Agression homophobe à Saint-Tite: un suspect épinglé à Chibougamau

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On voit ici Jérémie Roy lors de son passage au palais de justice de Chibougamau jeudi après-midi.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un boxeur amateur de Chibougamau a été arrêté par les policiers de la Sûreté du Québec en lien avec une agression armée survenue le 19 septembre dernier au Festival western de Saint-Tite.

Mathieu Grégoire ... (François Gervais) - image 1.0

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Mathieu Grégoire 

François Gervais

Jérémie Roy, 20 ans, aurait tabassé à coups de bouteille de bière Mathieu Grégoire tout simplement parce qu'il est gay. C'est du moins ce qu'avait soutenu la victime au lendemain de l'agression. Le suspect, qui est connu des policiers, a d'ailleurs comparu jeudi après-midi au palais de justice de Chibougamau pour faire face à deux chefs d'accusation, soit voies de fait armés et voies de fait causant des lésions. 

Or, comme il a déjà à son actif sept causes pendantes pour des infractions commises dans sa région, la Couronne a révoqué sa remise en liberté. Il demeurera donc détenu. Il sera amené à Shawinigan le 11 novembre pour sa comparution formelle. Notons qu'il a également des antécédents judiciaires en matière d'introduction par effraction, voie de fait et bris de conditions. 

Mathieu Grégoire marchait sur la rue à Saint-Tite avec sa soeur dans la nuit du 19 septembre. Selon sa version, ils ont croisé des inconnus en état d'ébriété qui auraient commencé à siffler la jeune femme.

Offusqué de ce comportement, M. Grégoire s'était retourné pour manifester son mécontentement à l'un des hommes, tout en lui avouant du même coup qu'il le trouvait beau ou plutôt «crissement chaud» pour reprendre son expression. Ce dernier l'aurait mal pris. Il l'aurait en effet traité de «fif» pour ensuite lui asséner plusieurs coups de bouteille de bière sur le visage et sur le corps. Pour la victime, il s'agit d'un acte purement homophobe. 

Heureusement, Mathieu Grégoire s'en est tiré avec un coquard à l'oeil, des ecchymoses et une légère commotion cérébrale. Jeudi matin, le jeune homme s'est dit heureux et soulagé d'apprendre l'arrestation de son présumé agresseur. 

«La Sûreté du Québec vient tout juste de me l'annoncer», a-t-il déclaré jeudi matin. Je suis content mais je dois avouer que je ne le réalise pas encore. Disons que j'avais pris une certaine distance par rapport à cet événement. Ce n'est pas que j'avais perdu espoir car je savais que

 l'enquête progressait bien. Il y a deux semaines, moi et ma soeur avions identifié l'individu sur une parade de photos», a-t-il mentionné. 

Il entend désormais suivre de près le processus judiciaire. «Je veux le revoir, j'ai besoin de lui revoir la face afin de pouvoir passer à autre chose parce que présentement, je me suis créé une sorte de barrière. Je n'ai aucune colère contre lui, je ne lui en veux pas mais j'en veux à l'homophobie en général», a ajouté le jeune homme. 

Présentement, il doit en effet vivre avec les conséquences de cette agression, surtout sur un plan psychologique en raison de sa commotion. Il souffre de fatigue et de beaucoup de stress.  

Le jeune homme de 21 ans a néanmoins fait l'objet d'une vague de soutien à la grandeur du Québec. Le 23 septembre, les élus de l'Assemblée nationale ont adopté à l'unanimité une motion qui condamne la violence qu'il a subie. Qui plus est, un zumbathon contre l'homophobie et l'intimidation organisé par la Fondation Jasmin Roy et le GRIS Mauricie/Centre-du-Québec doit aussi avoir lieu ce samedi à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Par ailleurs, l'organisation du Festival western de Saint-Tite via sa page Facebook s'est dite heureuse, hier, que «ce fâcheux incident soit en voie de résolution. Nous soulignons le bon travail des policiers de la Sûreté du Québec et rappelons que nous collaborons avec toutes les instances pour qu'à chaque événement la sécurité des festivaliers soit une priorité.»

Cette année, trois agressions étaient survenues dans le cadre du Festival western de Saint-Tite. Dans un premier temps, un jeune homme de 22 ans, Guillaume Pilon-Côté, avait été malmené le 12 septembre dans une ruelle par trois individus qui avaient fait main basse sur son portefeuille. 

Puis, le 18 septembre, Martin Caron s'était fait asséner un violent coup de pied au visage par un inconnu, ce qui avait causé sa chute sur le sol et une fracture du crâne. La victime avait passé quelques jours dans le coma. Il avait notamment fallu lui retirer une partie de la boîte crânienne à la suite d'une hémorragie au cerveau. Tout dernièrement, il a subi un greffe d'os mais des séquelles possibles sont toujours envisagées.

Enfin, le lendemain, c'était au tour de Mathieu Grégoire d'être assailli dans la rue.

 Sur ces trois agressions, la Sûreté du Québec a réussi à résoudre à ce jour deux d'entre elles. Dans le cas de Martin Caron, Marc-André Paquin, un individu de Lac-à-la-Tortue, avait été arrêté quelques jours plus tard. Sa cause a été reportée au 18 décembre. 

Dans le dossier de Mathieu Grégoire, la police a réussi à retracer un suspect, soit Jérémie Roy, après deux mois d'enquête. Pour les deux victimes, les informations du public auront été fort utiles.

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