Procès Turcotte: un trop-plein d'émotions, estime une psychiatre

Le procès de Guy Turcotte se poursuit.... (Archives La Presse Canadienne)

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Le procès de Guy Turcotte se poursuit.

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La Presse Canadienne

Le soir où il a tué ses deux enfants, Guy Turcotte était devenu incapable d'assumer un moment de plus la charge émotionnelle provoquée par les chocs en série dans sa vie, au point de devenir suicidaire, a fait valoir une psychiatre à son procès criminel.

«C'était comme un choc après l'autre», a expliqué Dominique Bourget, qui a entamé mercredi matin son analyse de l'état mental de l'homme accusé du meurtre de ses deux enfants en février 2009.

«Un verre qui est plein, et on le remplit, et on le remplit», a-t-elle illustré pour le bénéfice des 11 jurés.

Elle faisait ici référence à la séparation du couple, à la trahison provenant de l'infidélité de son épouse, surtout avec un ami, à son déménagement, au fait de voir moins souvent ses enfants et à sa perception selon laquelle un autre homme était en train de prendre sa place auprès d'eux.

Avec ces éléments de stress importants, un état dépressif s'est installé chez l'accusé, qui ne semble pas avoir réalisé la détérioration de son état mental, a noté la docteure Bourget.

Celle-ci a été appelée comme témoin expert pour la défense. Son rôle est crucial dans ce procès puisque l'accusé présente une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Mme Bourget a été reconnue par le juge André Vincent de la Cour supérieure comme experte en psychiatrie ainsi qu'en psychiatrie légale. Elle a notamment une spécialité en homicides intrafamiliaux.

Son mandat est de faire part de l'état mental de l'accusé au moment du double meurtre. Pour réaliser son expertise, elle a rencontré Guy Turcotte à deux reprises, en 2010, pendant qu'il était en détention, en plus de consulter de nombreux documents et dossiers médicaux.

Elle a déclaré que Guy Turcotte souffrait d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, avec des traits obsessifs-compulsifs, au moment du drame.

«Une maladie mentale majeure», a-t-elle écrit dans son rapport.

Guy Turcotte se trouvait en crise suicidaire aiguë, a-t-elle dit, «un état envahissant».

«La personne devient tellement emplie, obnubilée par la pensée suicidaire, qu'elle perd une certaine partie de sa réalité».

Il s'agit ici d'une maladie, et pas seulement d'une réaction émotive à un stress, a-t-elle précisé.

Guy Turcotte est accusé du meurtre d'Olivier, cinq ans, et d'Anne-Sophie, trois ans. Il a plaidé non coupable mais a reconnu avoir tué ses deux enfants.

L'accusé a témoigné la semaine dernière à son procès pour meurtre prémédité qui se déroule à Saint-Jérôme. Il a déclaré que le soir du drame, il a voulu s'enlever la vie et a bu du lave-glace  -qui contient du méthanol - dans ce but. Se voyant mourir, il a alors décidé d'emmener ses enfants avec lui, a-t-il déclaré.

«Il est clair que même à elle seule, l'intoxication au méthanol est susceptible de causer une perturbation du jugement et une altération de la conscience», a estimé la psychiatre.

Hochement de tête

L'un des jurés a demandé au juge, par note manuscrite qui lui a été transmise, si Guy Turcotte était médicamenté lorsqu'il a témoigné la semaine dernière et s'il comprenait l'impact d'une quelconque médication sur son témoignage.

Dans la salle de cour et en présence du jury, le juge s'est déclaré incapable de répondre à cette demande, la question n'ayant pas été posée à l'accusé pendant qu'il témoignait.

Mais Guy Turcotte, qui se trouvait dans le box des accusés a hoché de la tête en direction du jury, qui était en mesure de le voir, pour répondre par l'affirmative.

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