Incendies criminels: Jean Sigman déclaré coupable

Jean Sigman, un ex-lieutenant du caïd de la drogue Raymond Desfossés, a été... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Jean Sigman, un ex-lieutenant du caïd de la drogue Raymond Desfossés, a été déclaré coupable, lundi matin, de la majorité des accusations portées contre lui en lien avec quatre incendies criminels, des fraudes, des voies de fait, du harcèlement et des complots.

Au terme d'un procès qui a nécessité 14 jours d'audiences, le juge Jacques Lacoursière a en effet conclu que Sigman avait bel et bien fait incendier quatre résidences en 2003, 2011 et 2012 à Entre-Lacs, Trois-Rivières et Saint-Jean-des-Piles afin d'en récolter l'argent des assurances. Son objectif était d'investir cet argent dans une compagnie de fruits et légumes et d'utiliser celle-ci pour importer de la cocaïne.

Ainsi, ces incendies sont tous survenus dans le cadre d'exécution de travaux de rénovation ou de restauration de meubles et dans une période de moins d'un an entre 2011 et 2012.

Le modus operandi était toujours le même: Sigman a convaincu les propriétaires ou les occupants de mettre le feu en utilisant de l'huile de lin ou un produit susceptible de s'enflammer par lui-même. En plus, Sigman a pu en retirer des bénéfices financiers.

Sigman a aussi été déclaré coupable d'utilisation frauduleuse d'une carte de crédit. Il a en effet profité de la santé précaire d'un homme, Serge Brulotte, pour abuser de sa confiance et retirer des sommes d'argent importantes de son compte bancaire.

Il a également saisi cethomme à la gorge, l'a poussé et a brandi le poing en sa direction dans le cadre d'une chicane concernant justement l'argent qu'il lui prenait.

Le tribunal l'a aussi déclaré coupable d'un chef de voie de fait sur une autre personne, Benoît Dufresne et de harcèlement. Cet homme avait embarqué dans le projet d'acquisition du commerce de fruits et légumes, croyant qu'il était réalisable et viable jusqu'au moment où il a été gagné par la peur devant l'attitude de plus en plus intraitable, voire violente de Jean Sigman.

Dans son analyse, le juge Lacoursière a constaté que Sigman avait rendu un témoignage décousu, impossible à suivre et souvent rempli d'invraisemblances et de contradictions. Il ne l'a pas cru. Sa défense n'était pas non plus plausible.

Le juge soutient plutôt que la poursuite a réussi à se décharger de son fardeau de preuve en démontrant hors de tout doute raisonnable sa culpabilité. Certes, la thèse de la poursuite reposait sur une preuve circonstancielle ainsi que sur les témoignages de Benoît Dufresne et Serge Brulotte principalement.

Même si leurs témoignages doivent être examinés avec beaucoup de précaution, compte tenu de leur implication dans cette histoire et de leurs antécédents de fraude, le juge estime que les éléments déposés en preuve ont corroboré leurs propos.

Quant au témoignage de Marc Caza, qui serait relié à l'incendie de la rue Montclam, il a été mis de côté. Ce dernier avait incriminé Sigman dans une déclaration faite aux policiers pourfinalement se rétracter au procès et nier plusieurs évidences, selon le juge.

Les plaidoiries sur sentence ont été reportées au 4 février.

Rappelons que Sigman, dont la défense était assurée par l'avocat Patrice Gagnon, avait écopé en mars 2005 d'une peine frôlant les dix ans de pénitencier pour gangstérisme et complot. Lorsqu'il s'est livré aux incendies criminels, il était en libération conditionnelle.

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