Denis Nadeau est débouté en appel

L'appel de Denis Nadeau, ce pédophile multirécidiviste qui a été condamné à une... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'appel de Denis Nadeau, ce pédophile multirécidiviste qui a été condamné à une peine de quatre ans de prison pour des crimes de pornographie juvénile, a été rejeté.

Même s'il s'agit de la peine la plus lourde imposée au Canada pour la possession d'un nombre peu élevé de fichiers, les trois juges de la Cour d'appel ont en effet conclu ce vendredi que sa sentence n'était pas inappropriée ou nettement déraisonnable. Ils estiment que le juge de première instance, Jacques Lacoursière, n'a pas commis une erreur de principe, omis de prendre en considération un facteur pertinent dans la détermination de la peine ou fait preuve d'une insistance indue à l'égard de l'un d'eux. C'est pourquoi la requête pour permission d'en appeler a été rejetée.

L'avocate de Nadeau, Me Karine Bussière, avait porté la sentence en appel sous prétexte que le juge Lacoursière n'avait pas tenu compte de la gravité objective du crime, qu'il s'était écarté de façon déraisonnable de la fourchette des peines en semblable matière et que le principe d'harmonisation des peines n'avait pas été respecté. Elle suggérait plutôt l'imposition d'une peine variant entre 18 et 24 mois, en rappelant entre autres que son client n'avait pas partagé les fichiers dans ce cas précis et que leur nombre était peu élevé.

Or, le procureur de la Couronne, Me Louis-Charles Bal, était plutôt d'un autre avis, suggérant même une majoration de la fourchette des peines en matière de crimes sexuels contre les enfants. Déjà, on sait qu'en juillet dernier, la peine minimale, qui était auparavant de six mois de prison pour la possession et l'accession à des fichiers de pornographie juvénile, est passée à un an. Il prônait donc le maintien de la sentence et le rejet de la requête compte tenu des nombreux facteurs aggravants dans cette affaire.

On sait que Nadeau, un homme avec un lourd passé judiciaire en matière de crimes sexuels, avait plaidé coupable en décembre 2014 à des chefs de possession et accession à du matériel de pornographie juvénile. En novembre 2013, lors d'une perquisition menée à son domicile, les policiers avaient saisi une clé USB contenant 35 fichiers montrant des fillettes de 3 à 12 ans victimes d'abus sexuels avec des adultes ou d'autres fillettes.

Dans la sentence rendue en juin 2015, le juge Jacques Lacoursière avait conclu que l'individu présentait un risque de récidive important et qu'il fallait l'encadrer à sa sortie de prison pour assurer la sécurité de la population, d'où la sentence de 48 mois de laquelle était soustraite sa détention préventive de 28 mois. Il avait également déclaré Nadeau délinquant à contrôler pour la période maximale, soit dix ans. Dans sa décision, il avait mentionné que même si le nombre de fichiers était de 35, leur contenu était particulièrement répugnant.

Nadeau compte de nombreux antécédents judiciaires. C'est d'ailleurs sa feuille de route et son profil qui ont joué en sa défaveur. En 2007, il avait écopé d'une peine de 12 mois pour possession de matériel pornographique juvénile, soit 8544 fichiers graphiques et 522 fichiers vidéos et neuf mois pour complot visant à commettre des attouchements sexuels sur une fillette de 12 ans. Il avait aussi été condamné à une peine de 18 mois dans la collectivité pour des agressions sexuelles commises sur deux mineures en 2005.

La Cour d'appel a pris soin de souligner que Me Bussière avait fait tout ce qui en était son pouvoir pour le défendre dans les circonstances mais que la peine était raisonnable.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer