Enquête du coroner sur le suicide de Ginette Poisson: elle voulait arrêter de souffrir

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Le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières.

Émilie O'Connor

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Souffrant d'une grave dépression et d'un trouble d'anxiété généralisé, Ginette Poisson en a eu assez de souffrir.

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Ginette Poisson

Elle a annoncé à sa soeur qu'elle allait mettre fin à ses jours le 5 octobre 2013 au matin. «Elle m'a dit au téléphone que c'était aujourd'hui que ça se terminait et m'a demandé si je la comprenais. J'ai essayé de l'empêcher. Je lui ai dit, entre autres, que j'irais la voir ce soir-là à l'hôpital, qu'on en parlerait mais elle m'a dit que je ne la comprenais pas et elle m'a raccroché la ligne au nez», a raconté en pleurs Nicole Poisson, dans le cadre de l'enquête publique du coroner sur la mort de sa soeur survenue au CHAUR.

Dans les heures suivantes, celle-ci a réussi à se faufiler aux toilettes pour se pendre après la poignée de porte.

Or, ses idées suicidaires remontaient à quelques semaines déjà. Elle en avait parlé ouvertement à plusieurs personnes. Le 2 octobre, elle avait tenu un discours semblable à sa soeur après avoir appris que le traitement d'électroconvulsivothérapie dans lequel elle fondait des espoirs allait être reporté. «Elle m'a dit qu'elle ne pouvait plus attendre et qu'elle voulait juste arrêter de souffrir», a ajouté Mme Poisson. 

Pourtant, elle a été décrite par sa famille comme étant une femme joyeuse et exubérante, mais en août 2012, son état s'est dégradé. Elle tremblait, parlait peu, et se frappait sur les jambes.

En juillet 2013, sa famille a réussi à la convaincre de se faire hospitaliser au CHAUR. Elle pouvait cependant bénéficier de congés temporaires bien que la famille déplore avoir eu peu d'explications sur les tenants et aboutissants de ceux-ci. 

Au cours du week-end des 21-22 septembre, elle en a profité pour acheter des médicaments. Elle aurait alors clairement manifesté ses intentions de se suicider à sa famille. Elle a été ramenée à l'hôpital le 22 septembre au soir et sa soeur a prévenu le personnel de son plan suicidaire et de la présence de médicaments mais en vain. Elle a fait une tentative de suicide.

Les audiences ont d'ailleurs permis d'apprendre qu'elle devait subir des traitements d'électroconvulsivothérapie, soit des életrochocs. Par contre, ces traitements ont été reportés. D'une part, la dernière utilisation de l'appareil remontait à 2008-2009. Les électrodes étaient périmés et le délai de livraison de ceux-ci étaient de trois semaines.

Martin Barolet, chef de service, a tenté de trouver des alternatives en contactant d'autres établissements mais en vain. Finalement, un autre délai a été imputé aux disponibilités des techniciens aptes à faire fonctionner l'appareil. 

D'autre part, cet événement et les plaintes formulées par la famille ont toutefois incité le CIUSS-MCQ à apporter plusieurs correctifs afin d'améliorer la sécurité de patients en psychiatrie, dont 96 % sont en vigueur à ce jour. Parmi ses améliorations, notons que les poignées de porte ont été changées et que la toilette où a eu lieu le drame est désormais barrée et utilisée par le personnel uniquement. 

Un patient, dont l'identité ne peut être dévoilée, a par ailleurs déploré la lenteur de l'intervention de l'agent de sécurité le 5 octobre.

À deux reprises, il l'avait informé que la porte de la toilette était barrée. Après 30 minutes, une intervention a été faite. «Je me suis reproché longtemps de ne pas avoir insisté», a-t-il confié.

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