Coupable de vol qualifié, elle pourrait être déclarée délinquante dangereuse

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(Collaboration spéciale) Déclarée coupable de vol qualifié dans un dépanneur de La Tuque, Christine Mequish a peut-être commis un délit de trop.

Les portes de la prison pourraient bien se refermer derrière elle pour une période indéterminée, c'est du moins la requête qu'a déposée le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, au palais de justice de La Tuque. Le juge David Bouchard a pris la cause en délibéré, jeudi, et il devra trancher.

«On pense que le risque de récidive est trop élevé», lance d'entrée de jeu le procureur.

Lors des plaidoiries visant à faire déclarer l'accusée de délinquante dangereuse, le procureur de la Couronne a fait état d'un impressionnant dossier judiciaire.

En effet la dame compte à son actif, entre 1984 et 2015, 87 antécédents judiciaires, dont le plus récent en 2008. La femme de 58 ans, originaire de la communauté atikamekw d'Opitciwan, avait alors été condamnée à 8 ans d'emprisonnement pour un homicide involontaire. Elle avait été libérée en mars 2014.

Christine Mequish a, entre autres, 25 antécédents reliés à des actes de violence. Une quarantaine d'antécédents reliés à des bris de promesse ou d'ordonnance. Plus d'une quinzaine en matière de fraude et de méfaits, trois antécédents reliés à de l'extorsion ou des vols qualifiés.

«On remarque qu'il y a peu d'accalmies dans le parcours criminel de l'accusée», note le Procureur dans sa requête.

Me Thériault a également fait remarquer que les mesures de dissuasion et de dénonciation ou même de réhabilitation n'ont eu aucun effet sur la femme. Il ajoute également que les antécédents démontrent l'incapacité à se contrôler ainsi que son indifférence marquée face aux actes posés.

Il a également plaidé que certains passages du rapport d'expertise de 52 pages, produit par un psychologue, faisaient état de comportements agressifs, de manquements disciplinaires, et de problèmes d'adaptation dans le milieu carcéral de Christine Mequish.

«Lors de son dernier séjour au pénitencier de Joliette, celui-ci sera ponctué de placement en isolement, de gestes violents à l'égard de codétenus ainsi des employés, d'infractions reliées au tabac et aux drogues. [...] Sa cote de sécurité sera réévaluée à la hausse (élevée) à deux reprises», mentionnait le rapport.

Le psychologue a d'ailleurs évalué le risque de récidive à 72,9 %.

L'avocat de l'accusée dans cette affaire, Me Marc Villeneuve, pour sa part, a demandé une peine de 24 mois d'emprisonnement et que sa cliente soit déclarée délinquante à contrôler.

Elle serait donc assujettie à une ordonnance de surveillance longue durée, d'une durée maximale de dix ans, qui vise à assurer la surveillance de la délinquante dans la collectivité.

Une déclaration de délinquante dangereuse entraînerait plutôt l'imposition d'une peine d'emprisonnement pour une période indéterminée. Dans ce cas, elle serait admissible à la libération conditionnelle après sept ans.

L'avocat de la défense, pour sa part, a évoqué le passé difficile de sa cliente qui est expliqué dans le rapport de type Gladue, un rapport prédécisionnel qui explique le contexte socioéconomique de la communauté autochtone de l'accusé.

«Le rapport du psychologue est très technique, mais le rapport de Mme Boileau (le rapport de type Gladue) vient l'humaniser. Il faut les relier pour savoir quelle sentence serait appropriée.»

Il a également fait ressortir les recommandations du rapport prédécisionnel visant la réhabilitation, la réparation, et la guérison.

Il a notamment parlé de fréquenter la messe du dimanche afin d'encourager le recueillement, de trouver une situation de logement sans alcool ou encore de participer à des activités culturelles autochtones afin de renouer avec son identité.

«À mon avis, c'est plus une délinquante à contrôler. C'est ce que je vous soumets», a plaidé Me Villeneuve.

Christine Mequish s'est aussi adressée au juge. Elle a mentionné qu'elle ne voulait plus aller en prison.

«Je ne suis pas dangereuse. Je suis bien fine. Je suis toujours tranquille en prison, je suis toujours dans ma chambre en train d'écrire et d'écouter de la musique», a-t-elle mentionné au juge. Ce dernier a pris la cause en délibéré jusqu'au mois d'avril.

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