Une conseillère de Grandes-Piles accusée de conflit d'intérêt

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Une conseillère municipale de Grandes-Piles, Carole Moisan, est accusée de manquement à l'éthique.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Grandes-Piles) Il faudra attendre trois mois avant que les juges de la Commission municipale du Québec ne statuent sur la plainte logée contre une conseillère municipale de Grandes-Piles, Carole Moisan, accusée de manquement à l'éthique.

Le débat est d'ailleurs particulièrement émotif. Il a notamment donné lieu à une plainte de menaces, mardi, contre le maire de Grandes-Piles, Daniel Petit.

Dany Pearson, un citoyen impliqué indirectement dans la plainte à la Commission municipale, soutient avoir été agressé verbalement par le maire dans le cadre des audiences.

Il l'accuse d'avoir tenu des propos homophobes à son endroit et de l'avoir menacé en lui disant qu'il allait le payer cher. 

«En 2016, je ne peux pas croire qu'on peut se permettre une telle intolérance surtout de la part d'un maire. Je réclame sa démission», a-t-il indiqué. Notons que le maire a nié pareils propos.

Or, cette affaire résulte initialement d'une plainte logée par une citoyenne, Pascale Gilbert, dans laquelle elle accuse Carole Moisan de s'être placée en conflit d'intérêt à quelques reprises.

Parmi les manquements reprochés, son mari Denis Théberge aurait notamment signé le bail de location du restaurant de la Marina à un prix moindre que les locataires précédents.

Selon ce qui a été relaté en cour, l'ancien opérateur du restaurant La Berge à Grandes-Piles a fait faillite, ce qui a forcé la Municipalité à entreprendre des démarches au début de 2013 pour trouver un autre locataire avant le début de la haute saison. Le conseil municipal a donc fait un appel d'offres à la mi-mars mais personne n'a répondu à l'appel.

Le 2 avril, le conseil municipal a alors décidé de retourner en appel d'offres sur invitation. Quelques jours plus tard, soit le 9 avril, le conjoint de Mme Moisan a soudainement conclu une entente de gré à gré avec la Municipalité pour la location, ce qui a entraîné l'annulation de l'appel d'offres.

Un bail a par la suite été signé le 24 avril sans qu'aucune résolution ne soit adoptée par le conseil municipal.

Ledit bail était de 400 $ par mois plus le paiement des taxes municipales annuelles de 2500 $ environ. Or, des prédécesseurs auraient payé plus cher pour la location, soit environ 600 $ mensuellement plus les taxes municipales.

Dans cette affaire, la conseillère municipale nie totalement les allégations de conflit d'intérêt. Elle soutient n'avoir jamais participé aux discussions sur la location du restaurant à partir du moment où son mari a manifesté un intérêt. Elle situe cette période en mars 2013.

Elle a admis s'être emportée le 2 avril lors d'une séance du conseil municipal portant notamment sur le retour en appel d'offres. Pour elle, l'important était d'accoucher de cette affaire et de répondre aux questions des citoyens qui réclamaient des explications.

Son mari a pour sa part mentionné avoir embarqué dans ce projet avec une amie en voyant que personne ne se portait volontaire. Selon lui, il n'était pas question de laisser le commerce vide. Il précise que Carole Moisan n'aimait pas cette idée car elle ne voulait pas du restaurant.

Bien qu'il n'était pas en poste à cette époque, l'actuel maire de Grandes-Piles, Daniel Petit, appuie la conseillère.

«Il ne peut pas y avoir femme plus intègre qu'elle. Elle fait partie des bénévoles qui s'impliquent activement dans notre municipalité mais malheureusement, ce sont toujours eux qui paient la facture», a-t-il déclaré.

Il estime qu'elle est victime d'une vendetta de la part de certains citoyens. «Il faut que ça arrête. Il y a une clique qui vient faire le trouble. C'est difficile de faire avancer les choses à cause de tout ça», a-t-il ajouté.

On sait que la première plainte qui avait été logée visait d'autres conseillers et le maire Petit mais celle-ci n'avait pas été retenue par la Commission municipale. Dans le cas de Mme Moisan, la Commission municipale a conclu par contre que la plainte était recevable.

Si la conseillère est déclarée coupable, elle est passible d'une sanction qui peut aller de la réprimande jusqu'à la suspension de trois mois sans salaire.

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