Coup dur pour le Club Biathlon Mauricie

Sylvie Pronovost et sa chienne Fuji ont constaté... (Sylvain Mayer)

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Sylvie Pronovost et sa chienne Fuji ont constaté les dégâts.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Notre-Dame-du-Mont-Carmel) Les bénévoles qui travaillent d'arrache-pied depuis 2013 pour redonner vie à l'ancienne station de ski de Notre-Dame-du-Mont-Carmel ont subi un dur coup, dans la nuit du 30 au 31 décembre dernier, alors que des individus se sont introduits dans les bâtiments pour y voler certains équipements et faire du vandalisme sur d'autres.

L'acte semblait prémédité et bien préparé puisque les malfaiteurs, malgré le système d'alarme, ont pris la peine de fermer le circuit électrique et de parfumer les lieux avec de l'encens afin de perturber le sens olfactif du chien des bénévoles.

Fort heureusement, une caméra de surveillance a pu capter certaines scènes du vol et la vidéo a été remise à la Sûreté du Québec. Le Club estime s'être fait prendre pour quelque 3000$ d'équipements.

Les voleurs sont aussi partis avec une boite de clés. Il a fallu l'intervention de trois employés de Cooke Serrurier pour changer les serrures en cette veille du Jour de l'An. «Nous nous sommes présentés à 14 h et ils fermaient à 15 h», signale la présidente du Club, Sylvie Pronovost, reconnaissante.

Le pire, c'est que le Club était en train d'analyser des propositions d'assurances, dit-elle.

Ce vol arrive bien mal pour le club qui a démarré ses activités avec très peu de fonds au point de ne pas avoir pu se chauffer, en 2013.

C'est qu'il se prépare à accueillir les Jeux régionaux du Québec pour une compétition de biathlon, les 30 et 31 janvier. «Le 31 décembre, on était vraiment désorganisé», raconte la présidente, en précisant que l'organisation a réussi à se relever et accueillera bel et bien les compétitions de biathlon.

Les objets volés, des perceuses à piles, des scies et des forets, notamment, servaient à l'entretien des sentiers. Les scies, notamment, étaient essentielles pour enlever les arbres qui tombent dans les pistes. «Ça fait mal», confie la présidente.

«Ça nous a touchés parce qu'on travaille pour notre communauté. On travaille beaucoup pour l'enfance. Souvent c'est pour des enfants défavorisés. Ici, 80 emplois ont été perdus avec la fermeture du centre de ski. Si l'on pouvait en créer quelques-uns, on va être content. On pense que ce sont peut-être des gens du secteur», dit-elle, en ajoutant que d'autres vols ont aussi frappé Mont-Carmel. «Mais on ne sait pas si ces vols-là sont reliés», précise-t-elle.

La Sûreté du Québec refuse de parler d'une vague de vols à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. La porte-parole du corps policier, la sergente Éloïse Cossette, indique qu'aucun élément ne peut pour l'instant inciter les enquêteurs à conclure que les vols ont été commis par les mêmes personnes.

Par ailleurs, la SQ note que les crimes contre la propriété sont en baisse depuis 2010 sur le territoire du poste de Shawinigan. Cela dit, 372 introductions par effraction ont été commises en 2014-2015 sur ce territoire. Depuis 2010, les policiers de Shawinigan tentent de résoudre en moyenne 476 dossiers par année.  

La présidente de Biathlon Mauricie, Sylvie Pronovost, ne cachait pas sa peine lorsque jointe par Le Nouvelliste, mardi. L'organisation bénéficiait depuis peu de quelques outils à pile pour réparer une clôture ou visser des affiches.

«On a commencé avec rien», rappelle Mme Pronovost, «avec des prêts, des gens qui apportent leurs outils, des dons. Ce n'est que de l'usagé», dit-elle. «On n'avait pas de motoneige, pas de VTT la première année. On n'avait même pas de chauffage dans nos bureaux», dit-elle.

«On ne voulait pas s'endetter. On a trouvé de bons partenaires. On a nettoyé les lieux. On a vendu le métal qu'il y avait sur place», dit-elle pour illustrer d'où part le projet.

Via le programme Place au sport «on a pu installer l'infrastructure du champ de tir», dit-elle.

Le site de 175 hectares est loué aux cadets ou pour des camps de survie. «On a aussi formé 100 élèves de la commission scolaire en biathlon», dit-elle.

Tous les revenus ont été réinvestis, dit-elle. Les bénévoles ont même accepté de ne pas se faire payer, même pour l'essence qu'ils ont dépensée, ajoute la présidente.

«L'objectif est de redonner la montagne à la communauté», dit-elle, et ce, en toutes saisons. Malgré l'événement, le public peut continuer à profiter des pistes de ski de fond, du service de raquettes hors pistes et d'un stationnement pour les adeptes de la motoneige et du VTT.

Malgré le coup dur qu'il vient de vivre, Biathlon Mauricie entend bien continuer à se développer sans s'endetter pour faire bouger les jeunes. L'organisation caresse toutes sortes de projets comme des courses à obstacles, des sentiers pour vélos, peut-être, et l'aménagement d'un belvédère.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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