Prison à vie pour Kaven Sirois

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Le drame qui s'est joué le 11 février au matin sur la rue Sicard cause encore beaucoup de désespoir, de douleur et d'incompréhension chez les familles des victimes.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Kaven Sirois a été condamné, hier, à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans pour le triple meurtre survenu sur la rue Sicard à Trois-Rivières le 11 février 2014.

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Me Hippolite Brin, procureur de la Couronne, s'est dit satisfait de la décision du juge Bruno Langelier et tenu à remercier les familles pour leur soutien.

Olivier Croteau

Voici une photo de Kaven Sirois, captée de... - image 1.1

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Voici une photo de Kaven Sirois, captée de la vidéo de l'interrogatoire policier faite dans les instants qui ont suivi le triple meurtre.

Le juge Bruno Langelier a en effet conclu qu'une peine spécifique pour adolescents, qui consiste en six ans de garde fermée et quatre ans de suivi externe, ne serait pas suffisante pour qu'il se responsabilise face aux gestes posés et pour protéger le public. Il l'a donc assujetti à une peine pour adultes. Toutefois, comme il était mineur à l'époque, la libération conditionnelle sera possible après dix ans et non 25 ans. Et si l'on tient compte de sa détention préventive, il lui reste donc huit ans et quatre mois à purger avant de pouvoir demander cette libération conditionnelle.

Dans le box des accusés, le jeune homme, maintenant âgé de 18 ans, est demeuré imperturbable contrairement à sa famille qui a éclaté en sanglots. De leur côté, les familles et les proches des trois victimes n'ont pu contenir des larmes de soulagement en entendant le juge imposer la prison à perpétuité pour les trois meurtres prémédités. Comme Kaven Sirois a été condamné à une peine pour adultes, il est maintenant légalement possible de dévoiler son identité.

Dans une décision étoffée, le juge a rappelé que les gestes posés par Kaven Sirois sont certes les crimes les plus graves du Code criminel, mais le facteur aggravant déterminant de cette affaire demeure la planification et la préméditation dont il a fait preuve. Se sentant trahi et délaissé par la jeune fille qu'il aimait, l'adolescent, alors âgé de 16 ans, a en effet commencé à élaborer son plan macabre à l'automne 2013. Il a entraîné dans son projet de tuerie un autre adolescent, âgé de 17 ans. Il en a aussi parlé sur les réseaux sociaux et dans des messages textes. Il a entrepris des recherches pour trouver de la poudre à canon parce qu'il envisageait notamment de faire sauter une bombe dans l'école fréquentée par la jeune fille. Finalement, il a décidé de tuer celle qu'il aimait et l'amoureux de celle-ci, de torturer la mère de la jeune fille, d'incendier leur maison, de tuer les policiers qui voudraient les arrêter et, enfin, de se suicider. Pour ce faire, il avait pris soin d'emporter avec lui deux armes à feu, des munitions, des produits inflammables et des instruments de torture comme une râpe à fromage, du fil barbelé et du Tabasco.

D'ailleurs, le juge a noté que cette organisation vient démontrer qu'il est intelligent et qu'il dispose de bonnes capacités cognitives. Rien ne permet de croire, selon lui, que les deux jeunes hommes ont douté ou se sont interrogés sur l'issue de leur projet. Comme il l'a précisé, l'idée a germé et elle s'est bien enracinée. Jamais ils n'ont rebroussé chemin même si des occasions leur ont été offertes comme le bris de l'étui à guitare dans lequel les armes se trouvaient.

Une fois sur place, l'irréparable a ensuite été commis. «En 30 secondes, trois personnes ont été exécutées sans aucune discussion», a mentionné le juge Langelier. Il a d'ailleurs souligné le sang-froid dont les deux adolescents ont fait preuve en tirant une balle dans la tête des trois personnes qui se trouvaient dans la maison, soit la jeune fille, son amoureux et sa soeur.

Le tribunal a pris soin aussi de souligner l'impact que ce triple meurtre avait eu sur plusieurs victimes collatérales. Il a noté l'immense douleur persistante, vécue par les familles des victimes, leur désespoir profond et leur incompréhension.

Par ailleurs, les avocats de la défense Me David Guévin et Me Matthieu Poliquin avaient réclamé une peine pour adolescents sous prétexte que la culpabilité morale de Kaven Sirois était amoindrie par son trouble de personnalité limite. Plusieurs experts en psychologie et psychiatrie avaient d'ailleurs produit des rapports et témoigné lors des audiences sur la requête en assujettissement. Sur ce point, le juge n'a pas retenu leurs témoignages. Certes, il tient compte du fait que Kaven Sirois souffre d'un trouble de personnalité limite de modéré à sévère, d'un trouble de simulation et d'une dépendance aux stupéfiants. Il a aussi convenu qu'il doit être absolument traité, qu'une réhabilitation est possible pour traiter diverses problématiques comme sa difficulté à gérer ses émotions et que celle-ci pourrait se poursuivre à l'Institut Philippe-Pinel. Toutefois, elle sera longue et aucune garantie n'est offerte quant à l'avenir du jeune homme, et ce, même s'il s'implique présentement dans sa thérapie. 

Le juge a donc conclu que la peine devait être proportionnelle à la gravité du crime et à son degré de responsabilisation. Il restera maintenant à déterminer l'endroit où il purgera sa sentence. Le 11 janvier, les avocats reviendront devant le tribunal pour plaider sur le milieu de garde à privilégier. Les possibilités qui s'offrent à Kaven Sirois sont l'Institut Philippe-Pinel, une prison provinciale ou le pénitencier. 

À sa sortie de la salle d'audiences, le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, a indiqué: «La Couronne est satisfaite et remercie les familles pour leur support».

Quant à l'autre meurtrier, qui avait 17 ans au moment des faits, il a lui aussi plaidé coupable en juin dernier aux mêmes chefs d'accusation, soit les meurtres et les complots pour meurtre. Son retour en cour est prévu le 13 novembre pour déterminer la date des plaidoiries sur la peine.

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