Un ancien chef de police de Wemotaci coupable de délits de nature sexuelle

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L'ancien chef du service de police de la communauté atikamekw de Wemotaci, Jean-Paul Néashish, était accusé, entre autres, d'agressions sexuelles, d'atteinte à la pudeur, de grossière indécence, et de viol. Les infractions de nature sexuelle sur cinq victimes se seraient produites entre 1966 et 2006.

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(La Tuque) Un ancien chef du service de police de la communauté atikamekw de Wemotaci a été reconnu coupable de plusieurs chefs d'accusation, mercredi, au palais de justice de La Tuque. Jean-Paul Néashish était accusé, entre autres, d'agressions sexuelles, d'atteinte à la pudeur, de grossière indécence, et de viol. Les infractions de nature sexuelle sur cinq victimes se seraient produites entre 1966 et 2006.

En 1984, l'accusé aurait fait monter dans la voiture une femme de 26 ans, alors qu'il portait l'uniforme de policier de la réserve, pour l'amener dans un endroit isolé pour avoir une relation sexuelle complète.

Trois autres événements se seraient produits avec une autre victime dans les années 80. Il aurait, entre autres, procédé à l'arrestation d'une femme dans la vingtaine pour l'amener dans un endroit isolé et avoir une relation sexuelle complète.

D'autres événements seraient survenus avec une jeune fille alors âgée de moins de dix ans. Il aurait, lors d'un épisode, touché les seins et la vulve de la victime avec sa langue.

Une autre victime a également raconté des événements de 1966 qui continuent de la hanter encore aujourd'hui. Une cinquième victime, âgée entre 7 et 10 ans au moment des faits, a été forcée par l'accusé de toucher son pénis et de lui faire une fellation.

Durant les procédures judiciaires, l'accusé a nié avoir commis les infractions, malgré les deux déclarations faites aux policiers dans lesquelles il reconnaissait les faits.

«Il soutient que s'il a fait des déclarations aux policiers, c'est parce qu'il voulait mettre fin aux interrogatoires le plus tôt possible, mais aussi parce qu'il était en mesure de contredire chacun des détails entourant les récits des plaignantes», souligne le juge.

Le tribunal a mentionné qu'il avait constaté que la thèse offerte par M. Néashish était très surprenante.

Le juge Lacoursière a également soulevé une douzaine d'incohérences et d'invraisemblances dans le témoignage de l'accusé qui «ont raison de sa crédibilité».

«L'accusé fait la démonstration que son témoignage est cousu de fils blanc, incohérent, invraisemblable, non fiable et non crédible. Il a aussi déployé sans succès beaucoup d'énergie à tenter de diminuer la valeur probante des aveux faits aux enquêteurs», a souligné le juge.

«Au bout du compte, son témoignage permet au tribunal d'accorder une plus grande fiabilité et une plus grande crédibilité aux versions des plaignantes», ajoute-t-il.

Le tribunal s'en est donc remis à la version de la poursuite. Le juge a affirmé qu'il avait cru les témoins entendus qu'il a jugés crédibles et fiables.

«Il est manifeste qu'elles se souviennent très bien des agressions dont elles ont été victimes et la preuve dans son ensemble confirme leurs témoignages [...] Elles (les plaignantes) ont témoigné avec calme sans aucune agressivité tout en faisant montre d'un souci évident d'éclairer utilement le tribunal», peut-on lire dans le jugement.

Le juge a ordonné la confection d'un rapport de type Gladue, il s'agit d'un rapport prédécisionnel qui explique le contexte socio-économique de la communauté autochtone de l'accusé. Jean-Paul Néashish, qui est demeuré impassible lors de la lecture du jugement, reviendra devant le juge le 20 juin pour connaître sa sentence.

Son complice, un ancien chef de la communauté de Wemotaci, Marcel Boivin, lui aussi accusé d'agression sexuelle, reviendra pour sa part devant le tribunal en février. Lors de son témoignage dans le présent dossier, il a avancé que les accusations dont lui et l'accusé font l'objet étaient le résultat d'une vengeance exercée par la famille Chilton qui avait des opinions divergentes sur les questions qui concernaient le Conseil de la nation atikamekw.

Il faut dire que Marcel Boivin a été négociateur en chef pour le CNA jusqu'à son congédiement en 2009. Jean-Paul Néashish a également agi en tant que négociateur en chef intérimaire pour le CNA.

Le Conseil de la nation atikamekw a préféré ne pas commenter le dossier. 

Tout cela survient au moment où le gouvernement du Canada vient d'annoncer la mise en place d'une commission d'enquête nationale sur l'assassinat et la disparition des femmes autochtones. D'ailleurs au Québec, les premières nations réclament une enquête indépendante après les incidents de Val-d'Or qui ont été dévoilés au grand jour. 

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