Prostitution et drogue au motel Turco: la prison pour Lesage et Gendron

René Lesage et Luc Gendron ont été condamnés... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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René Lesage et Luc Gendron ont été condamnés à une peine de prison ferme, pour avoir opéré un réseau de prostitution à l'ancien motel Turco et y avoir effectué du trafic de stupéfiants.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) René Lesage et Luc Gendron ont tous les deux été condamnés à une peine de prison ferme, lundi, pour avoir opéré un réseau de prostitution à l'ancien motel Turco et y avoir vendu des stupéfiants.

Lesage, qui était considéré comme la tête dirigeante, devra purger un total de 27 mois pour ses crimes alors que son bras droit a pour sa part écopé d'une peine de 18 mois.

Dans cette affaire, l'enquête de l'Escouade régionale mixte de lutte à la drogue avait révélé que Lesage et Gendron vendaient non seulement des stupéfiants (cannabis, cocaïne, méthamphétamines et Viagra) à cet ancien motel mais qu'ils avaient également mis sur pied un réseau de prostitution. Une vingtaine d'escortes, recrutées dans les petites annonces, travaillaient en effet dans trois chambres du motel et dans des logements situés sur la rue Louis-Pasteur par le biais des agences Éveil et Clin d'oeil. Leurs activités illicites ont duré au moins quatre ans.

Les affaires étaient pour le moins lucratives puisque Lesage récoltait de 850 à 900$ par semaine dont une partie qui était versée à son associé Luc Gendron. À lui seul, il pouvait donc empocher 400 $ à 600 $ par semaine.

Durant l'enquête qui a duré cinq mois, des agents d'infiltration ont notamment été capables de s'acheter de la drogue au comptoir du motel. Il aura fallu notamment à l'un d'eux 36 secondes exactement pour se procurer un sachet de cocaïne.

Ils ont aussi fait appel aux services d'escortes pour ensuite annuler à la dernière minute. Pour leur part, des femmes policières ont prétendu être des filles intéressées par le travail d'escorte afin de passer une entrevue avec les dirigeants. Ainsi, le tarif d'une heure pour une relation sexuelle complète dans un des endroits dirigés par le réseau était de 120 $. De ce montant, 35 $ allait à l'agence, 70 $ allait à la prostituée et 15 $ étaient versés à la réception.

Le 31 mars 2012, une opération policière s'était soldée par l'arrestation d'une dizaine de personnes dont Lesage, Gendron, la réceptionniste du motel, quatre prostituées et les deux gérantes des agences. Les perquisitions avaient permis de saisir plusieurs grammes de cocaïne et de cannabis, des méthamphétamines et plus de 20 000 $ en argent comptant.

Au terme d'un procès qui s'était tenu en juillet 2015, Lesage et Gendron avaient été reconnus coupables du trafic de stupéfiants, possession pour fins de trafic et proxénétisme.

Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, avait demandé l'imposition d'une peine de quatre ans de prison. Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Michel Lebrun, suggérait plutôt des peines de deux ans pour René Lesage et 18 mois pour Gendron à être purgées dans la collectivité.

Or, la juge Guylaine Tremblay a rejeté la collectivité compte tenu notamment du rapport présentenciel qui révèle un risque de récidive encore présent. Dans le cas de Lesage, elle a tenu compte aussi de ses nombreux antécédents judiciaires et du fait qu'il était le patron de cette organisation criminelle, d'où la peine de pénitencier. Gendron restera dans un établissement provincial en raison de son absence d'antécédents et de son implication jugée moins importante.

Certes, la juge a reconnu qu'il n'y avait pas eu de violence, ni de contrainte auprès des prostituées. Comme l'avait plaidé Me Lebrun, les escortes avaient des contacts réguliers avec l'organisme CatWoman et recevaient même des condoms. Elle a toutefois rappelé qu'un «bon» proxénète n'existe pas et que l'absence de violence ne peut être considérée comme un facteur atténuant. La peine infligée à chacun pour le proxénétisme uniquement est de neuf mois mais elle sera purgée de façon concurrente à celles liées au trafic de drogue.

Même s'il trouve les sentences plutôt clémentes, Me Beauchamp-Laliberté estime qu'un message clair a tout de même été envoyé à la population en ce qui a trait au proxénétisme. Il a rappelé que Lesage et Gendron avaient bel et bien contrôlé les activités de prostitution en imposant par exemple un minimum de six heures de travail lorsque les filles avaient des clients, en fixant les tarifs et en s'octroyant des redevances sur leurs gains.

Dans le cadre des procédures judiciaires visant les autres personnes arrêtées, la réceptionniste avait écopé d'une peine de neuf mois, les deux gérantes avaient bénéficié d'une absolution inconditionnelle alors que les prostituées avaient dû payer des amendes.

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