Nouvelle thérapie pour Valérie Poulin Collins

Valérie Poulin Collins sera envoyée au Pavillon de... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Valérie Poulin Collins sera envoyée au Pavillon de l'Assuétude à Shawinigan, le 28 février, pour y suivre une thérapie fermée pendant trois mois.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À sa libération d'office au deux tiers de sa peine, Valérie Poulin Collins sera envoyée ce 28 février au Pavillon de l'Assuétude à Shawinigan pour y suivre une thérapie fermée pendant trois mois.

La jeune femme, qui avait enlevé un poupon au CHRTR le 26 mai 2014, était en effet de retour devant le tribunal mercredi matin pour pour y obtenir une modification des conditions de sa probation.

On se rappelle qu'au départ, elle avait l'obligation de suivre une thérapie à la maison Carignan pendant six mois. Lorsqu'elle avait obtenu sa libération conditionnelle le 8 septembre dernier, elle avait donc quitté la prison Tanguay pour y suivre la thérapie spécifiquement adaptée pour elle. Or, le 27 octobre, la direction de Carignan avait expulsé la jeune femme en raison de son comportement et de son manque de motivation.

Non seulement était-elle retournée en prison mais la Maison Carignan avait par la suite fait savoir qu'elle n'avait plus l'intention de la reprendre. Des démarches ont dès lors été entreprises par son avocate, Me Karine Bussière, pour lui trouver une autre ressource qui accepterait de la prendre. C'est finalement le Pavillon de l'Assuétude qui a répondu à l'appel.

Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle avait été expulsée de la Maison Carignan, Valérie Poulin Collins a raconté qu'elle avait trouvé très difficile et drastique le changement d'environnement, soit de passer d'un lieu où elle était entourée de 14 codétenues à un autre qui regroupait une centaine de personnes. Elle a aussi avoué avoir mal géré la thérapie de confrontation du centre, surtout qu'elle ne s'y attendait pas.

Le point culminant a été atteint lors d'une activité de groupe au cours de laquelle les résidents lui ont dit ses quatre vérités. «J'ai mal réagi. J'avais trop de colère en moi. Je suis partie en courant et je suis sortie du centre pour aller pleurer dans la cour extérieure», a-t-elle raconté.

Elle a aussi admis avoir de la difficulté à vivre avec les refus. La Commission des libérations conditionnelles avait noté que son trouble d'opposition lui avait d'ailleurs valu des problèmes en prison tout particulièrement avec les agents de services correctionnels.

Sylvain Lachance, du Pavillon de l'Assuétude, estime pour sa part que la thérapie d'approche plus humaniste proposée par le centre conviendrait davantage à Valérie Poulin Collins en raison justement de son trouble de l'opposition. Il a d'ailleurs procédé à deux évaluations de la jeune femme sur sa motivation réelle, soit le 3 décembre dernier et ce mercredi matin. Selon lui, Valérie Poulin Collins aurait le désir de se prendre en main.

Il a aussi tenu compte de son trouble de personnalité limite, de son trouble d'adaptation et bien sûr de sa problématique de dépendance aux médicaments et aux stupéfiants. Il croit qu'elle devra nécessairement être encadrée à la fin de sa thérapie et même envoyée dans une maison de réinsertion sociale, abondant ainsi dans le même sens que les avocats et le juge.

Par ailleurs, Me Bussière a aussi fait part au tribunal de l'importance pour le centre de thérapie de resserrer les règles de sécurité compte tenu de la médiatisation de cette affaire. Du même coup, elle a demandé aux médias de respecter sa cliente.

Elle a raconté qu'une journaliste avait réussi à entrer à la Maison Carignan en se faisant passer faussement pour une amie. Elle lui avait alors remis une lettre pour lui proposer notamment son amitié. Or, cet événement avait eu un tel impact que sa cliente avait envisagé de contrevenir aux conditions de sa probation.

Après discussions avec la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet et Me Bussière, le juge Trudel a finalement consenti à ce que Valérie Poulin Collins soit envoyée en thérapie pendant 90 jours, 24 heures sur 24, estimant que les mesures proposées laissaient place à des chances de réhabilitation et pouvaient garantir un bon encadrement.

Ce sera d'ailleurs un représentant du Pavillon de l'Assuétude qui devra aller la chercher à la prison le 28 février pour la conduire au centre. Valérie Poulin Collins souhaitait que ce soit sa soeur qui s'occupe de ce transport mais la cour a refusé, ce qui a attristé grandement la jeune femme.

Le juge Trudel l'oblige aussi à revenir devant le tribunal avant la fin de sa thérapie, soit le 13 mai, pour parler de son projet de sortie et de l'endroit où elle envisage demeurer.

Rappelons que Valérie Poulin Collins avait été condamnée à une peine de 31 mois de prison, moins sa détention préventive pour un total de deux ans moins un jour, pour avoir enlevé un poupon. Sa peine prendra fin en décembre 2016. Sa probation, effective à compter du 28 février, est d'une durée de trois ans.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer