Cédrika: une semaine d'intenses recherches

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Pour une sixième journée consécutive, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont décuplé leurs efforts pour mettre la main sur un indice supplémentaire, si minime soit-il, et ainsi remonter la piste qui leur permettra, cette fois, de mettre la main au collet de l'assassin de Cédrika Provencher.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Le terrain est marécageux, le bois est «sale», pour reprendre une expression agricole. Pour une sixième journée consécutive, c'est sur pareille toile de fond que les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont décuplé leurs efforts pour mettre la main sur un indice supplémentaire, si minime soit-il, et ainsi remonter la piste qui leur permettra, cette fois, de mettre la main au collet de l'assassin de Cédrika Provencher.

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Encore vendredi, plus de 200 policiers de la Sûreté du Québec ont passé au peigne fin la forêt et les champs situés à la sortie de l'autoroute 40 en direction est, là où le crâne de Cédrika Provencher a été retrouvé la semaine dernière. 

François Gervais

Vendredi, plus de 200 policiers ratissaient, centimètre par centimètre, la forêt inhospitalière où le crâne de la fillette a été découvert il y a sept jours, à 500 mètres au sud de l'autoroute 40 en direction est.

En fin de journée, vendredi, la pluie a commencé à tomber en même temps que le soleil, interrompant jusqu'au lendemain les investigations minutieuses des policiers. Rien, cependant, pour décourager la SQ qui, jour après jour, adapte son programme quotidien en fonction de la température.

Si la porte-parole de la SQ, la sergente Audrey-Anne Bilodeau, confirme que «quelques dizaines» de policiers poursuivront les recherches au cours de la fin de semaine, elle n'exclut pas qu'ils se comptent, à nouveau, par centaines, si la neige menace. Chose certaine, son absence au sol réduit les difficultés; l'espoir des forces de l'ordre repose sur une température plus clémente afin de maximiser leurs chances de réussite.

Depuis une semaine, les enquêteurs dépêchés sur place reçoivent de nouvelles informations du public, toutes sujettes à validation. Près de 200 éléments ont ainsi été colligés, tantôt par téléphone, tantôt de vive voix, à l'écart dans un autocar stationné à proximité du poste de commandement.

Toujours vendredi, les policiers ont élargi leur territoire de recherche, passant les abords de l'autoroute 40 au peigne fin. Ils étaient plusieurs, les témoins, à venir les observer, après avoir déposé peluches, fleurs, chandelles et lettres de condoléances au pied d'un autel de fortune.

Parmi eux, le vice-président du Club de motoneige du comté de Champlain, François Massicotte, salue chapeau bien bas la ténacité des policiers. M. Massicotte connaît cet environnement sauvage comme sa poche. Chaque automne, il le sillonne en long et en large pour baliser et entretenir les sentiers de motoneige qui longent l'autoroute 40 Est, précisément à cet endroit, en prévision de la saison hivernale.

«D'un côté tu as du bois sale jusqu'à l'autoroute [un bois dense, non entretenu et où poussent pêle-mêle toutes sortes de végétaux], de l'autre bord tu as de la swamp [marécage]», formule-t-il. «Ce n'est pas une surprise, oui et non, que Cédrika ait été amenée là, parce que c'est un trou. C'est un cul-de-sac», témoigne-t-il.

«Si ça avait été en hiver, ça aurait été une autre affaire», croit M. Massicotte, en rapportant que durant l'hiver, des motoneigistes circulent quotidiennement sur cette portion de territoire, tout comme les amateurs qui s'y stationnent pour débarquer leur engin. «Probablement que s'il [le suspect] avait fait ça en hiver, on aurait vu des traces quelque part, on aurait vu quelque chose, par exemple une auto embourbée dans le sentier. En hiver, il y a de la vie ici.»

À une certaine époque, se rappelle M. Massicotte sur une autre note, nombreuses étaient les personnes qui utilisaient l'embouchure de la voie de Desserte comme dépotoir improvisé. «Les gens allaient jeter des vidanges là-dedans. C'était un vrai dépotoir à ciel ouvert. Encore aujourd'hui, il y a du monde qui viennent ici avec leur remorque et jettent leurs affaires.»

En 2007, Le Nouvelliste publiait un article où, effectivement, le chemin Bradley, situé quelques dizaines de mètres plus à l'ouest, était comparé à une décharge illégale. Bidons d'huile, jouets d'enfants, fenêtres cassées et gravats de culture de marijuana y pullulaient à l'abri des regards. Rien, en somme, pour faciliter le labeur des policiers.

Pluie de condoléances

Vendredi, quelques membres de la famille de Cédrika Provencher sont venus se recueillir, loin du tapage médiatique, alors que les témoignages de condoléances continuaient à s'accumuler, bien qu'en moins grand nombre que la veille et l'avant-veille.

Pendant que les policiers, en rang serré, ratissaient le sol à l'aide de sarcloirs, les peluches s'accumulaient avec respect à la sortie numéro 210 de l'autoroute 40 Est. Les mots de sympathie également, certains en provenance de Saint-Tite, Sainte-Thècle, Trois-Rivières, Québec. «Cédrika, tu n'es plus seule et perdue, tu es avec nous pour toujours. Je t'aime comme mes propres enfants. Le corps meurt mais l'esprit ne meurt pas. Il vont trouver ce malheureux tueur», peut-on lire sur l'un d'eux. 

Un souhait que partagent Viviane Careau et Claude Drolet, qui ont roulé de Portneuf pour saluer la mémoire de la fillette qui, malgré elle et dans le malheur, a été adoptée par tout le Québec.

«On est passé ici des centaines de fois... C'est terrible! Dire qu'elle était là...», soupire Mme Careau. «Si près d'une place où on passait plusieurs fois par semaine», renchérit son conjoint, en se disant touché par «la proximité» du crime. «C'est le fait aussi qu'on a des petits-enfants de cet âge-là.»

«J'espère qu'ils vont l'arrête le cr... d'écoeurant», lance Mme Careau, qui, visiblement, n'a pas l'habitude d'utiliser pareil vocabulaire.

Rappelons que toute information relative à cette enquête peut être communiquée, et ce, de façon confidentielle, à la Centrale d'information criminelle de la Sûreté du Québec, au 1 800 659-4264.

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