Une nouvelle piste dans l'affaire Cédrika?

Marc Perron... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Marc Perron

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'il n'existe aucune preuve, l'avocat Marc Bellemare n'exclut pas la possibilité que Marc Perron, l'homme qui aurait agressé une adolescente avec une masse la semaine passée à Trois-Rivières, pourrait être relié à la disparition de Cédrika Provencher.

Henri Provencher connaissait l'existence de Marc Perron, celui... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Henri Provencher connaissait l'existence de Marc Perron, celui qui est soupçonné être le chambreur dans le documentaire Novembre 84

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«À l'époque, il venait de s'installer à Trois-Rivières. Il demeurait donc à proximité de l'endroit où Cédrika est disparue. Ce n'est pas une preuve, mais cet homme a un très lourd passé judiciaire et il est manifestement dangereux. Il existe peut-être même des crimes qui ont été commis et pour lesquels il n'a pas été accusé», a-t-il déclaré jeudi matin au Nouvelliste

Marc Bellemare est d'ailleurs l'avocat qui représente maintenant les intérêts de la jeune fille de 14 ans qui a été assaillie par le suspect Marc Perron, sur la rue Laviolette. Il précise à ce sujet qu'il entend lui apporter l'aide juridique dont elle aura besoin dans cette affaire. «Je vais l'aider dans ses démarches auprès de l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) et pour un éventuel recours civil. Elle sera guidée également sur la façon de se comporter en cour lorsqu'elle sera appelée à témoigner.»

Il comprend mal pourquoi le ministère public n'a pas porté une accusation de tentative de meurtre contre Marc Perron à la suite de l'agression à la masse. Celui-ci est en effet accusé de voies de fait graves, séquestration, voies de fait armés et possession de cannabis. «Quand on me parle de la notion d'intention qu'il faut prouver pour porter cette accusation, j'estime pour ma part qu'elle est assez évidente pour tout le monde», a précisé Me Bellemare.

Interrogé à savoir s'il avait accepté ce mandat auprès de la présumée victime, Nathasha, en raison du lien possible qui unirait son agresseur à celui de Cédrika Provencher, il a répondu par la négative.

Il n'en demeure pas moins que l'avocat et ancien ministre de la Justice s'est impliqué grandement dans le documentaire Novembre 84, réalisé par Stéphan Parent et portant sur les enlèvements et les meurtres de huit enfants dont celui de Cédrika en juillet 2007.

On y fait notamment un lien entre la disparition de la fillette de neuf ans et le fait que le suspect principal, surnommé le chambreur, habitait à Trois-Rivières au moment où la disparition a eu lieu. 

Sur ce point par contre, d'autres informations laissent croire qu'il ne demeurait pas à Trois-Rivières mais plutôt à Shawinigan.

Selon Stéphan Parent, Marc Perron est un psychopathe qui ne devrait pas être en liberté. «C'est une bombe à retardement. Il y a quelques années, son agent de probation estimait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne récidive. Nous en avons la preuve aujourd'hui. C'est un danger public», a-t-il mentionné. 

Toujours selon M. Parent, et ce, à la lumière des recherches qu'il a effectuées pour son documentaire, Marc Perron aurait déjà été soupçonné de crimes sexuels et de meurtres, dont celui du petit Maurice Viens en 1984. «Il n'y a pas de preuve, c'est vrai, mais à chaque fois que ce suspect demeurait dans un secteur, un enfant disparaissait. Dans le cas de Cédrika, il faut demeurer prudent et ne pas mettre la charrue avant les boeufs, j'en conviens, mais compte tenu de son passé judiciaire, du fait qu'il demeurait à moins de dix minutes du lieu où des enfants sont disparus, on se demande s'il s'agit seulement de coïncidences», a-t-il ajouté. 

Henri Provencher demeure prudent

Henri Provencher, le grand-père de Cédrika, savait déjà pour sa part que Marc Perron était considéré comme un suspect. «La différence aujourd'hui est que son nom est maintenant connu avec la sortie de Marc Bellemare. Les policiers sont censés avoir fait leurs vérifications de ce côté. Il est tout de  même aberrant de voir que des gens comme lui sont en liberté», a-t-il indiqué. 

Cependant, M. Provencher ne peut présumer que Marc Perron serait l'auteur de la disparition de sa petite-fille. «C'est difficile à dire car il y a d'autres personnes d'intérêt comme l'homme à l'Acura rouge», a-t-il ajouté. 

Notons par ailleurs que la Sûreté du Québec a refusé jeudi de commenter. 

Marc Perron a un lourd passé judiciaire. En 1995, il avait également été impliqué dans une affaire de voies de fait armés, de séquestration et de menaces sur une personne mineure pour lesquels il avait fait des travaux communautaires. En 1996, il avait été condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison pour une affaire d'attouchements sexuels sur une mineure. En 2010, il avait écopé d'une peine de 20 mois de prison pour des attouchements sexuels sur un garçon de 11 ans. 

Marc Perron sera de retour devant le tribunal ce vendredi en lien avec l'agression à la masse du 13 octobre. La défense devrait cependant renoncer à la tenue d'une enquête sur caution de sorte qu'il demeurera détenu pour le reste des procédures judiciaires.

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