Triple meutre: le sort du coaccusé sera connu le 13 mai

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est le 13 mai que le juge Raymond W. Pronovost fera connaître la sentence du complice de Kaven Sirois dans le dossier du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières.

Il devra en effet décider s'il assujettit le jeune homme à une peine pour adulte, soit une sentence à vie avec possibilité de libération conditionnelle après dix ans, ou encore s'il lui impose une peine spécifique pour adolescent. Dans cette éventualité, le prévenu sera en garde fermée pendant six ans pour ensuite être soumis à un suivi externe pendant les quatre années suivantes.

Le procureur de la Couronne, Me Alexis Bélanger, a rappelé que deux facteurs doivent être pris en considération pour qu'il soit assujetti à une peine pour adultes. D'une part, la présomption de culpabilité morale moindre que celle d'un adulte doit être réfutée. Dans le cas du coaccusé, il a précisé qu'il n'avait pas agi de façon impulsive. Il n'était pas non plus au début de son adolescence mais bien âgé de 17 ans lorsqu'il a perpétré le crime le 11 février 2014. Il dispose de bonnes capacités intellectuelles et cognitives, de discernement et de jugement moral. En se rendant sur place, il était à jeûn et conscient qu'il y aurait des morts.

Et s'il avait bel et bien le motif de se suicider ou plutôt d'être tué par Kaven Sirois au terme de leur projet macabre, cela ne suffit pas à atténuer sa responsabilité. En citant la psychologue de la Couronne, le jeune homme aurait même plutôt manifesté sa colère en participant activement à cette tuerie, d'autant plus qu'il a tenté de tirer sur l'une des victimes avec son pistolet à plomb même si celle-ci était morte.

Il a également insisté sur le fait que le délinquant avait admis avoir planifié et prémédité ces meurtres gratuits et qu'il avait voulu filmer la mise à mort. Qui plus est, il avait le désir de tuer des victimes qu'il ne connaissait même pas, d'abattre des policiers mais aussi de torturer la mère des deux soeurs. Il a également joué un rôle déterminant dans cette affaire en facilitant l'accès à la maison pour son complice.

Pour toutes ces raisons, il soutient que sa culpabilité morale est si élevée qu'il ne peut bénéficier d'une peine pour adulte.

Le second facteur à l'assujettissement consiste à démontrer qu'une peine spécifique pour adolescent n'aurait pas une durée suffisante pour qu'il réponde de ses actes délictueux.

Encore là, il a parlé d'un meurtre gratuit, qui a été perpétré de façon à ne laisser aucune chance aux victimes de s'en sortir. En raison de son absence d'affects, de remords, son bas niveau de responsabilisation et de son manque d'empathie, de ses traits antisociaux et narcissiques, les experts de la cour et de la Couronne ont émis des pronostics de réhabilitation réservés. Il faudrait selon eux une intervention à long terme qui nécessite un réel investissement de la part du jeune. Me Bélanger conclut qu'en l'absence d'une assurance de réhabilitation, une peine spécifique n'est pas suffisante.

Pour sa part, l'avocat de la défense Me René Duval a évidemment réclamé une peine pour adolescents. Il a tout d'abord insisté sur l'évolution de son cheminement scolaire au pavillon depuis qu'il est incarcéré, mais surtout sur la thérapie psychologique dans laquelle il a commencé à s'impliquer activement depuis septembre 2015.

En faisant référence au témoignage de son client plus tôt cette semaine, il a indiqué au tribunal que ce dernier n'était plus le même que celui que l'on voit sur la vidéo de l'interrogatoire.

Il a aussi rappelé que son client était abstinent depuis son incarcération et qu'il avait dépassé largement le stade de la reconnaissance de son problème.

Il a aussi fait des parallèles avec le complice Kaven Sirois qui a été assujetti à une peine pour adulte. Ce dernier avait un trouble de la personnalité modéré à sévère et même un trouble factice. Dans le cas de son client, son trouble de personnalité n'aurait pas été qualifié.

Il conclut donc que la Couronne ne s'est pas déchargée de son fardeau de preuve et qu'une peine pour adolescent doit être imposée.

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