Fillette brûlée par une cigarette: quelle sentence pour l'agresseur?

Alain Bellemare (à gauche) connaîtra sa sentence le... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

Agrandir

Alain Bellemare (à gauche) connaîtra sa sentence le 1er avril prochain. Il est accompagné de son avocat Me Denis Otis sur la photo.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) Alain Bellemare, cet individu reconnu coupable d'avoir brûlé une enfant de cinq ans plusieurs fois avec une cigarette, connaîtra sa sentence le 1er avril prochain.

On voit sur les schémas les emplacements de... - image 1.0

Agrandir

On voit sur les schémas les emplacements de brûlures sur le corps de la jeune fille, excluant celles sur les parties génitales.

Une des 25 brûlures de la fillette de... - image 1.1

Agrandir

Une des 25 brûlures de la fillette de 5 ans.

Les avocats se sont prononcés, lundi, au palais de justice de La Tuque dans le cadre des représentations sur la peine.

Les avocats ont suggéré des peines aux antipodes au juge de la Cour du Québec, Guy Lambert. L'avocat de l'accusé a demandé au juge d'imposer une sentence suspendue avec une probation de 36 mois avec des conditions serrées en plus de 240 heures de travaux communautaires pour son client. De son côté, l'avocat de la Couronne a demandé que la peine imposée soit de quatre ans d'emprisonnement.

Le procureur de la Couronne s'est attardé à la nature et la gravité des gestes. Gestes qu'il a qualifiés de violents.

«On peut difficilement trouver plus grave de façon subjective que 25 brûlures de cigarette, et d'autres avec un briquet selon l'experte, qui s'étendent au visage, aux bras, au haut du corps, aux cuisses et à la vulve de la jeune victime de 5 ans», a fait remarquer le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault.

Il est également revenu sur d'autres épisodes de violence qui ont été soulevés durant les procédures judiciaires, notamment où l'accusé avait attaché la jeune fille. Il a soulevé aussi les séquelles physiques et psychologiques sur la fillette. Il a soulevé les blessures permanentes sur son corps et les souvenirs qu'elle a de l'événement.

«Pour quiconque s'est déjà brûlé, on peut très bien imaginer la douleur que ç'a dû être pour cette jeune victime», a souligné Me Thériault.

Ce dernier n'a pas manqué l'occasion de mettre de l'avant le fait que la victime n'avait reçu aucun soin hospitalier pour ses blessures. Le procureur de la Couronne a également soulevé le fait que c'est un témoin qui avait tapé sur la cigarette pour que l'accusé arrête de brûler la jeune fille. «Combien d'autres brûlures aurait-elle eues?», s'est-il questionné.

Me Thériault a aussi abordé le risque de récidive difficile à quantifier, selon lui, et que l'accusé continue de nier les faits.

«Ce qui est certain, c'est que malgré le procès, malgré le jugement que vous avez rendu, il y a toujours négation des faits. Ce qui nous laisse croire qu'il y a un risque de récidive», a-t-il souligné.

Le procureur a terminé sa plaidoirie en disant qu'il serait difficile de justifier, avec la preuve, le procès et la gravité des gestes, une peine provinciale et «encore plus une sentence suspendue avec des travaux communautaires».

Pour justifier sa demande de sentence suspendue, l'avocat de la défense a beaucoup insisté sur le rapport de type Gladue, un rapport prédécisionnel qui explique le contexte socio-économique de la communauté autochtone de l'accusé, qui a été demandé après que le juge ait déclaré Alain Bellemare coupable de voies de fait graves. Il a été question, entre autres, de son enfance, des problèmes de violence dans sa famille, et de ses problèmes de consommation.

L'avocat de l'accusé a mis l'accent sur le caractère individuel de la peine à imposer et la prise en main de son client.

Me Denis Otis a mentionné que depuis le début des procédures judiciaires, son client était sobre, qu'il avait respecté ses conditions, qu'il avait un suivi psychologique régulier, qu'il avait suivi deux thérapies et qu'il voulait se reprendre en main.

«Il a compris maintenant plus que jamais qu'une vie saine passe par la non-consommation», a-t-il lancé.

Me Otis a également fait état de quelques facteurs atténuants. L'âge de l'accusé au moment des faits qui remonte à 2011 alors qu'il n'avait que 20 ans. L'absence d'antécédents judiciaires, la problématique de consommation et l'état d'intoxication ont également été abordés.

De plus, il a fait remarquer que la vie de la jeune fille n'avait pas été mise en danger.

«Pour la victime et la famille de la victime dans ce cas-ci, rien malheureusement ne pourra nous ramener en arrière. Toutefois, je suis convaincu que si on pouvait leur garantir que, pour l'avenir, M. Bellemare ne commettra pas d'autres infractions à l'égard de personne, incluant les enfants, l'objectif principal du processus judiciaire serait rempli», a souligné Me Denis Otis.

Rappelons qu'en juin dernier, le juge Lambert avait déclaré Alain Bellemare coupable de voies de fait graves aux termes d'un long procès traduit en Atikamekw. Il en était venu à la conclusion que Bellemare avait perdu patience et brûlé l'enfant avec une cigarette.

La pédiatre Judith Trudel avait affirmé durant le procès qu'elle avait répertorié 25 brûlures faites par une cigarette et deux causées par un briquet. Elle avait également affirmé que ces brûlures étaient au troisième degré et que les cicatrices seraient permanentes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer