Triple meurtre: «Je n'avais aucune raison de la tuer»

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Sur cette photo, on voit le jeune homme au poste de police alors qu'il était interrogé dans les instants suivant le drame.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lorsqu'il s'est présenté sur la rue Sicard le 11 février 2014, le complice de Kaven Sirois ne connaissait personne sur place.

Son objectif était d'aider son ami pour ensuite se donner la mort non sans avoir son heure de gloire. «Kaven s'occupait de l'une des soeurs et de son chum. Il m'a ordonné de tuer l'autre soeur, mais ma main tremblait. J'étais sur le stress; en plus, l'arme était lourde. J'ai placé le canon derrière sa tête mais je n'ai même pas réalisé que j'avais appuyé sur la gâchette», a-t-il raconté lors de l'interrogatoire policier.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence qui ont commencé lundi, la Couronne, représentée par Me Hippolite Brin, a en effet présenté quelques extraits de l'interrogatoire vidéo réalisé dans les heures suivant le drame. C'est ainsi qu'on y voit le jeune homme de 17 ans qui raconte sans aucune émotion particulière ce qui s'est passé dans la maison.

Il prétendra au début que c'est Kaven qui a abattu les trois victimes car lui en avait été incapable, par manque de courage et par nervosité. Plus le temps passera et plus il deviendra émotif.

«Ces images vont me hanter. Elle était gentille. Je n'avais aucune raison de la tuer. Je ne la connaissais même pas. Peut-être que si je n'avais pas été là, elle n'aurait pas ouvert la porte puisqu'elle connaissait déjà Kaven», a-t-il déclaré.

Puis, invité à écouter l'appel 911 logé par l'une des victimes, il éclatera en sanglots. Dans cet appel, la plus jeune des soeurs a été en contact avec la répartitrice jusqu'à la fin. On y entend clairement les trois coups de feu. C'est cette jeune fille qui est décédée en dernier après avoir assisté à la mort de sa soeur et de son amoureux.

Le coaccusé sera alors confronté par l'enquêteur Jean Ferron sur les douilles retrouvées sur place. Deux armes différentes ont en effet été utilisées pour le triple meurtre.

Il finira par admettre avoir été le premier à tirer en tuant la soeur aînée. Il suivait selon lui les directives de Kaven qui avait fait un décompte. Ce dernier assassinera ensuite les deux autres en quelques secondes.

Il avouera finalement à l'enquêteur qu'il voulait juste mourir et que rien ne s'était passé comme il le voulait. Il en a même fait le reproche à Kaven Sirois lorsqu'ils ont tous les deux été arrêtés.

Pour se justifier, il racontera que son père n'avait jamais voulu de lui, qu'il avait été battu par celui-ci et que sa mère ne s'était pas souciée de lui. Notons que cette dernière était pourtant présente dans la salle d'audiences.

À plusieurs reprises, elle a éclaté en sanglots en écoutant le récit des gestes posés par son fils. Celui-ci est par ailleurs demeuré impassible dans le box des accusés.

Dans cette affaire, on sait que c'est Kaven qui est l'instigateur du triple meurtre. Mécontent d'avoir été rejeté par une jeune fille, il avait dès lors projeté de commettre l'irréparable. Il s'était donc associé à son ami, qui était lui aussi un grand consommateur de drogues.

L'enquêteur David Majeau a pour sa part expliqué au juge Raymond W. Pronovost la nature des éléments de preuve retrouvés sur les lieux.

Les jeunes avaient non seulement décidé de tuer toutes les personnes qui se trouvaient dans la maison mais aussi de poser des gestes de torture, notamment envers la mère des deux soeurs si celle-ci avait été présente.

Pour ce faire, ils avaient apporté une râpe à fromage, du sel, du Tabasco, des fils de fer, des marteaux, des couteaux. Ils avaient aussi des produits inflammables et des briquets pour mettre le feu à la maison. Enfin, ils avaient une trentaine de balles puisqu'ils projetaient de tuer les policiers.

Par ailleurs, l'enquêteuse Carole Lebel a pour sa part fait la lecture de plusieurs messages écrits par les auteurs du triple meurtre.

Parmi les nombreux scénarios qu'ils ont envisagés, ils ont pensé à faire exploser une bombe dans une école ou un autobus, à commettre un viol, une décapitation et même à faire cuire une tête dans un four. Il était même prévu qu'ils filment le drame de la rue Sicard et qu'ils publient le tout sur Facebook.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la Couronne souhaite obtenir du tribunal qu'il condamne le jeune homme à une peine pour adulte tout comme ce fut le cas pour Kaven Sirois, soit la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

L'avocat de la défense, Me René Duval, demande pour sa part une peine pour adolescent, ce qui correspond à six ans en garde fermée et quatre ans de suivi externe.

Le jeune homme a plaidé coupable à six accusations de meurtre au premier degré et complot pour meurtre.

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