Cause de Martin Gélinas: textos haineux, dépression et regrets

L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.... (François Gervais)

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L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des dizaines de textos, 84 en tout, dont 54 à la même personne, ont été envoyés à des cadres et employés de l'UQTR entre le 1er février 2013 et le 9 avril suivant par Martin Gélinas.

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 Le procureur de l'UQTR, Me Jasmin Marcotte et l'ancien vice-recteur intérimaire aux ressources humaines, Gilles Charland.

François Gervais, Le Nouvelliste

L'ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'Université l'a plaidé sur tous les tons, mardi: «J'étais en dépression profonde.» Il aura fallu une arrestation par les policiers, à Montréal, pour mettre fin à cette saga qui a mené cet ex-cadre supérieur tout droit à l'hôpital pour y recevoir des soins psychiatriques pendant plusieurs jours.

Mardi, Martin Gélinas a répété à plusieurs reprises qu'il n'a aucun souvenir de plusieurs de ces textos.

Certains sont carrément haineux à l'endroit de leurs destinataires. D'autres contiennent des affirmations qui ne pouvaient faire autrement que de monter certaines personnes les unes contre les autres. Des allégations insidieuses étaient en effet envoyées à des personnes avec copie conforme aux principaux intéressés afin de les confronter les uns aux autres.

Pressé de questions sur chacun des textos, l'ancien vice-recteur a fini par sortir une cassette: «Je ne peux pas nier les avoir écrits», répétera-t-il systématiquement. M. Gélinas s'est excusé tour à tour à chacune des personnes à qui il avait envoyé ces messages en précisant qu'il était désolé des inconvénients que cela a pu causer.

Visiblement exténué à la fin de la longue et pénible journée de témoignage, M. Gélinas a indiqué à la juge Lyne Thériault qu'il reconnaissait ses gestes et ses erreurs et qu'il lui semblait inutile d'éplucher l'ensemble de l'oeuvre pendant des heures encore. La juge lui a expliqué que l'UQTR doit faire sa preuve au complet pour lui permettre de rendre jugement.

«Est-il possible qu'on puisse interpréter ça comme quelqu'un qui cherche de l'aide?», a demandé M. Gélinas au tribunal.

Les textos aux pires contenus semblent en effet se situer juste avant son arrestation. «Je n'étais pas lucide», s'est défendu M. Gélinas.

Ce dernier a indiqué que n'eût été du contexte organisationnel à l'UQTR, il n'aurait jamais envoyé ces textos. M. Gélinas estime que l'UQTR n'a pas correctement réagi lorsqu'il s'est mis à vivre des problèmes au sein de l'institution. «Des problèmes à 5 sous deviennent des problèmes à un million $ quand on ne les corrige pas», a-t-il fait valoir.

Mais pour l'UQTR, le problème vient plutôt de l'attitude de M. Gélinas.

Me Marcotte a tenté de démontrer à la CRT, mardi, que M. Gélinas a causé du trouble pour lui-même en ne respectant pas les clauses d'une entente confidentielle signée entre lui et l'UQTR le 1er février 2013, jour où M. Gélinas a cessé de travailler pour cause de maladie.

Selon la preuve présentée par l'UQTR, M. Gélinas aurait violé à maintes reprises certaines clauses de l'entente confidentielle.

Il a notamment révélé à plusieurs personnes, via des textos et des courriels, qu'il a reçu une indemnisation financière et affirmait qu'il avait été harcelé alors que son entente disait le contraire. Curieusement, il mettait ses courriels en copie conforme à des hauts dirigeants de l'UQTR, comme le vice-recteur intérimaire aux ressources humaines, Gilles Charland et la présidente du conseil d'administration, dans ces années-là, Michèle Laroche.

L'UQTR affirme que l'entente signée le 1er février 2013 ne contient aucune admission par l'UQTR à l'effet qu'il y aurait eu du harcèlement à l'endroit de M. Gélinas. Or, on sait que M. Gélinas est devant la CRT notamment pour des plaintes de harcèlement psychologique qu'il dit avoir subi de M. Charland, de l'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali et de l'ancienne directrice des communications, Guylaine Beaudoin.

M. Gélinas a rappelé qu'il avait signé cette entente alors qu'il était en sévère dépression. Il a précisé, mardi, qu'il ne l'avait même pas lue avant de la signer. On se rappellera toutefois que dès le début du procès devant la CRT, la juge Thériault a statué sur le fait que les événements antérieurs à la signature de cette entente ne seraient pas pris en considération par son tribunal.

Dans les circonstances, M. Gélinas a fait valoir qu'il lui était difficile de plaider quelle était l'origine des dizaines de textos qu'il a envoyés durant sa période de maladie.

Me Marcotte a toutefois pris soin de démontrer au tribunal que M. Gélinas a continué de violer certaines clauses de l'entente bien après sa période de congé de dépression.

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