Valérie Poulin Collins: libération conditionnelle suspendue

Valérie Poulin Collins... (Archives, Sylvain Mayer)

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Valérie Poulin Collins

Archives, Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Commission des libérations conditionnelles du Québec a finalement mis un terme à la liberté de Valérie Poulin Collins, cette jeune femme qui avait kidnappé un bébé naissant au CHRTR le 26 mai 2014, sans pour autant la révoquer complètement.

On se rappelle que la jeune femme avait bénéficié d'une libération conditionnelle après avoir purgé 15 mois de prison, ce qui incluait sa détention préventive. Toutefois, elle avait l'obligation de résider à la Maison Carignan, et ce, 24 heures sur 24, pendant six mois pour se soumettre à une thérapie spécifiquement conçue pour elle. Le 8 septembre dernier, elle avait donc quitté la prison Tanguay pour intégrer la ressource mais le 27 octobre, la direction expulsait la jeune femme en raison de son comportement.

Le 12 novembre, elle a donc été convoquée par la Commission des libérations conditionnelles afin de statuer sur son sort. Dans un rapport dont Le Nouvelliste a obtenu copie, les commissaires n'ont pas dressé un portrait très reluisant de Valérie Poulin Collins sans pour autant fermer la porte à une éventuelle libération conditionnelle d'ici la fin de sa peine. D'emblée, il semble que la jeune femme n'a jamais réussi à s'adapter à la Maison Carignan. Malgré la disponibilité et la qualification des membres du comité multidisciplinaire qui s'occupait d'elle, Valérie n'était pas disposée à recevoir ce type d'intervention.

«Selon un rapport, on peut lire que votre état mental, les effets secondaires de la médication, les séquelles du traumatisme crânien, l'impulsivité et la tendance à faire du chantage lors de vos demandes auraient démotivé les intervenants dans votre dossier», ont mentionné les commissaires à la jeune femme.

Ils ont retenu le fait qu'elle était motivée au départ mais que dès la première semaine, sa motivation a été vacillante. À plusieurs reprises, elle aurait dit aux intervenants vouloir retourner en prison. De même, plusieurs fois par jour, elle a été rencontrée individuellement pour être recadrée.

La situation a dégénéré le 26 octobre. Elle a alors été mise en retrait en raison de ses comportements inadéquats et de son refus d'obtempérer aux directives. Elle a de nouveau réitéré son intention de quitter la Maison Carignan.

Le 27 octobre, on l'a informée qu'elle allait recevoir la visite de son psychiatre et de l'intervenant communautaire le lendemain. D'ici là, elle devait adopter un comportement irréprochable, ce qu'elle a accepté. À peine une heure plus tard, elle a quitté l'activité thérapeutique sans préavis et de façon impromptue pour se diriger en courant dans le bois derrière le centre avant d'être retrouvée quelques minutes plus tard. Elle a donc été expulsée de la Maison Carignan et retournée en prison.

Les commissaires ont ainsi noté qu'elle est une jeune femme souffrante, qui a besoin d'aide, qui cherche à changer ses comportements mais qui confrontée, tente de fuir ses responsabilités. Ils mentionnent aussi qu'en raison de sa problématique de santé mentale, elle n'est pas toujours en mesure d'évaluer à sa juste valeur les implications et les conséquences de ses gestes. Ils parlent même d'un cas complexe et exceptionnel. Toutefois, ils ont conclu qu'une révocation complète (ce qui l'aurait obligée à purger toute sa peine en prison) serait une mesure beaucoup trop draconienne. Ils ont donc opté pour la cessation de sa libération conditionnelle. Elle pourra faire une nouvelle demande advenant une modification significative de son dossier.

Rappelons que Valérie Poulin Collins avait été condamnée à une peine de 31 mois de prison, moins sa détention préventive pour un total de deux ans moins un jour, pour avoir enlevé un poupon. Sa peine prendra fin en décembre 2016.

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