Mario Charland déclaré coupable

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On voit ici Mario Charland lors de son arrestation l'an passé dans un parc de Trois-Rivières.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au terme d'un procès qui s'est tenu vendredi, Mario Charland a été déclaré coupable de s'être livré à des actions indécentes le 6 août dernier.

Même s'il était sous le coup d'une probation en lien avec d'autres gestes de même nature commis dans des parcs publics de Trois-Rivières en 2014, Charland s'était en effet rendu au Café Morgane et s'y était touché les parties génitales pendant plusieurs minutes. Son geste s'était déroulé sous le regard éberlué des clients et des employés du commerce. Ces derniers en avaient d'ailleurs été bouleversés.

Son avocat, Me Jean-Sébastien Gladu, réclamait qu'il soit déclaré non coupable puisque les gestes posés n'étaient pas volontaires. À la lumière du rapport d'expertise du psychiatre Pierre Gagné, il a expliqué que son client souffre d'un trouble obsessif compulsif (TOC) qui l'amène à se toucher les parties sans arrêt pour calmer son anxiété. Certes, Charland admet qu'il pose pareils gestes et qu'il peut choquer les gens mais il serait incapable de s'arrêter. Il s'agit, selon l'avocat, d'un automatisme non démentiel.

D'ailleurs, la preuve a révélé que même lorsqu'il a été arrêté par les policiers, il n'a jamais cessé de se toucher les parties génitales. On lui a ordonné d'arrêter à au moins 20 reprises mais il a continué. Il a répété son manège lorsqu'il a appelé son avocat. Le psychiatre a lui-même été mesure de le constater puisqu'il a fait la même chose devant lui.

La procureure de la Couronne, Me Pascale Tremblay, était plutôt d'un avis contraire. Selon elle, les gestes sont faits de façon consciente et volontaire même si ce n'est pas nécessairement dans le but de choquer ou pour satisfaire ses pulsions sexuelles.

Or, le juge Jacques Trudel s'est rendu aux arguments de la Couronne en se basant lui aussi sur le rapport du Dr Gagné. Ce dernier avait pris soin de préciser qu'aucune défense de non-responsabilité criminelle n'était possible puisque Mario Charland ne souffre pas d'un trouble mental mais bien d'un TOC.

Il a indiqué à Charland qu'il commet des gestes obscènes en public et de façon délibérée puisqu'il aurait tout au moins pu aller aux toilettes en privé. Il est clair dans son esprit qu'il agit volontairement devant les personnes même si celles-ci lui demandent d'arrêter et qu'elles sont bouleversées. Au psychiatre, il avait mentionné: «J'ai le droit; un point c'est tout.»

Qui plus est, Charland est bel et bien conscient du mécanisme mental qui l'amène à vouloir soulager son anxiété. Pour toutes ces raisons, le juge l'a déclaré coupable.

Par la suite, Charland a plaidé coupable à des bris d'engagements et de probation commis en août et septembre 2015. Il a notamment brisé des conditions qui l'obligeaient à rester dans une ressource 24 heures sur 24 ou en encore en omettant de respecter un couvre-feu. Il est également retourné au Café Morgane, ce qu'il n'avait pas le droit de faire évidemment.

En ce qui concerne la sentence, elle a déjà été purgée compte tenu de ses huit mois de détention préventive. Il a donc pu être remis en liberté. La peine maximale pour un crime de cette nature est en effet de six mois.

Toutefois, il devra se rendre au Centre le Havre et demeurer dans un de leurs appartements supervisés aux Résidences Laviolette.

À ce sujet, Michel Goulet, du service de probation, a expliqué qu'il s'agissait probablement du meilleur endroit pour lui dans les circonstances. Il a aussi précisé que sa médication avait été ajustée par le biais d'injections.

Le juge lui a aussi imposé un couvre-feu pendant les six prochains mois de 23 h à 6 h. Enfin, il lui sera totalement interdit de se rendre dans tous les Cafés Morgane du grand Trois-Rivières.

Interrogé à savoir s'il avait quelque chose à dire, Charland a répondu qu'il n'avait rien fait de grave au Café Morgane, juste se toucher.

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