Agression à Saint-Tite: huit mois de prison pour Jérémie Roy

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Jérémie Roy

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jérémie Roy devra purger une peine de huit mois de prison, assortie d'une probation de deux ans, pour avoir agressé Mathieu Grégoire au Festival western de Saint-Tite et pour des bris d'engagements.

À la sortie du tribunal, Mathieu Grégoire n'a... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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À la sortie du tribunal, Mathieu Grégoire n'a pas caché qu'il avait été déstabilisé par les excuses de Jérémie Roy.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

D'emblée, le juge Guy Lambert a cependant indiqué que la preuve n'avait jamais été faite que l'orientation sexuelle de la victime, Mathieu Grégoire, était en cause dans cet événement et qu'il ne pouvait donc la retenir comme facteur aggravant. Selon ce qu'il a retenu des témoignages et des déclarations, l'agression n'avait pas été préméditée. Il considère que la bataille était déjà engagée entre les deux jeunes hommes avant même que l'homosexualité de Mathieu Grégoire ne soit connue de l'agresseur. 

D'ailleurs, les audiences qui ont eu lieu, jeudi, au palais de justice de Shawinigan, ont permis d'en apprendre un peu plus sur les événements survenus cette fameuse nuit du 19 septembre à Saint-Tite. 

À la surprise de tous, le jeune boxeur de Chibougamau a en effet décidé de disposer de ses dossiers en plaidant coupable au chef de voie de fait causant des lésions corporelles. Jérémie Roy a en effet admis l'avoir frappé à deux ou trois reprises mais uniquement avec ses poings et non pas avec une bouteille de bière.

Pour lui, il s'agissait de légitime défense car c'est Mathieu Grégoire qui l'aurait pris à la gorge au tout début parce qu'il n'aurait pas apprécié qu'il siffle sa soeur. Il prétend avoir eu peur parce que celui-ci était plus grand et avoir réagi impulsivement. Qui plus est, ce n'est pas lui qui l'aurait traité de fif mais plutôt son ami qui l'accompagnait, Jessie Parent.

Par contre, les versions de la victime et de sa soeur sont différentes. Lorsqu'elles ont croisé Jérémie Roy et Jessie Parent, elles affirment que le ton a monté à la suite du sifflement. Puis, Mathieu Grégoire, qui avait consommé de l'alcool, aurait lancé à Jérémie Roy qu'il le trouvait chaud dans le sens de beau. Informé par sa soeur qu'il était homosexuel, Jérémie Roy aurait dit «Ark» pour ensuite le traiter de «fif» et lui asséner plusieurs coups avec une bouteille de bière. 

Devant ces versions contradictoires, le juge a conclu que la preuve avait été faite que Jérémie Roy l'avait frappé en employant une force plus grande que nécessaire, tel que le démontre son plaidoyer de culpabilité au chef de voie de fait causant des lésions. Notons qu'il y a eu un arrêt des procédures sur le chef de voie de fait armée. 

Il a tenu compte des blessures physiques infligées à la victime et du fait qu'il avait été grandement affecté sur un plan psychologique. Lors de son témoignage, Mathieu Grégoire a en effet parlé de son insécurité, de son insomnie, du stress qu'il vit encore, de ses difficultés au travail et de la perte d'estime de soi. Il prétend avoir même supplié son beau-père de le rendre hétérosexuel tant cette affaire avait bouleversé ses propres valeurs. 

D'un autre côté, le juge a aussi pris en considération les regrets exprimés par Jérémie Roy. Dans une lettre qu'il a lue à Mathieu Grégoire, il a clamé n'avoir rien contre son homosexualité. On sait que son père est lui-même homosexuel. Il a agi sans réfléchir et avoir décidé de plaider coupable le plus rapidement possible pour leur permettre à tous de tourner la page. «Sois fort. Tu as ta place comme tout le monde», a-t-il dit à Mathieu Grégoire tout en se disant désolé. 

Si ces regrets lui ont été profitables, ses antécédents judiciaires en matière de violence et ses bris d'engagements lui ont nui. Le juge Lambert l'a prévenu qu'à son jeune âge, il était à la croisée des chemins et qu'il devait admettre et régler son problème d'agressivité. 

C'est pourquoi il l'oblige à suivre une thérapie en lien avec sa problématique dans le cadre de sa probation après les huit mois de prison. Rappelons que la procureure de la Couronne, Me Laura-Élizabeth Trempe, réclamait 12 mois de prison alors que l'avocat de la défense, Me Alain Blanchard, demandait quatre à six mois.

À sa sortie du tribunal, Mathieu Grégoire n'a pas caché qu'il avait été déstabilisé par les excuses de Jérémie Roy. «Je le voyais comme un agresseur. Ses propos me sont entrés dedans. La preuve qu'il n'y a pas juste du méchant dans tout le monde. Je le répète: je n'en veux pas à lui mais à l'homophobie», a-t-il indiqué. 

Sur ce point, il maintient que cette agression est bel et bien reliée à son orientation sexuelle même s'il n'y a pas de preuve tangible et de préméditation. Il soutient également n'avoir jamais pris Jérémie Roy à la gorge. Il s'est malgré tout dit satisfait de la sentence. Quant à savoir s'il va lui pardonner, il a dit ne pas le savoir encore.

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