Attouchements sexuels sur une fillette: Gilles Godin dit «avoir manqué de jugement»

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Les plaidoiries sur sentence dans le dossier de Gilles Godin se poursuivront le 27 janvier.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «J'ai fait une erreur et j'ai manqué de jugement. Des regrets, je vais en avoir toute ma vie. J'ai d'ailleurs très honte.»

C'est en ces termes que Gilles Godin, un ex-enseignant du Collège Laflèche, s'est adressé au tribunal, mardi, pour expliquer les gestes à caractère sexuel qu'il a commis sur une jeune fille pendant trois ans. L'homme de 64 ans était visiblement embarrassé lorsqu'il s'est présenté devant le juge Bruno Langelier dans le cadre des plaidoiries sur sentence. 

Rappelons qu'en janvier dernier, il a plaidé coupable à des chefs d'attouchements sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur une jeune fille. Il a admis les délits sur une période comprise entre juin 1997 à septembre 2000. La victime était alors âgée entre 10 et 13 ans. Cette dernière n'a aucun lien avec le travail qu'il occupait.

À raison d'une fois par semaine pendant ces trois années, il s'est donc livré à des attouchements sur elle, tels que des caresses et des gestes masturbatoires réciproques. Il a par contre réfuté toute fellation et a clamé qu'il n'y avait jamais eu de pénétration. Sur ce point, il a raconté que la victime lui avait déjà demandé pourquoi ils n'avaient pas de relations sexuelles complètes. Il avait dit que c'était parce qu'elle n'avait pas 18 ans.  

Selon ce qu'il a raconté mardi, les événements sont survenus dans une période de grande perturbation affective. La jeune victime était souvent collée sur lui et lui prodiguait beaucoup de câlins lorsqu'elle était en sa présence. Or, cette habitude s'est conclue par «une mauvaise décision et un manque de jugement» de sa part pour reprendre ses mots. 

À maintes reprises, il a affirmé que ces gestes ne faisaient pas partie de ses valeurs et qu'il en éprouvait de la culpabilité. Lorsqu'il a été contre-interrogé par le procureur de la Couronne Me Jean-Marc Poirier, il a mentionné ne pas avoir eu de désir pour finalement admettre qu'il avait éprouvé du plaisir. 

Il a d'ailleurs revu la victime à quelques reprises même après qu'elle soit devenue adulte sans pour autant aborder ce sujet. «J'aurais voulu lui dire que ce n'était pas de sa faute mais je n'ai pas trouvé la force», a-t-il ajouté. 

Une plainte a finalement été portée et il a été arrêté le 7 mai 2014. Dès lors, il a raconté avoir vécu l'horreur. Il est resté enfermé dans sa chambre pendant une semaine pour ensuite s'exiler dans une maison de campagne. Il a été congédié et a été dans l'obligation de vendre sa maison en raison de problèmes financiers. Il a ensuite pris part à un processus thérapeutique pour la première fois. 

Toujours à la demande de son avocat Me Jacques Larochelle, le psychologue Alain Perron est venu témoigner pour affirmer que Gilles Godin n'était pas un pédophile et que les gestes avaient été commis dans une situation de carence émotive. Son pronostic de récidive est très faible. 

Les deux filles de M. Godin de même que l'un de ses frères ont également témoigné en sa faveur. Tous l'ont décrit comme un père et un grand-père dévoués et attentionnés, un professionnel respecté et un homme qui avait toujours joué un rôle de pilier dans leur famille. Les plaidoiries sur sentence vont se poursuivre le 27 janvier.

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