Violence conjugale: 42 mois de prison pour un récidiviste

Nelson Gordon Lafond, un récidiviste en matière de violence conjugale, devra... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nelson Gordon Lafond, un récidiviste en matière de violence conjugale, devra cette fois-ci purger une peine de 42 mois de prison pour avoir agressé et menacé son ex-conjointe avec un couteau.

La juge Marie-Josée Ménard a en effet conclu qu'elle devait lui imposer une peine exemplaire dissuasive.

Elle a d'ailleurs noté que la réhabilitation sera ardue dans le cas de Lafond puisqu'il en est à sa troisième victime sur une courte période de temps et que rien ne semble l'ébranler dans sa prise de conscience de sa problématique d'homme violent.

Rappelons qu'en 2013, il avait écopé d'une peine de 26 mois de prison pour des faits semblables survenus entre 2009 et 2013. Il avait notamment violenté son ex-petite amie à plusieurs reprises en utilisant souvent un couteau pour la menacer et même la piquer.

L'autre victime avait pour sa part été séquestrée un soir de juin 2013 par le prévenu alors que celui-ci était en crise de jalousie.

Il l'avait enfermée dans la salle de bain, l'avait menacée de la découper en morceaux avec son couteau et de lui trancher la gorge.

Il avait d'ailleurs été obligé de purger sa peine de 26 mois en totalité. Or, il n'avait pas perdu de temps à récidiver et ce, en dépit de sa probation.

«Sa récidive rapide après sa sortie de pénitencier alors qu'il débute une relation amoureuse initiée sous forme de fausses représentations met en perspective la personnalité manipulatrice de ce dernier», a écrit la juge.

Elle prend soin de préciser aussi que: «le récit viva voce de l'exposé des faits en salle de cour donne froid dans le dos quant à la violence des gestes et des propos de l'accusé à l'égard de la victime qui a vécu des minutes difficiles et très certainement traumatisantes.»

Lafond a rencontré la victime par le biais du web. Il a alors inventé une histoire d'un long séjour au Portugal pour finalement avouer plus tard sa situation judiciaire.

La victime a toutefois décidé de lui faire confiance et de s'investir avec lui mais rapidement le couple a vécu des difficultés, poussant la jeune femme à mettre fin à la relation.

Au cours de cette période, elle a ensuite pris contact avec ses deux ex-conjointes qui lui ont révélé les sévices subis.

Malgré tout, le couple a décidé de renouer. Dès le lendemain, soit le 18 avril 2015, pendant qu'ils étaient à la résidence de la victime à Saint-Léonard-d'Aston, le prévenu a voulu en savoir plus sur les échanges que la victime avait eus avec ses deux ex. Le ton a monté.

Il lui a alors mis la main au cou, fait une clef de bras et menacé de lui briser un genou. Il a ensuite consommé des speeds pendant que la victime, paniquée, prenait plusieurs comprimés d'antidépresseurs.

Il lui a lancé: «Si tu veux crever, ben tu vas crever.» Il l'a poussée sur le lit, a pris un couteau pour le pointer en sa direction en disant: «Elle, elle s'en est sauvée mais toi, tu vas y passer.»

Il a ajouté: «Ça parait pas, mais ça coupe ces petites affaires-là. Tu vas t'endormir, bientôt, tu vas t'endormir et tu vas moins sentir ce que je vais te faire.» La victime a pu prendre la fuite à l'arrivée d'un ami dans son logement.

Cet événement n'avait duré que 20 minutes mais au dire de la juge: «Ce fut un 20 minutes terrorisant pour la victime qui ne pouvait connaître l'issue de la situation en raison de l'utilisation répétée du couteau par l'accusé qui l'a planté dans la tête de lit et dans un mur.»

Depuis, la victime souffre d'une dépression majeure. Elle est en congé de maladie, elle a dû déménager, elle vit de la honte et de la culpabilité.

La matin du procès, Lafond avait plaidé coupable à des chefs d'agressions armées, menaces, bris d'engagement, bris de probation et méfait. La procureure de la Couronne, Me Marie-Audrai Joset, a réclamé une peine de 42 mois de prison, moins la détention provisoire de 11 mois calculée à temps simple.

L'avocate de la défense, Me Catherine Valérie Levasseur, a pour sa part demandé une peine de 33 mois et un temps provisoire calculé à temps et demi. La juge s'est rendue aux arguments de la Couronne: elle lui a donc imposé 42 mois de prison, moins 11 mois, pour un total de 31 mois.

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