Psychose: les lacunes du «système»

François collectionne les comparutions en justice, sa santé... (La Presse)

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François collectionne les comparutions en justice, sa santé physique et psychologique se détériorent à vitesse grand V, les menaces de mort à peine voilées s'additionnent, autant de gestes impulsifs qui pourraient mettre en danger la vie d'autrui et la sienne.

La Presse

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(Trois-Rivières) La famille de François [nom fictif] juge que l'ennemi numéro un de la psychose, s'est le tabou qui lui est propre. Elle est bien consciente qu'un article dans le journal ne changera pas le système du jour au lendemain.

Cependant, le pire sort qui pourrait s'abattre sur elle, c'est le silence. Ainsi, c'est pour sensibiliser la population et, avec un peu de chance, les décideurs publics, qu'elle a senti le besoin d'ouvrir les portes de son désarroi au plus grand nombre. 

«On ne comprend pas. Nous sommes en présence d'un être cher pour qui la maladie contrevient à sa sécurité et à celle des autres, à sa dignité et à celle de la population. On a les mains liées. Est-ce qu'on doit attendre un drame pour que le système lui vienne en aide?», lance la soeur de François.

Du même souffle, cette dernière dénonce l'absence de vase communicant entre les policiers, l'hôpital psychiatrique et les divers intervenants que François a rencontrés au cours de son existence. Chacun agit selon sa sphère d'influence, en vase clos, en fonction de son mandat spécifique, sans jamais considérer le problème de la santé mentale dans son ensemble.

«Le système, actuellement, n'aboutit pas et ne soigne pas les problématiques de santé mentale comme une autre maladie. C'est là notre désarroi: voir François s'enfoncer et ne pouvoir rien faire. Au même titre que si on voyait quelqu'un en hémorragie et qu'on le regardait mourir sans rien faire. Étant donné que c'est de la santé mentale... Si, en ce moment, il avait le ventre entrouvert par un couteau, il se présenterait à l'urgence et serait traité sur-le-champ parce qu'il est en danger. En ce moment, il est en danger, mais parce que ça ne se voit pas, il n'est pas soigné.»

Pour l'heure, François collectionne les comparutions en justice, sa santé physique et psychologique se détériorent à vitesse grand V, les menaces de mort à peine voilées s'additionnent, autant de gestes impulsifs qui pourraient mettre en danger la vie d'autrui et la sienne. Pourtant, le «système» juge que le danger n'est pas imminent. Un danger «imminent», image la soeur de François, c'est lorsqu'une personne suicidaire monte sur le toit d'un immeuble et menace de se jeter en bas. Tant qu'elle n'a pas monté les escaliers, rien ne presse.

François est malade, répète-t-on. «Et tout ça parce qu'on n'a pas réussi à le mettre quelque part pour l'arrêter! Ça va finir par un drame», s'inquiète sa soeur.

«On essaie de faire soigner quelqu'un et on n'y arrive pas», renchérit sa mère, qui assiste à la scène comme un «spectateur impuissant». «Ça va aller jusqu'où?»

«Si nous n'étions pas intervenus par le passé, François serait mort», insiste la soeur. Une mort que la famille souhaite éviter contre tout l'or du monde. La mort de François, mais également la mort des autres, autant de drames qui, à son avis, pourraient être évités.

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