Un décès causé par une interaction médicamenteuse

Yvon Garneau... (Archives La Tribune)

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Yvon Garneau

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le décès d'un homme de 64 ans, survenu le 2 février 2015 à Saint-Tite, aurait peut-être pu être évité si le pharmacien qui lui a vendu un antibiotique avait pris soin de vérifier l'interaction de celui-ci avec les autres médicaments qu'il prenait.

Dans un rapport qui vient d'être rendu public, le coroner Yvon Garneau conclut en effet que Gilles Lamothe est décédé d'une arythmie cardiaque à la suite d'une interaction médicamenteuse.

Il recommande d'ailleurs à l'Ordre des pharmaciens de réviser le dossier pharmaceutique de M. Lamothe dans un but d'évaluation de la qualité des actes professionnels qui lui ont été fournis.

Le sexagénaire souffrait de plusieurs maladies, soit une maladie pulmonaire, le diabète, l'apnée du sommeil, possiblement de l'angine et de l'asthme.

Il était suivi par un médecin de famille et recevait d'ailleurs un traitement pharmacologique complexe. Le dossier de la pharmacie où il s'approvisionnait indique une trentaine de médicaments prescrits avec une posologie précise entre le 27 octobre 2014 et le 26 janvier 2015.

Le matin du 2 février 2015, M. Lamothe a pelleté de la neige dans son stationnement. Cinq minutes plus tard, sa conjointe l'a retrouvé face contre le sol. Un appel au 911 a été fait et des manoeuvres de réanimation ont été entreprises mais en vain. Son décès a été constaté à l'hôpital.

Les analyses de laboratoire ont montré des concentrations sanguines élevées de plusieurs médicaments. On a noté par exemple que les taux d'hydrocodone, amlodipine et de labétalol étaient anormalement élevés, voire toxiques.

Or, cette hausse des taux observés serait secondaire à la prise de l'antibiotique Biaxin qui aurait induit une cascade d'interactions médicamenteuses.

«La prescription de Biaxin a eu pour effet de ralentir le métabolisme d'autres médicaments. Ainsi, une accumulation d'effets de médicaments s'est produite», peut-on lire dans le rapport du coroner.

Selon lui, il y a lieu de s'interroger sur l'effet de certains médicaments qui a été augmenté à un niveau toxique.

«Quelle aurait été, dans ce cas, la pertinence d'aviser M. Lamothe en conséquence? Les interactions médicamenteuses sont connues des pharmaciens. Auraient-elles dû être signalées comme dangereuses à M. Lamothe?

Normalement, le module de dépistage aurait dû alerter le pharmacien de M. Lamothe d'une possible interaction médicamenteuse. Que s'est-il passé à cet égard?

Même si M. Lamothe n'avait pas pris sa médication dans une seule pharmacie, l'accès au dossier Santé Québec n'aurait-il pas permis au pharmacie de visualiser son dossier? Si oui, il aurait pu s'apercevoir immédiatement du danger de l'interaction médicamenteuse.

Faut-il le rappeler: le Biaxin peut entraîner de nombreuses interactions médicamenteuses qui obligent une attention particulière, voire une vigilance accrue», a conclu le coroner Garneau.

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