Opération Malaise: deux présumés pédophiles arrêtés dans la région

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Treize individus ont été arrêtés mercredi dans le cadre d'une opération menée par la Sûreté du Québec en lien avec l'exploitation sexuelle des enfants et de la pornographie juvénile.

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La Presse Canadienne

Un homme de 28 ans de Trois-Rivières et un autre de 46 ans de Bécancour comptent parmi les treize individus arrêtés mercredi dans le cadre d'une opération menée par la Sûreté du Québec en lien avec l'exploitation sexuelle des enfants et de la pornographie juvénile. 

L'enquête policière a débuté il y a près de trois ans, notamment à la suite d'informations reçues du public. Selon des informations recueillies par La Presse, les enquêteurs ont dû utiliser des moyens d'enquête extraordinaires dans le contexte, car ce groupe protégeait au maximum ses échanges incriminants.

Certains des échanges illicites sur Internet avaient eu lieu des années avant le début de l'enquête, a précisé un porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), le sergent Claude Denis.

La SQ explique que les individus âgés de 27 à 74 ans fréquentaient des forums de discussion afin d'échanger sur leurs expériences sexuelles avec des enfants.

«Ils se conseillaient sur les tactiques à employer et les lieux à fréquenter dans le but d'abuser sexuellement des enfants sans éveiller les soupçons», explique le sergent Claude Denis.

La SQ n'a pas confirmé le nombre de victimes potentielles dans cette affaire. Et selon les informations obtenues de M. Denis, il est possible que les contacts sexuels évoqués sur les forums aient eu lieu «il y a plusieurs années», avant le début de l'enquête en 2013.

M. Denis a souligné que la priorité des autorités était d'abord de mettre fin aux échanges d'informations illégales sur le Web. Les interrogatoires et l'enquête permettront éventuellement d'aller plus loin.

L'équipe d'enquêtes sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet, qui compte des agents de la SQ et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ajoute que des perquisitions ont eu lieu mercredi aux domiciles des suspects et que du matériel informatique a été saisi pour fins d'analyse.

L'enquête n'est donc pas terminée: l'analyse du contenu des ordinateurs pourrait mener à la découverte d'autres infractions criminelles et donc à d'autres arrestations dans le cadre de cette opération baptisée «Malaise», a indiqué le sergent Denis.

Près de 150 policiers se sont déployés avec le soutien d'agents des services de police de Montréal, Québec, Lévis, Trois-Rivières, Saint-Eustache, Richelieu-Saint-Laurent et Toronto.

Les suspects arrêtés jusqu'à maintenant devaient comparaître mercredi ou jeudi au palais de justice de Montréal. Les deux hommes de la région devraient quant à eux comparaître par voie téléphonique jeudi devant un juge de Montréal.

La police semble déjà avoir en main une preuve accablante, du moins si l'on se fie aux possibles chefs d'accusation cités par la SQ.

La liste des chefs d'accusation possibles est longue: production, possession et distribution de pornographie juvénile, contacts sexuels, agression sexuelle, leurre, voyeurisme, conseiller une infraction non encore commise, grossière indécence, attentat à la pudeur, complot dans le but de produire de la pornographie juvénile, entre autres, a indiqué la SQ.

Très habiles

Annie Fournier, chef des services cliniques au Centre d'expertise Marie-Vincent, organisme d'aide aux enfants agressés sexuellement, n'est pas surprise de voir des prédateurs discuter de stratégies et de tactiques.

«Ils sont souvent très habiles. Ils connaissent bien l'univers des enfants et vont les rejoindre là où ils sont bien, que ce soit dans les jeux vidéo ou autre chose. La grande majorité des agresseurs vont amener ça comme un jeu, quelque chose qui ne fait pas mal, de façon à ce que l'enfant ne comprenne pas que ce n'est pas correct», dit-elle.

«Et quand les agresseurs voient des enfants plus résistants, ils vont utiliser plutôt la menace ou la manipulation. L'éventail est très large. Ce ne sont pas toujours des moyens extrêmes, comme les gens peuvent imaginer», ajoute la clinicienne.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle, du Soleil et de La Presse

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