Agression à Saint-Tite: la défense conteste la thèse de l'homophobie

Jérémie Roy... (Courtoisie La Sentinelle)

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Jérémie Roy

Courtoisie La Sentinelle

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'homophobie ne serait pas du tout à l'origine de l'agression armée dont a été victime Mathieu Grégoire le 19 septembre dernier au Festival western de Saint-Tite.

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Mathieu Grégoire 

François Gervais

Le père du jeune suspect dans cette affaire, Jérémie Roy, serait lui-même homosexuel. C'est ce qu'a annoncé,mercredi, son avocat Me Alain Blanchard au palais de justice de Shawinigan. «J'ai eu une bonne discussion avec mon client sur le caractère homophobe qu'on reproche à cet événement. Il m'a assuré clairement que cela n'avait rien à voir et d'ailleurs, il m'a appris que son père était homosexuel depuis 11 ou 12 ans», a-t-il déclaré. 

Jérémie Roy lui a également confié que l'homosexualité n'avait jamais été un problème pour lui. «Il n'a aucun ressentiment ou rancoeur à l'encontre des gens qui ont une orientation sexuelle différente de la sienne», a-t-il précisé. 

L'enquête sur détention de Jérémie Roy, qui devait avoir lieu mercredi, a d'ailleurs été reportée à lundi pour permettre au père du suspect, qui demeure à Chibougamau, de se présenter devant le tribunal pour parler en faveur de son fils. 

On sait que Jérémie Roy aurait tabassé à coups de bouteille de bière Mathieu Grégoire. Il fait face à des accusations de voies de fait armé et voies de fait causant des lésions. À ce sujet, Me Blanchard a invoqué l'ambiance qui règne au Festival western. «On sait tous comment ça fonctionne à Saint-Tite. Les gens consomment de la boisson, se promènent sur la voie publique. Quelquefois, les esprits s'échauffent rapidement mais mon client m'a confirmé que cela n'a rien à voir avec l'homophobie», a-t-il répété.  

Il entend d'ailleurs procéder à l'enquête sur caution pour tenter de faire libérer son client même si ce dernier a des causes pendantes à Chibougamau. «C'est possible de le libérer avec un bon encadrement. On parle ici d'un jeune homme qui a 20 ans. À cet âge, tous les espoirs sont permis», a-t-il ajouté. 

Rappelons que la victime a toujours affirmé que les coups avaient été portés après que le suspect l'eut insulté sur son orientation sexuelle en le traitant de «fif». Hier, Mathieu Grégoire a affirmé ne pas avoir changé son fusil d'épaule quant au caractère présumé homophobe de l'agression.

«Je le savais depuis quelques jours que le père de Jérémie Roy était homosexuel à la suite de discussions avec ses proches sur les réseaux sociaux. Quand j'ai appris la nouvelle, je suis d'ailleurs parti à rire. Pour moi, c'est le bout du bout! Ce gars-là a, selon moi, de la misère à accepter l'homosexualité de son père et c'est moi qui ai mangé la claque pour ça. C'est de la non-acceptation», a-t-il affirmé.

Si au départ, il disait ne pas être en colère contre le suspect, ses sentiments ont maintenant changé. «Je suis fâché. Je pense que je lui en veux. La façon dont il m'a regardé dans le box des accusés lundi n'a pas aidé non plus. Je souhaite que justice soit rendue», a-t-il déclaré. 

Il a avoué avoir été très bouleversé lorsqu'il a revu le visage du suspect lundi. «C'était important pour moi mais en même temps ça m'a viré sur le top. J'ai failli péter une crise d'angoisse. J'ai aussi revu les images de l'agression. J'ai de la peine, de la colère et de la peur», a-t-il conclu, tout en invitant les homosexuels à dénoncer les gestes homophobes et aller chercher les ressources nécessaires pour les aider.

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