Vol de sirop d'érable: Sébastien et Gaétan Jutras plaident coupable

Sébastien et Gaétan Jutras de Bécancour ont plaidé... (Photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Sébastien et Gaétan Jutras de Bécancour ont plaidé coupable à la majorité des accusations portées contre eux en lien avec le spectaculaire vol de sirop d'érable commis dans un entrepôt loué par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec à Saint-Louis-de-Blandford.

Photo: Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Comme prévu, Sébastien et Gaétan Jutras de Bécancour ont plaidé coupable, vendredi, à la majorité des accusations portées contre eux en lien avec le spectaculaire vol de sirop d'érable commis dans un entrepôt loué par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec à Saint-Louis-de-Blandford.

Sébastien Jutras a admis avoir comploté entre mai 2011 et octobre 2011 pour commettre ce vol, d'avoir ensuite volé du sirop entre août 2011 et juillet 2012 et enfin, d'en avoir fait le trafic. La juge Dominique Slater a ensuite entériné la suggestion commune de sentence proposée par les avocats au dossier, soit Me Julien Beauchamp-Laliberté à la Couronne et Me François Rioux à la Défense. Il a donc écopé d'une peine de pénitencier de 42 mois.

Son père a pour sa part plaidé coupable à un chef de vol et à un autre de trafic. Compte tenu de son implication moindre dans cette affaire, il devra purger 18 mois de prison dans la collectivité pour ensuite se soumettre à une probation pendant trois ans. Au cours des neuf premiers mois, il sera assigné à sa résidence 24 heures sur 24. Par la suite, il sera soumis à un couvre-feu entre 21 h et 6 h.

Quant à Line Pépin, elle a été libérée des infractions retenues contre elle.

Les plaidoyers de culpabilité de MM. Jutras a cependant permis de lever le voile sur ce vol considéré comme le plus important jamais réalisé au Québec puisque sa valeur dépasse les 18 millions $.

La Fédération des producteurs acéricoles avait loué un entrepôt à Saint-Louis-de-Blandford appartenant entre autres à Avick Caron pour y entreposer les barils de sirop d'érable, soit 16 224 barils de 45 gallons (ou 600 livres environ).

Comme l'a relaté Me Beauchamp-Laliberté, M. Caron, qui a justement été cité à procès jeudi pour sa participation au vol, aurait flairé la bonne affaire compte tenu de la très grande valeur du sirop d'érable. Il aurait donc sollicité les services de Sébastien Jutras, propriétaire d'une entreprise de transport. Il lui aurait notamment demandé de le mettre en contact avec quelqu'un capable de revendre le sirop sur le marché noir. C'est ainsi que par l'entremise de Sébastien Jutras, Avick Caron a rencontré au début de l'été 2011 Richard Vallières, l'un des principaux suspects dans cette affaire. Ils auraient alors convenu d'un prix : Caron obtenait 1100$ du baril. Or, une fois sur le marché noir, Vallières aurait revendu le sirop d'érable à raison de 2,30$ la livre selon la Couronne.

C'est ainsi qu'à partir du mois d'aout 2011, le vol des barils aurait commencé. Comme ils sont tous à usage unique, ils auraient été sortis de l'entrepôt la nuit, conduits par camions à d'autres endroits au Québec et au Nouveau-Brunswick pour y être vidés de leur contenu et ensuite ramenés à l'entrepôt de Saint-Louis-de-Blandford. Et pour ne pas éveiller les soupçons, on aurait notamment pris soin de remplacer le sirop par de l'eau.

Au fil des mois qui ont suivi, pas moins de 9571 barils sur les 16 224 qui se trouvaient dans l'entrepôt auraient ainsi été volés et emmenés dans une dizaine d'endroits différents prévus pour le transvidage. Dans certains cas, le sirop aurait même été bouilli avant d'être vendu par Richard Vallières.

Outre le fait d'avoir agi comme intermédiaire, Sébastien Jutras s'est occupé du transport de plusieurs de ses barils entre les entrepôts mais aussi chez des acheteurs aux États-Unis. Sur les quelque six millions de livres qui ont été volés, il a veillé au transport de 25% de ceux-ci. Richard Vallières lui aurait transféré dans ses comptes bancaires la somme d'au moins 521 000$ pendant la période délictuelle. Jutras s'est aussi chargé d'aller récupérer une peinture faite sur mesure qui copiait la couleur des barils de la Fédération afin de pouvoir les maquiller. Il a aussi fait calibrer des balances industrielles.

En ce qui concerne Gaétan Jutras, qui travaillait pour son fils, son implication a été plus limitée puisqu'il a fait cinq transports.

Par ailleurs, l'enquête préliminaire des co-accusés dans ce vol s'est poursuivie, vendredi, au palais de justice. Ils sont maintenant dix puisque Robert McLean a renoncé à son enquête au cours de la journée afin d'être cité à procès. Les audiences vont continuer lundi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer