpson, a déjà écrit: «À force de répéter un mensonge en le présentant comme une vérité, ce mensonge finit par passer pour une vérité».

Je crois que ce phénomène se vérifie ici même, lorsque j'entends certains dirigeants parler d'un centre-ville en effervescence «extraordinaire», pour reprendre le mot chéri du maire de Trois-Rivières.

Toute cette frénésie serait due à la présence de l'Amphithéâtre, qui entraînerait des millions et des millions de dollars en retombées économiques. Ouf! Comment résister à une telle enflure verbale?

En allant justement se promener au centre-ville, dans le petit quadrilatère formé des rues Royale et Notre-Dame, et des rues Radisson et Saint-Georges. Dans cet espace vital de quelques rues, pour voir la vérité en face. Car j'ai pu facilement y dénombrer une trentaine de locaux ou d'immeubles inoccupés, pourtant situés à des endroits stratégiques.

Comme le rez-de-chaussée de la Place Royale, les anciennes places d'affaires Rousseau & Frères, la librairie Poirier, le Bolvert, le restaurant Royal, et puis d'autres sur Saint-Georges près de la Casa Domani, sur Badeaux, sur Saint-Antoine, plus les rez-de-chaussée de l'édifice Ameau et celui du bloc voisin. Même sur la rue des Forges, on voit des espaces vacants, en plus de vitrines fracassées.

Oui il y a des projets qui émergent. Comme ce beau petit hôtel et cette nouvelle brasserie à l'angle des rues des Forges et Notre-Dame Centre. Comme il faut reconnaître que la vingtaine de soirées de l'Amphithéâtre amènent une forte affluence dans les restaurants.

Mais ne convient-il pas de se poser tout de même la question suivante: est-ce que l'on peut assurer la survie et la rentabilité d'autant d'hôtels, de restaurants et de bars au centre-ville? Et, alors que de jeunes entrepreneurs se proposent par exemple de relancer le Maquisart en cabaret, la Ville est-elle loyale envers ces investisseurs en permettant à l'Amphithéâtre et à Boréalis, tous deux largement subventionnés avec de l'argent public, d'ouvrir et d'animer des cabarets aux vocations similaires?

Des baratineurs se présentent comme des visionnaires qui se vantent eux-mêmes d'avoir réussi «l'exploit» du lancement de l'Amphithéâtre l'été dernier et cherchent à nous faire croire en plus que le site rapporte des millions à la Ville.

Mais où sont les millions promis, alors que ces dernières années, on ne fait que débourser pour aménager cet endroit avec le résultat d'un bloc à condos plutôt orphelin n'est-ce pas! Le plus fin mensonge devrait consister à laisser croire à ces gens que nous les croyons! Ce à quoi je me refuse; car je voudrais qu'en tant que contribuables, nous ayons accès à toute l'information sur les coûts réels reliés à l'Amphithéâtre.

Combien de billets ont été donnés l'an dernier, combien ont coûté toutes ces soirées tapis rouge? Combien on dépense en pub? Combien exige 45 Degrees pour assurer ici la présence de la «relève» du Cirque, qui vient exercer ses pirouettes au son d'une bande pré-enregistrée?

Et que penser de cette prochaine folle dépense de quelques centaines de milliers de dollars pour ces grosses lettres quétaines qui vont dire au fleuve que son eau passe devant Trois-Rivières; une idée copiée que même Québec et Saguenay ont rejetée pour «annoncer» leur ville, mais que Bécancour a elle aussi retenue... Mais qu'est-ce qu'un tel gaspillage (on va nous dire «investissement») peut amener de bon pour stimuler le développement des parcs industriels ou des coeurs de ces deux villes?

Je me désole encore que le terrain racheté à fort prix par les Trifluviens ne leur ait pas été redonné en espace public et ouvert afin que les familles puissent se le réapproprier, avec patinoire et glissades en hiver, et puis manèges, jeux d'eau et aires de pique-nique durant l'été, en nous satisfaisant de la grande scène du FestiVoix.

Je persiste à dire que la grande majorité des Trifluviens se retrouvent le portefeuille «tout écartillé» pour du clinquant utile aux seuls marchands de chimères et pour payer certains soirs un beau gros party... aux gens de passage.

Guy Godin

Trois-Rivières

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