Cédrika Provencher

Retour sur une triste disparition

Depuis la disparition de sa petite-fille, Henri Provencher... (Photo: Émilie O'Connor)

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Depuis la disparition de sa petite-fille, Henri Provencher n'a jamais baissé les bras pour garder vivante la mémoire de Cédrika Provencher.

Photo: Émilie O'Connor

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(Trois-Rivières) Cédrika Provencher est disparue à l'été 2007 à l'âge de 9 ans. Elle aurait été vue pour la dernière fois précisément le 31 juillet, à 20 h 27. À 18 h, elle quittait son domicile pour aller rejoindre une amie dans son quartier paisible. Trois minutes plus tard, son vélo était retrouvé, abandonné contre une borne-fontaine. Depuis lors, aucune trace de la fillette, jusqu'au 12 décembre 2015.

À 19 h 15, le soir du 31 juillet 2007, des témoins auraient aperçu une voiture de marque Acura rouge mal stationnée en bordure de la rue. Son conducteur, un homme, en sortait et se rendait dans un boisé, d'où il ressortait au moment où Cédrika et sa petite amie passaient à proximité.

Dès le 1er août, la disparition de Cédrika Provencher entraînait une mobilisation monstre. En hélicoptère, en bateau ou à pied, une cinquantaine de policiers fouillaient le secteur. Quelque 175 bénévoles participèrent aux recherches. Le boisé situé près du poste d'Hydro-Québec, sur le boulevard des Chenaux, était fouillé au peigne fin. En après-midi, le vélo de la fillette était découvert derrière un conteneur à déchets sur la rue Dubé. Il sera déterminé plus tard que ce sont des jeunes qui l'y avait mis après l'avoir trouvé à l'angle des rues Chapais et Chabanel.

Le 2 août, les recherches se poursuivirent. Plus de 300 bénévoles affluaient sur les lieux. La Sûreté du Québec prenait la relève de la Sécurité publique de Trois-Rivières. Une trentaine d'enquêteurs travaillèrent sur ce dossier. La thèse de l'enlèvement était de plus en plus évoquée alors que les policiers continuaient d'affirmer que toutes les hypothèses demeuraient sur la table. L'inquiétude était palpable dans la population, la Ville révisait même à la hausse ses mesures de sécurité dans ses camps de jour.

Le 7 août, le nombre d'enquêteurs affectés à ce dossier passait d'une trentaine à une soixantaine. Six barrages routiers étaient érigés dans le quartier Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle dans l'espoir de dénicher de nouvelles informations. Le lendemain, quelque 200 bénévoles entreprenaient des recherches à la demande de la famille. Un site Internet sur la disparition de Cédrika était mis en ligne. En soirée, un large périmètre de sécurité était érigé dans un boisé au nord de la ville après la découverte de sous-vêtements d'enfants et de magazines pornographiques. Il s'agissait finalement d'une fausse piste.

Le 31 janvier 2008, une Acura rouge était saisie par la Sûreté du Québec. Toutefois, les expertises effectuées ne donnaient aucun résultat.

Toujours sans nouvelle, la famille Provencher faisait appel, le 9 juin 2009, à l'avocat Guy Bertrand pour recueillir des informations pouvant mener à la découverte de Cédrika. Ces information permirent de nouvelles recherches effectuées par des bénévoles dans un boisé de Trois-Rivières. En vain.

Le 25 juin 2010, la famille de Cédrika Provencher procédait au dévoilement d'une plaque commémorative située sur la Roseraie Cédrika Provencher, sur le boulevard des Chenaux à Trois-Rivières.

Le 10 août 2010, la Fondation Cédrika-Provencher voyait le jour, présidée par le grand-père de Cédrika, Henri Provencher. La Fondation souhaitait innover dans le domaine de la prévention des enlèvements d'enfants en plus d'assister et soutenir les familles qui vivaient un tel drame.

Le 31 juillet 2013, la Fondation Cédrika Provencher organisait la toute première Journée de prévention des enlèvements d'enfants. Même si une quarantaine de personnes se présentaient au parc Chapais de Trois-Rivières, la messe commémorative qui se déroulait en soirée au petit sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, avait tout de même rassemblé un peu plus de 200 personnes. Idem le 31 juillet 2015, où la population était conviée au parc Pie-XII dans le cadre de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants.

En juin 2015, la Fondation Cédrika Provencher mettait en branle Mobilisation Cédrika, c'est-à-dire «un protocole opérationnel, une stratégie d'intervention concertée et structurée en recherche de personnes disparues», notait alors le grand-père de Cédrika. 

Depuis sa création, la Fondation Cédrika Provencher n'a cessé de mettre en place des actions pour que la mémoire de la petite fille ne s'éteigne auprès du public: randonnée en moto, bijou en mémoire de la jeune Trifluvienne, outil de recherche pour personne disparue, soutien aux familles, spectacle équestre, chaîne humaine contre les enlèvements, vente de rosiers, activité de zumba, collecte de fonds au Grand Prix de Trois-Rivières, etc.

Enfin, en octobre 2015, le réalisateur Stéphan Parent tournait, à Trois-Rivières, un documentaire sur la disparition de Cédrika Provencher. Parmi les 350 informations qu'il a colligées pendant les semaines auparavant, la déclaration d'une personne originaire de la région pourrait, estimait-il, lancer les recherches policières sur une nouvelle piste et, espérait M. Parent, clore le dossier Cédrika Provencher avant que son documentaire ne paraisse sur les écrans en 2016.

Son souhait aura finalement été réalisé.

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