Kaven Sirois: «Je m'en veux énormément»

Kaven Sirois a été condamné à une peine... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Kaven Sirois a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans pour avoir tué de sang froid trois jeunes le11 février 2014 et comploté pour tuer d'autres personnes.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Kaven Sirois, l'un des deux auteurs du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières, restera à l'Institut Philippe-Pinel jusqu'en 2020 et sera ensuite transféré dans un pénitencier jusqu'à la fin de sa sentence.

Comme prévu jeudi, le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, et les avocats de la défense, Me David Guévin et Me Matthieu Poliquin, ont suggéré de façon commune le lieu de garde à privilégier pour le jeune homme, maintenant âgé de 18 ans.

On sait que ce dernier a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans pour avoir tué de sang froid trois jeunes le 11 février 2014 et comploté pour tuer d'autres personnes.

Déjà informé de cette recommandation, le juge Bruno Langelier l'a entérinée sur le banc, précisant du même coup qu'il envisageait déjà cette possibilité très sérieusement.

Selon lui, il est essentiel de garder à l'esprit l'importance de la réhabilitation pour cet adolescent devenu un jeune adulte. Certes, il admet que rien ne pourra réparer les torts qu'il a causés. Il souhaite d'ailleurs que les familles des trois victimes puissent un jour retrouver une certaine sérénité.

Or, il croit que l'Institut Philippe-Pinel a fait ses preuves et offre un traitement qui pourra protéger la société à long terme. Déjà, il a noté une certaine ouverture de la part de Kaven Sirois et le fait qu'il a bien réagi à l'assujettissement. Celui-ci s'impliquerait dans le processus thérapeutique prodigué par Pinel et son comportement y serait adéquat. «Ça laisse au tribunal un brin d'espoir», a-t-il mentionné.

D'ailleurs, le jeune homme a tenu à s'adresser au tribunal. D'emblée, il s'est excusé pour son ton de voix monocorde, jetant le blâme sur le stress. Il s'est aussi excusé auprès des familles des victimes, de leurs proches et de sa propre famille.

Du même coup, il a remercié Pinel pour lui avoir permis de réaliser et de comprendre son trouble de personnalité. Enfin, il a reconnu qu'il avait encore beaucoup de chemin à parcourir.

«Ce qui s'est passé en cour m'a fait réaliser le côté inhumain de mes gestes. Je m'en veux énormément», a-t-il déclaré. Notons qu'avant même qu'il ne commence à parler, le père des deux jeunes soeurs assassinées a préféré sortir de la salle d'audience.

De son côté, le père de Kaven Sirois a lu une lettre dans laquelle il a insisté sur l'importance de maintenir son fils à l'Institut Philipe-Pinel et non de l'envoyer dans un pénitencier. Il soutient également que depuis qu'il y est détenu à la suite de son arrestation il y a deux ans, il a évolué.

«Il a reconnu sa problématique et les torts qu'il a causés», a-t-il indiqué. L'important pour lui est donc de favoriser la réadaptation de son fils afin d'éviter qu'un pareil drame ne se reproduise.

Dans le cas d'un adolescent assujetti à une peine pour adultes, trois possibilités de lieu de garde s'offraient à lui soit Pinel, une prison provinciale ou un pénitencier.

Or, en dépit des souhaits de sa famille, Kaven Sirois ne peut pas demeurer incarcéré à Pinel au-delà de 22 ans en vertu des règles de l'établissement. Ce n'est pas une prison mais bien une institution psychiatrique.

Elle peut accueillir des personnes déclarées non criminellement responsables mais dans le cas d'un adolescent maintenant adulte, qui a été déclaré coupable de meurtre et assujetti à une peine pour adultes, il devra nécessairement quitter la seule unité de garde dès l'âge de 22 ans et prendre le chemin du pénitencier. Le transfert se fera donc le 1er octobre 2020.

Par ailleurs, les procédures pour permission d'en appeler de la peine pour adultes imposée à Kaven Sirois vont se poursuivre. C'est que la défense voudrait faire renverser la décision du juge Langelier afin qu'il soit plutôt condamné à une peine spécifique, soit six ans de garde fermée et quatre ans de suivi externe.

«Kaven appartiendra au Service correctionnel du Canada pour toute sa vie. Il s'agit d'un poids lourd à porter. Et c'est pourquoi nous allons en appel», a précisé son avocat Me Guévin. Des audiences sont prévues devant la Cour d'appel le 6 mai.

Quant à son complice, il sera de retour en cour le 14 mars pour le début des audiences visant également à l'assujettir à une peine pour adultes. Il a lui aussi plaidé coupable aux six accusations portées contre lui pour les meurtres prémédités et des complots pour meurtres.

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