Opération contre la pornographie juvénile: les prévenus comparaissent

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les 13 individus arrêtés mercredi dans le cadre d'une rafle visant un réseau de pornographie juvénile sur Internet ont tous comparu, jeudi, devant le tribunal.

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Jonathan Saint-Pierre

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Parmi ceux-ci, deux proviennent de la région. Il s'agit de Jonathan Saint-Pierre, 28 ans de Trois-Rivières et de Francis Perron, 46 ans de Bécancour.

Leur comparution a eu lieu à Montréal par voie de vidéoconférence via Trois-Rivières.

Le premier a été formellement accusé d'avoir possédé, produit, accédé, rendu accessible et distribué de la pornographie juvénile entre avril 2010 et novembre 2010.

Dans le box des accusés, on a pu le voir sangloter tout au long de la procédure. Sa famille, qui se trouvait d'ailleurs dans la salle d'audiences, semblait étonnée par de pareilles accusations.

En dépit de ses pleurs, cet individu est un récidiviste en la matière et il est inscrit au Registre des délinquants sexuels.

Il avait déjà été condamné en 2007 à purger une peine de huit ans et demi de pénitencier pour possession et distribution de pornographie juvénile de même que pour complot pour attouchements sexuels avec Denis Nadeau, lui-même un pédophile multirécidiviste déclaré délinquant à contrôler vu son degré de dangerosité.

La preuve avait démontré dans cette première affaire que Saint-Pierre avait comploté avec Nadeau pour attirer des jeunes filles de 11 et 12 ans afin de les convaincre de poser nues pour des fins de pornographie juvénile. Il avait même contacté des Raéliens pour leur demander s'ils ne pouvaient pas mettre à leur disposition des adolescentes.

Saint-Pierre et Nadeau partaient du principe que ces gens avaient l'esprit plus «ouvert» au plan sexuel. Or, les Raéliens avaient été choqués par cette requête et avaient aussitôt communiqué avec la police.

Les deux hommes étaient par la suite tombés dans un piège tendu par des enquêteurs de la SQ. Ils avaient donc été arrêtés. Lors d'une perquisition menée par la suite chez Jonathan Saint-Pierre, plus de 17 000 photographies et 530 documents vidéo avaient été retrouvés.

L'enquête avait aussi démontré que le complot avait été ourdi pendant que les deux hommes participaient à une thérapie pour abuseurs sexuels.

La sentence de Saint-Pierre avait cependant été portée en appel. Qualifiant celle-ci de trop sévère, les juges de la Cour d'appel l'avaient réduite de moitié. En tenant compte de la détention provisoire et du temps purgé après l'imposition de la sentence en 2007, le pédophile avait finalement eu une peine de 22 mois de prison.

Francis Perron

L'autre individu de la région qui a comparu est Francis Perron de Bécancour. Ce dernier, qui n'a pas d'antécédent judiciaire, est accusé de possession, distribution, production et d'avoir rendu accessible de la pornographie juvénile entre 2005 et janvier 2016. Il n'a pour sa part manifesté aucune émotion dans le box des accusés. 

Perron et Saint-Pierre restent tous les deux détenus jusqu'à leur enquête sous cautionnement qui devrait avoir lieu mardi prochain. Même chose pour les 11 autres individus qui ont comparu à Montréal. La procureure de la Couronne, Cynthia Gyenizse, s'oppose en effet à leur remise en liberté. 

C'est sur la foi d'informations transmises par le public que la Sûreté du Québec a commencé à enquêter sur cette affaire, en 2013. Le projet a été baptisé «Malaise.» Les accusations varient pour chacun, mais ont trait principalement à la possession, production, publication et distribution de pornographie juvénile. Certains ont aussi le fait d'avoir conseillé à quelqu'un de produire de la pornographie juvénile.

Selon les informations divulguées mercredi, les accusés auraient fréquenté des forums de discussion afin d'échanger leurs trucs et récits sur l'exploitation sexuelle des enfants. Les prévenus sont âgés entre 27 et 74 ans. Les accusations visent une période comprise entre 2003 et janvier 2016. 

Notons en terminant qu'un autre individu est recherché en lien avec ce dossier, soit Richard Lévesque, 57 ans, de Québec.

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