Le Trèfle récupère ses croix celtiques

Les deux croix ont été rapportées à l'un... (Stéphane Lessard)

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Les deux croix ont été rapportées à l'un des copropriétaires du Trèfle, Martin Lampron, par l'organisateur d'un carnaval étudiant qui a reconnu deux de ses collègues sur les images diffusées sur Facebook.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) L'appel lancé sur Facebook par l'équipe du bar Le Trèfle de Trois-Rivières afin de retrouver deux croix celtiques qui avaient été dérobées durant la fin de semaine a été entendu. Les décorations ont été rapportées lundi midi à la taverne irlandaise de la rue des Forges.

Il semblerait que les deux présumés voleurs avaient pris part à un carnaval étudiant organisé par une université montréalaise, au cours duquel des épreuves étaient proposées, dont celle de se faire photographier avec les croix de la taverne irlandaise. «Pour certains étudiants, ce n'était pas assez de se faire photographier, il faut croire. Il a fallu qu'ils partent avec», raconte Martin Veillette, copropriétaire du Trèfle.

Ce dernier a été contacté par l'un des organisateurs du carnaval, qui connaissait l'identité des étudiants impliqués, et qui a lui-même rapporté les décorations au bar lundi midi. 

«Il se sentait très mal de la situation et nous a assuré qu'il y aurait des sanctions à l'interne. Pour nous, c'est satisfaisant», ajoute Martin Veillette, qui mentionne que les deux décorations n'avaient pas nécessairement une très grande valeur monétaire. 

«C'est beaucoup plus pour une question de principe que nous avons décidé de dénoncer sur Facebook. Si nous avions subi un vol d'argent, nous aurions appelé la police sans hésiter. Mais là, c'était plus une question de principe pour montrer que ça ne se fait pas, et pour dissuader», ajoute Martin Veillette.

La publication Facebook montrant l'un des deux présumés voleurs en action a été partagée plus de 2000 fois sur les réseaux sociaux depuis sa parution. Un engouement qui a étonné les propriétaires qui ont été littéralement surchargés d'appels de différents médias, lundi. 

«Ça a commencé à 6 h 20 du matin et ça n'a pas arrêté depuis. Les médias de la région, mais aussi de Montréal, se sont intéressés à l'histoire. Il y a eu tellement de partages sur Facebook. On est vraiment surpris de l'ampleur que ça a pris», mentionne Martin Lampron, aussi copropriétaire de la taverne irlandaise.

Ce dernier, tout comme son partenaire, ne voyait pas vraiment l'intérêt de signaler d'emblée le crime à la police étant donné qu'il n'y avait pas une grosse valeur monétaire et que le dossier n'aurait probablement pas été traité comme étant prioritaire. 

«Ça a été fait dans le cadre d'un challenge universitaire. Ils ont pris les mesures pour ne plus que ça se reproduise. Ça nous suffit et on a fini par en rire», ajoute Martin Lampron.

Risqué?

Du côté de la Sécurité publique de Trois-Rivières et de la Sûreté du Québec, on se dit bien conscient de cette nouvelle réalité qu'amènent les réseaux sociaux, mais on ne l'encourage pas forcément. 

«Dans ce cas-ci, ça s'est bien terminé, mais il existe des circonstances où ça peut nuire plus qu'autre chose», constate Annie Thibodeau de la SQ. 

Cette dernière mentionne qu'un crime qui n'est pas rapporté aux autorités policières empêche le système de justice d'agir de façon coercitive envers les auteurs du crime.

Par ailleurs, de diffuser ainsi de l'information sur les réseaux sociaux peut nuire à une enquête, s'il avait fallu que l'histoire se rende jusqu'à une plainte à la police. «Les personnes impliquées pourraient avoir le temps de faire disparaître des preuves», cite-t-elle en exemple.

Même son de cloche pour sa collègue de la Sécurité publique, Carole Arbelot, qui ajoute que la personne qui agit sous le coup de l'impulsivité et de la colère en publiant des photos ou des informations sur Facebook peut elle-même se placer en position risquée, pouvant être accusée de menaces ou de diffamation.

Elle répond par ailleurs aux remarques voulant que le dossier d'un vol tel que celui survenu au Trèfle puisse ne pas être considéré prioritaire pour les policiers. 

«Il est évident que tous les dossiers qui touchent les crimes contre la personne sont prioritaires, mais toutes les plaintes qui nous sont transmises sont traitées et dans le cas où un dossier peut se régler rapidement, on le règle sans attendre. On pense souvent qu'il ne se passe rien parce que ça ne paraît pas dans les médias, mais les enquêteurs travaillent fort à la résolution des dossiers, même si ce n'est pas toujours rendu public», constate Carole Arbelot.

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