Triple meurtre: la mère du coaccusé demande pardon

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On voit ici l'arrestation de l'un des accusés du triple meurtre du 11 février 2014.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La journée a été particulièrement chargée en émotions, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières.

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Même s'il s'est adressé aux parents des victimes pour présenter ses excuses, le coaccusé du meurtre de la rue Sicard est perçu par les psychiatres comme un individu qui manque d'empathie.

Les familles des victimes du triple meurtre ont non seulement eu l'occasion de témoigner devant le tribunal mais la mère de l'accusé est sortie de son silence, et ce, pour la première fois depuis le début des procédures judiciaires.

À sa sortie de la salle d'audience, elle pleurait et tremblait de tous ses membres. Invitée à faire un commentaire sur les procédures judiciaires, elle a immédiatement pensé aux familles des victimes.

«Il n'y a pas de mot, il n'y a aucun mot dans le dictionnaire assez puissant pour exprimer la douleur que j'ai à leur égard. Il n'y a pas une journée qui passe sans que j'aie une pensée pour chacun d'eux.

Le 11 février, je fais brûler trois lampions pour les victimes. Je prie pour eux autres et je leur demande pardon, en mon nom évidemment. C'est certain que la douleur qu'ils éprouvent, j'ai juste une parcelle de ce qu'ils peuvent ressentir», a-t-elle mentionné.

Elle a aussi déploré l'absence de ressources adéquates pour aider son fils dans les mois précédant le drame. Ce dernier consommait de la drogue, fuguait et refusait d'aller à l'école.

Il est également devenu agressif au point qu'elle ne le reconnaissait plus. Elle a donc dénoncé ses agissements auprès des autorités mais en vain. Son fils a séjourné trois jours dans un centre jeunesse avant d'être retourné à la maison.

Aujourd'hui, elle va même jusqu'à se demander s'il n'avait pas valu mieux qu'elle le frappe pour que les autorités le gardent et s'en occupent.

Toutefois, elle refuse de se présenter en victime dans cette affaire, bien consciente de la douleur éprouvée par les familles des victimes. Elle souhaite seulement que son fils bénéficie de soins adaptés à sa situation.

Auparavant, l'ambiance était très lourde dans la salle d'audience. Les familles des trois victimes se sont en effet adressées au juge Raymond W. Pronovost pour témoigner des conséquences de ce drame dans leur vie.

La mère, le père et la belle-mère des deux soeurs de même que la mère du jeune homme qui est également tombé sous les balles ont relaté avec une immense tristesse toutes les souffrances qu'ils ont vécues depuis le 11 février 2014. À plusieurs reprises, ils ont été incapables de retenir leurs larmes mais leurs propos sont toujours demeurés dignes et respectueux.

Notons qu'une ordonnance de non-publication a été prononcée par le juge. Elle nous interdit de dévoiler le contenu de leurs témoignages et ce, pour faire suite à leur propre demande. La même ordonnance avait été prononcée lors des plaidoiries sur sentence du complice, Kaven Sirois.

La majorité des proches n'avaient pas voulu que leurs propos soient rapportés dans les médias, estimant que leur vie privée avait déjà été suffisamment exposée. Cette fois-ci, l'ordonnance s'applique pour tous les parents.

Le juge a également lu en silence trois lettres écrites par le père du jeune homme, par la soeur des deux jeunes femmes assassinées et par une tante.

Dans le box, le coaccusé a pour sa part paru mal à l'aise à quelques reprises en écoutant les parents des victimes sans pour autant verser des larmes. Il a toujours regardé fixement devant lui.

Jeudi, les audiences vont se poursuivre avec le témoignage de l'expert psychiatre de la cour, le Dr Martin Gignac. Par la suite, la défense, assurée par Me René Duval, fera entendre son expert psychiatre, soit le Dr Louis Morissette.

Rappelons que dans cette affaire, la Couronne souhaite obtenir l'assujettissement du jeune homme afin qu'il soit condamné à une peine pour adultes, c'est-à-dire la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans. Sinon, il pourrait se voir imposer une peine pour adolescents, soit six ans de garde fermée et quatre ans de suivi externe. Il était âgé de 17 ans lors du triple meurtre.

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