Motards criminalisés: Lévesque plaide pour un resserrement de la loi

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, était tout... (Archives, Le Nouvelliste)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, était tout sourire en juin dernier lors de la démolition du bunker des Hells Angels du «chapitre» de Trois-Rivières.

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(Trois-Rivières) Alors que les Hells Angels se prépareraient à rouvrir le «chapitre» de Trois-Rivières, en «dormance» depuis l'opération policière SharQc en 2009, le maire de la cité de Laviolette estime que le problème avec les groupes de motards criminalisés, c'est qu'ils peuvent en toute légalité s'afficher en portant leurs couleurs.

S'il n'en tenait qu'à Yves Lévesque, un motard qui s'affiche comme membre d'un groupe criminalisé reconnu comme les Hells Angels devrait être arrêté par les forces de l'ordre.

«À partir du moment où on s'affiche comme un groupe criminalisé, il devrait y avoir des conséquences», affirme le maire de Trois-Rivières en entrevue.

«On ne peut pas empêcher ces gens de s'implanter, tant et aussi longtemps qu'ils sont légaux. Il n'y a personne qui veut les avoir, mais la justice doit faire son travail et être plus sévère quant à la réglementation. [...] Les gouvernements fédéral et provincial doivent resserrer les réglementations et faire en sorte qu'à partir du moment où tu t'affiches comme étant membre d'un groupe criminalisé, ça fait un plus un égale deux. Tu agis immédiatement.»

Actuellement, le simple fait d'appartenir à ce groupe et de s'afficher en portant ses couleurs n'est pas un geste illégal. Les policiers doivent prouver que les individus qui les portent sont en train de commettre un crime. Le port des couleurs permet toutefois devant un tribunal de prouver l'appartenance à un groupe criminalisé. Il pourrait s'agir toutefois d'un facteur aggravant lorsque des crimes sont perpétrés. Cela dit, les policiers ont la possibilité d'interpeller et de questionner pour des fins d'enquête un motard, qu'il porte ses couleurs ou non.

De plus, Yves Lévesque n'accepte pas que des procédures judiciaires pour meurtres et complots pour meurtres de membres des Hells Angels arrêtés après l'opération SharQc en 2009 - alors que la quasi totalité des membres des Hells Angels de la province ont été arrêtés - ont avorté pour délais déraisonnables.

«Des gens ont été arrêtés et il y a eu un procès. On a dépensé des dizaines et des dizaines de millions $ pour qu'à la fin quelqu'un statue que les délais étaient trop longs. C'est inacceptable», dénonce le maire de Trois-Rivières.

«On devrait être capable de dire que certains dossiers sont moins importants que ceux des Hells Angels. On aurait dû s'assurer de rentrer dans les délais. [...] C'est décourageant pour les policiers. Ils ont fait une opération colossale avec SharQc qui a pris des années à monter et qui a coûté une fortune. On les [motards criminalisés] amène devant la justice et à cause des délais, on laisse tomber. Ça n'a aucun sens.»

Malgré la réouverture probable du «chapitre» de Trois-Rivières des Hells Angels - un «chapitre» des Hells Angels est considéré comme actif par le regroupement international si au moins six membres en règle sont en liberté sans condition -, le maire Yves Lévesque rassure la population en affirmant qu'ils ne pourront plus construire un bunker comme celui qui a trôné durant près de27 ans sur le boulevard Saint-Jean, à la jonction des autoroutes 40 et 55.

«On ne pourra plus reconstruire ce type de bâtiment blindé comme nous avions dans notre municipalité. Pourquoi c'est arrivé à l'époque? C'est que personne n'avait pensé que des personnes allaient construire des forteresses comme ça un jour», soutient le maire de Trois-Rivières. «Et quand ça s'est mis à se construire au Québec, les Villes ont changé les règlements. Aujourd'hui, on ne pourrait plus reconstruire ce type de bâtiment.»

Cela dit, une Ville n'a pas le pouvoir de refuser à un groupe, comme les Hells Angels, de s'établir sur son territoire. «Est-ce qu'on peut empêcher les gens de s'établir sur notre territoire? Non. Est-ce qu'on peut les empêcher au niveau de la construction? Oui.»

L'avenir du terrain de l'ancien bunker des Hells Angels du boulevard Saint-Jean détruit en juin dernier fait toujours l'objet de négociations entre Québec et la Ville de Trois-Rivières. Rappelons que les anciens propriétaires des lieux devaient à la Ville de Trois-Rivières, lors de la démolition des bâtiments, un peu plus de 70 000 $ en taxes municipales impayées.

La Ville souhaite par ailleurs procéder avec un processus d'appel d'offres pour la vente de ce terrain, une fois les négociations avec Québec terminées afin de ne pas le vendre à un groupe criminalisé.

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