Suicide à l'hôpital de Trois-Rivières: la famille veut des réponses

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«On tient à avoir des éclaircissements et des réponses à nos questions», a souligné Catherine Côté (au centre), la nièce de Ginette Poisson.

Stéphane Lessard

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une enquête publique du coroner a commencé, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières visant à éclaircir les causes et les circonstances du suicide de Ginette Poisson, survenu le 5 octobre 2013 au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR).

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Une enquête est en cours au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR).

François Gervais

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Ginette Poisson

D'emblée, le coroner Me Luc Malouin a rappelé que l'objectif n'était pas de trouver un coupable ou un responsable, notamment sur le plan civil, mais bien de savoir ce qui s'était passé et le cas échéant, de faire des recommandations pour améliorer les soins et les services.

Au cours de la journée, huit témoins ont défilé à la barre pour parler de leur travail en lien avec cet événement. Ils ont tour à tour été interrogés par le coroner, son procureur, un avocat du CIUSSS-MCQ, l'avocat des trois psychiatres et la fille de la victime, Élyse Granger. 

Outre une policière de la Sécurité publique de Trois-Rivières, on a surtout pu entendre des employés du CHAUR. Leur version des faits a permis d'en apprendre davantage sur le suicide de Mme Poisson. 

Cette dernière était hospitalisée depuis trois mois dans l'aile psychiatrique. Selon le personnel infirmier, Ginette Poisson était une femme triste, effacée, qui parlait peu et surtout, qui avait des idées noires régulièrement.

Deux semaines avant de se suicider, elle avait d'ailleurs fait une tentative en ingérant des médicaments qu'elle avait ramenés à l'hôpital à la suite d'un congé temporaire. Elle avait par la suite été transférée dans une chambre d'isolement. 

Le 5 octobre, personne n'a remarqué quelque chose d'anormal dans son comportement. Selon le personnel infirmier, des tournées sont d'ailleurs faites aux 30 minutes pour vérifier l'état des patients dans l'aile psychiatrique, dont celui de Mme Poisson. Il peut arriver qu'une surveillance soit faite aux 15 minutes mais pas dans le cas présent. Mme Poisson a été vue la dernière fois peu après 14 h par une infirmière auxiliaire qui distribuait des collations. 

Au cours de la demi-heure qui a suivi, un patient s'est plaint que la porte d'une toilette commune était barrée. Des démarches ont alors été faites pour l'ouvrir mais en vain. La clé ne fonctionnait plus. Selon un infirmier, on entendait un déclic mais la poignée en forme de bec de canard ne tournait pas.

Des membres du personnel, aidés des agents de sécurité, ont alors voulu défoncer avec leurs pieds mais la porte était trop solide. Le marteau et le tournevis ont également été inutiles; il a fallu finalement un pied de biche pour réussir à ouvrir cette porte, et ce, après une vingtaine de minutes d'efforts.

Ils ont alors découvert l'autre côté de la porte la dame, pendue après la poignée à l'aide d'un drap. Malgré les manoeuvres, elle n'a pu être réanimée. Son décès a été constaté à 15 h 50. Elle avait 58 ans.

La psychiatre Johanne Veilleux a pour sa part raconté que le 29 septembre, Mme Poisson avait voulu quitter l'hôpital mais qu'en raison de ses idées suicidaires (jugées actives et dangereuses), elle l'avait plutôt placée sous garde préventive en lui enlevant son droit de quitter l'hôpital pour au moins 72 heures. Elle lui avait aussi retiré certains privilèges.

Le coroner Me Luc Malouin a rappelé que... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Le coroner Me Luc Malouin a rappelé que l'objectif n'était pas de trouver un coupable ou un responsable, notamment sur le plan civil, mais bien de savoir ce qui s'était passé et le cas échéant, de faire des recommandations pour améliorer les soins et les services.

Stéphane Lessard

Certains points ont suscité certaines interrogations de la part du coroner notamment en ce qui concerne la présence de ciseaux dans l'aile. En effet, le drap qui a servi au suicide a été coupé et non déchiré.

Sur ce point, l'infirmière Marion Michelin a parlé de la tenue d'activités de groupe comme du bricolage pour occuper les patients. Ils auraient alors accès à des ciseaux dans une salle commune. Sans interdire la tenue de ces activités, le coroner s'est demandé s'il n'y avait pas lieu d'exercer un contrôle sur ces ciseaux. 

Les audiences vont se poursuivre jeudi avec le témoignage des membres de la famille entre autres. 

L'une d'elles, Catherine Côté, la nièce de Mme Poisson, s'est dite heureuse au nom de la famille de la tenue de cette enquête publique. «On tient à avoir des éclaircissements et des réponses à nos questions. On espère aussi qu'il y aura des recommandations pour venir en aide aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale afin d'éviter que ça ne se reproduise», a-t-elle mentionné.

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