Impossible de déterminer la quantité de lave-glace

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Guy Turcotte a témoigné cette semaine pendant près de trois jours.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Il est impossible de déterminer la quantité de lave-glace qu'a bue Guy Turcotte avant de tuer ses enfants, ni le taux de méthanol qu'il avait alors dans le sang, a témoigné un expert au procès de l'homme accusé du meurtre des ses deux enfants.

L'expert en neuropharmacologie appelé par la défense a tenté vendredi d'expliquer aux 11 jurés l'effet qu'a eu sur l'accusé le lave-glace qu'il a bu.

Le professeur et chercheur Claude Rouillard a fait valoir que la consommation de lave-glace, qui contient du méthanol, un alcool toxique, peut entraîner des pertes de mémoire et de conscience.

Cette preuve est importante pour la défense, car l'accusé dit ne pas avoir souvenir de tout ce qui s'est passé le soir du 20 février 2009 - ni comprendre tout ce qu'il a fait - lorsqu'il a poignardé à mort ses jeunes enfants Olivier et Anne-Sophie.

Guy Turcotte a témoigné qu'il a bu du lave-glace pour s'enlever la vie. Puis, il a décidé «d'emmener ses enfants avec lui», a-t-il déclaré au jury plus tôt cette semaine.

Le témoignage de l'expert Rouillard a souvent pris l'aspect d'un cours de chimie 101 quand il a expliqué l'effet du méthanol sur le cerveau.

En contre-interrogatoire, l'un des avocats de la Couronne, René Verret, a remis en question son expertise sur le méthanol ainsi que sa crédibilité.

Il lui a demandé s'il avait déjà lu sur cette substance avant le 15 septembre 2015 ou témoigné dans un procès au sujet du méthanol, ce à quoi le témoin expert a répondu par la négative.

«J'ai lu depuis le 15 septembre, avant cela, je ne me suis pas intéressé au méthanol», a convenu le témoin.

En fait , il base en bonne partie ses affirmations sur les recherches faites sur l'éthanol, l'alcool contenu dans le vin et la bière. Selon lui, l'éthanol et le méthanol sont similaires dans leurs effets parce qu'ils appartiennent à la même classe pharmacologique.

L'expert a convenu qu'il n'y avait pas d'études scientifiques réalisées sur le méthanol. Puisqu'il s'agit d'un alcool toxique et mortel, pas moyen de trouver des sujets humains volontaires pour participer à une étude clinique.

Puis, pressé de questions en contre-interrogatoire, M. Rouillard finira par dire qu'il n'est pas possible de déterminer le taux de méthanol dans le sang de Guy Turcotte avant et au moment où il a tué ses enfants. Il manque trop d'informations pour le déterminer.

Vendredi, l'expert Rouillard a témoigné que le taux de méthanol de l'accusé dans son sang, calculé à 12 h 27 au lendemain du drame, était la concentration la plus faible qu'il a eue dans son corps.

À ce moment, il était de 310 mg de méthanol dans 100 ml de sang. Une grosse concentration et une dose mortelle, a témoigné la toxicologue Anne-Marie Faucher.

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