Arnaque des grands-parents: «J'étais fâchée d'avoir mordu»

Jeanne Adam a été victime d'une fraude de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Jeanne Adam a été victime d'une fraude de type arnaque des grands-parents.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les fraudeurs sont de beaux parleurs très habiles pour profiter de la vulnérabilité et de la bonté de leurs victimes et Jeanne Adam est malheureusement bien placée pour le savoir.

Les fraudes de type arnaque des grands-parents sont en hausse à Trois-Rivières, ce qui a incité la Sécurité publique de Trois-Rivières à produire un dépliant et à informer jeudi les résidents de la Résidence Richelieu sur la situation. Le hasard fait en sorte que Mme Adam, une employée de cette résidence, a justement été victime d'une telle arnaque il y a près d'un an.

En avril 2015, Mme Adam reçoit un appel d'un homme qui se fait passer pour son neveu. Se disant victime d'une fracture du nez à la suite d'un accident de la route, le fraudeur explique ainsi la modification de sa voix remarquée par Mme Adam.

«Il me demande 1300 $ pour sortir du palais de justice, car il y avait une histoire d'alcool au volant. Je lui ai demandé s'il en avait parlé à sa blonde. Il m'a répondu qu'il voulait lui dire de vive voix. Il me raconte que son avocat va appeler et dit que c'est urgent», raconte Mme Adam, qui a accepté de raconter sa mésaventure au Nouvelliste afin d'éviter à d'autres personnes de vivre la même chose.

Voulant bien faire, la tante envoie la somme demandée par un service de transfert d'argent. Une personne prétendant être un avocat appelle Mme Adam le lendemain afin de dire qu'il a reçu l'argent et que son neveu est à l'hôpital, ce qui fait que Jeanne Adam ne peut le voir.

Intriguée par toute cette histoire, Jeanne Adam contacte sa soeur. Cette dernière ignore que son fils a été impliqué dans un accident de la route. Les deux dames se rendent chez la conjointe de l'homme. Surprise d'entendre la version des deux dames, elle réplique que son conjoint a quitté leur résidence le matin même pour son travail. Elles joignent le neveu sur son cellulaire et comprennent alors ce qui s'est réellement passé.

«Le lendemain, le faux avocat rappelle et me demande si je suis de bonne humeur. Je lui dis que je me suis fait arnaquer de 1300 $, car j'ai parlé à mon neveu. Le faux avocat nie tout. Il me rappelle le surlendemain pour me rembourser, en demandant d'avoir mon adresse. J'ai hésité, mais je lui ai donné mon adresse. Je n'ai jamais rien reçu.»

Mme Adam a porté plainte à la police. Son faux neveu a été arrêté, son dossier a été traité et elle a livré son témoignage. Coupable de fraude, l'individu qui avait fait d'autres victimes à Montréal, à Québec et à Granby a reçu une peine de prison de 15 mois.

«J'étais tellement frustrée et fâchée envers lui et envers moi. J'ai été naïve. J'étais fâchée d'avoir mordu. Mais le coup était tellement bien monté. Tu veux bien faire. Tu embarques dans leur jeu.»

L'agent Michel Letarte. ... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 4.0

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L'agent Michel Letarte. 

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Faire preuve de vigilance

La police trifluvienne connaît bien ce genre d'histoire. Depuis octobre dernier, quelque 20 cas de fraude ou de tentative de fraude de type arnaque des grands-parents ont été répertoriés sur le territoire de Trois-Rivières.

Un de ces cas met en scène une grand-mère qui a donné quelque 16 000 $ à des fraudeurs. Elle a d'abord versé près de 9000 $ pour aider son prétendu neveu qui avait besoin d'argent pour couvrir une caution dans un dossier d'alcool au volant et pour faire réparer sa voiture à la suite d'un accident. Le fraudeur a rappelé un jour plus tard en demandant 4800 $, car le «neveu» s'attendait à une poursuite de la victime de l'accident. La dame, n'ayant plus d'argent liquide, lui a acheminé sa carte de crédit par taxi en fournissant son code d'accès et c'est elle qui a couvert les frais de la course jusqu'à Montréal.

Le même scénario est toujours appliqué: les fraudeurs jouent sur le lien émotif entre une personne âgée et un petit-fils, une petite-fille ou un neveu pris dans une fausse situation d'urgence. Ils commencent souvent la conservation téléphonique en demandant à leur interlocuteur s'il les reconnaît. Bien souvent, la personne âgée va suggérer un prénom et le fraudeur va sauteur sur l'occasion pour appâter sa victime en lui laissant très peu de temps pour réfléchir.

«Quand ça dit au téléphone: «Grand-Maman, est-ce que tu me reconnais?», il faut toujours savoir à qui on parle. Dites: «Non, je te reconnais pas», et posez la question. Si ça ne fait pas, raccrochez et vérifiez, surtout si l'interlocuteur dit de ne pas en parler. Faites le contraire. Vérifiez et parlez-en», énumère l'agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Francine L'Heureux et Janine Malenfant ont participé à la rencontre d'information organisée par la police. Les deux résidentes semblent bien au courant de ce qu'il faut faire.

«Les personnes âgées sont vulnérables, elles se laissent avoir, car ce sont des professionnels (les fraudeurs). La rencontre a été intéressante. Ça donne des trucs», raconte Mme L'Heureux.

Les deux dames ne semblaient pas trop inquiètes de la situation.

«J'ai quatre petits-enfants et je connais leur voix. Si je ne suis pas sûre, je raccroche. Et quand ça ne fait pas mon affaire, je raccroche!», dit Mme Malenfant.

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