Agression sexuelle: liberté provisoire refusée à Benoît Ferron

Benoît Ferron, un propriétaire de plusieurs immeubles à logements accusé... (François Gervais)

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François Gervais

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Benoît Ferron, un propriétaire de plusieurs immeubles à logements accusé d'avoir agressé sexuellement une locataire, a échoué lundi après-midi dans sa tentative de reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre lui.

Au terme d'une enquête sur caution, le juge Guy Lambert a conclu que le risque qu'il commette d'autres délits était élevé dans son cas. L'individu de 31 ans compte non seulement de nombreux antécédents judiciaires et des causes pendantes pour des gestes de violence, des bris de conditions et des infraction reliées aux stupéfiants mais il souffre également d'un traumatisme crânien cérébral à la suite d'un accident de voiture survenu en 2003.

Or, à la lumière des témoignages qui ont été rendus, le tribunal estime que ses problèmes cognitifs diminuent grandement sa capacité de gérer ses immeubles. Bien que le suspect serait ouvert à confier la gestion de ceux-ci à une tierce personne, les garanties offertes ne sont pas suffisantes selon lui. «Tant qu'il sera confronté à la gestion de ses immeubles, il représentera un danger pour la société», a-t-il mentionné, faisant référence également à une problématique d'agressivité sous-jacente et de dépendance aux stupéfiants.

C'est que le crime qui lui est reproché actuellement est survenu justement dans un contexte de location. La présumée victime a contacté le suspect via Facebook parce qu'elle était à la recherche d'un logement. En novembre dernier, il est allée lachercher pour lui faire visiter un logement puisqu'elle n'avait pas de moyen de transport. Un bail a ensuite été signé.

Dans la voiture, il en aurait profité pour lui caresser la cuisse à quelques reprises et luifaire des propositions sexuelles très crues.

Lors d'une autre rencontre, il lui aurait touché les fesses. En dépit de ses refus, il aurait récidivé en lui faisant de nouvelles propositions très explicites, en l'embrassant et en lui touchant les fesses. Le 19 novembre, il s'est présenté chez elle. Elle lui a alors annoncé qu'elle voulait casser le bail mais il aurait refusé. Elle doit aujourd'hui porter le dossier devant la Régie du logement.

Denise Pronovost, la directrice de l'Association des traumatisés crânio-cérébraux, a indiqué lundi après-midi que Ferron était suivi depuis deux ans. Elle a été en mesure de constater qu'il a des problèmes cognitifs qui se manifestent par de la désinhibition et de l'impulsivité et qui sont de nature à lui faire commettre des délits. Toutefois, même si des démarches ont été faites pourle convaincre de laisser tomber la gestion de ses immeubles, il se montre rébarbatif parce qu'il y voit plutôt une façon de se réhabiliter dans la vie.

Lorsqu'il a été contre-interrogé par la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet, il a nié son problème de stupéfiants et ce, même s'il a bel et bien été arrêté à quelques reprises avec des stupéfiants en sa possession.

Son avocate, Me Pénélope Provencher, a pour sa part rappelé que le crime sexuel reproché avait été porté par voie de procédure sommaire, qu'il était ouvert à confier la gestion de ses immeubles et qu'il était prêt à se soumettre à des suivis psychologiques mais le juge, qui venait justement de percevoir des «demi-vérités» dans ses propos, a ordonné sa détention. Il sera ramené devant le tribunal en mars. Une date de procès pourrait alors être fixée.

Notons par ailleurs qu'il est toujours le propriétaire de l'immeuble à logements qui a été détruit par un incendie criminelà Louiseville le 4 janvier dernier, bien que la gestion de celui-ci ait justement été confiée à son père il y a quelques mois. C'est une locataire qui a été accusée d'avoir mis le feu.

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