Triple meurtre: un ami d'une victime expulsé de la cour

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Selon une criminologue et une psychologue ayant témoigné mardi, le coaccusé devrait lui aussi être assujetti à une peine pour adultes.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une criminologue et une psychologue concluent toutes les deux que le complice de Kaven Sirois devrait lui aussi être assujetti à une peine pour adultes.

Depuis les tristes événements de la rue Sicard,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Depuis les tristes événements de la rue Sicard, le coaccusé de Kaven Sirois n'a démontré ni remord, ni empathie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

C'est du moins ce qui ressort de leurs témoignages qui ont duré toute la journée, mardi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence du jeune homme. Une journée qui a d'ailleurs été marquée par un incident plutôt inhabituel.

En milieu d'après-midi, un ami de l'une des victimes a soudainement apostrophé verbalement le jeune coaccusé pendant le témoignage de la psychologue.

Voyant qu'il affichait encore une fois un demi-sourire, il lui a crié: «As-tu fini de rire? Si je me retrouve en dedans avec toi, je te démolis.»

Immédiatement, le constable spécial est intervenu pour le sortir de la salle. Il a ensuite été arrêté pour menaces. Il pourrait faire face à des accusations. Quant à l'accusé, il n'a eu aucune réaction.

C'est la première fois qu'un tel événement survient dans cette cause, d'autant plus qu'elle a toujours fait l'objet de mesures de sécurité accrues. Qui plus est, les familles des victimes font preuve d'une grande dignité et d'un grand respect du décorum.

Il est vrai qu'un portrait plutôt sombre a été fait du coaccusé. Il a été décrit comme un jeune homme manipulateur, qui minimise sa participation dans ce drame, qui se déresponsabilise, qui n'éprouve ni empathie pour les familles des victimes, ni remord.

Dans un premier temps, la criminologue Julie Moreau, qui travaille pour le CIUSSS-MCQ, a rencontré le coaccusé à six reprises entre juillet et octobre 2015. Elle a relaté qu'il était un consommateur quotidien de drogues variées. Il a des idées suicidaires depuis son jeune âge.

Il a d'ailleurs fait des tentatives mais il a été incapable d'aller jusqu'au bout par peur d'avoir mal. Il aurait adhéré au plan machiavélique de Kaven Sirois parce que celui-ci lui avait proposé de le tuer à la fin.

Selon ce que le jeune homme a dit à Mme Moreau, il se foutait d'aller tuer des personnes. Il focalisait seulement sur la finalité, soit sa propre mort.

Plus d'un an après le triple meurtre, il n'a même pas voulu lui confirmer qu'il avait abattu la première victime. Il s'est seulement dit coupable d'avoir été présent et d'avoir participé. Il prétend ne pas se rappeler du coup fatal, sous prétexte qu'il a eu un blackout.

Même chose en ce qui concerne les plans de torture et de bain de sang qu'il a élaborés avec Kaven Sirois. Il a affirmé que ce n'était pas lui, qu'il ne s'en rappelait pas ou encore qu'il était intoxiqué.

Selon la criminologue, sa famille ne peut représenter un facteur de protection pour lui, même si elle le voit régulièrement depuis son arrestation. En effet, il n'aurait pas de véritable lien émotionnel avec ses parents.

Sa mère a pourtant tenté de lui venir en aide avant le drame compte tenu des nombreux problèmes qu'elle avait avec lui. Un soutien psychologique a été offert au jeune homme de même qu'une thérapie pour sa problématique de dépendance.

La Direction de la protection de la jeunesse est aussi intervenue mais puisque la situation s'était améliorée, elle a mis un terme à son intervention quelques semaines avant le drame.

Même si à ce jour il collabore bien et respecte à la lettre les règles du centre de réadaptation, Mme Moreau conclut qu'il y a beaucoup de travail à faire avec lui sur le plan de la réadaptation afin qu'il puisse réintégrer la société sans qu'il n'y ait de danger pour celle-ci.

Pour sa part, la psychologue Tiziana Costi a rencontré le coaccusé à quatre reprises. Elle a tout d'abord constaté que celui-ci n'avait pas d'émotion lors des rencontres, ni de symptômes de dépression.

Elle a noté qu'il se déresponsabilisait, et ce, depuis plusieurs années, en jetant le blâme sur les autres. Dans le cas présent, il rationnalise la tuerie par le fait qu'il voulait mourir.

Elle a perçu en lui une grande rage et une révolte, sans compter une faible estime de soi. Le geste qu'il a posé résulte davantage, selon elle, d'une occasion de se défouler et de laisser sortir sa rage plutôt que de mourir.

On a d'ailleurs appris qu'il avait tenté de tirer sur l'une des victimes avec un pistolet à plomb après que celle-ci soit morte.

La psychologue estime aussi qu'il est un manipulateur ayant des traits narcissiques et qu'il a un trouble de personnalité en structuration qui risque de devenir chronique avec le temps.

Certes, il a de bonnes capacités cognitives mais le fait qu'il soit centré sur lui-même risque de nuire à sa réadaptation.

Elle conclut donc qu'une thérapie à long terme sera nécessaire pour lui. Encore là, elle précise que son pronostic demeure réservé tout dépendant de son implication véritable dans cette thérapie.

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