Guy Turcotte présentera une défense de non responsabilité criminelle

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Guy Turcotte

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Guy Turcotte a débuté son témoignage à son procès pour meurtre de ses deux enfants, et il présentera une défense de non responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

L'homme de 43 ans a commencé à relater lundi matin sa vie, son enfance et sa rencontre avec Isabelle Gaston, la mère des enfants assassinés, à son procès qui se déroule depuis la mi-septembre au palais de justice de Saint-Jérôme.

Par cette défense de non responsabilité criminelle, il tentera d'éviter de se faire déclarer coupable de meurtre et de se retrouver derrière les barreaux.

Me Pierre Poupart, l'un des avocats de l'accusé, a fait une déclaration d'ouverture au jury, d'environ 30 minutes, pour expliquer la théorie de la défense.

Il a ainsi annoncé qu'il fera entendre des témoins ainsi que des experts, soit des «médecins spécialisés dans l'exploration de ce qui se passe dans le cerveau».

«Pas des mercenaires de Guy Turcotte, des experts», a insisté Me Poupart.

«Ils vont parler de crise suicidaire aiguë». Un état dans lequel Guy Turcotte a été entraîné en raison de sa maladie mentale, a-t-il ajouté.

Il a dit aux 11 jurés qu'ils devront décider s'il était dans un tel état de détresse psychique. Et qu'il tentera d'établir que sans cet état mental, il n'aurait jamais causé la mort de ses enfants.

Alors que la Couronne doit démontrer que l'accusé est responsable du crime hors de tout raisonnable, il a souligné que la défense n'a qu'à prouver l'existence par «prépondérance de preuve», d'une défense de non responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Un fardeau de preuve moins difficile.

Me Poupart a rappelé aux jurés qu'ils devront juger sur la preuve, pas sur leurs émotions.

Il leur a dit de ne pas laisser personne dicter quoi faire à leur conscience car ils sont mieux placés que quiconque pour prendre une décision.

«Rares sont les êtres humains au Québec qui connaissent désormais cette affaire aussi bien que vous».

«Le fait de condamner une personne non criminellement responsable ébranlerait les fondements du droit et porterait atteinte à l'intégrité du système judiciaire», a déclaré Me Poupart, car «il serait horrible d'être condamné pour des gestes qui ne sont pas des gestes d'une personne saine d'esprit».

Me Poupart a fait plusieurs mises en garde au jury, notamment qu'il y avait encore des choses pénibles à venir.

Selon lui, personne ne peut être insensible aux faits de cette affaire, y compris l'accusé lui-même.

Il leur a aussi demandé de ne pas oublier que «les enfants victimes de cette tragédie étaient aussi ses enfants».

Jusqu'à maintenant, Guy Turcotte a parlé de son enfance, lors de laquelle il dit avoir été victime de railleries et d'intimidation et avait peu d'amis. «J'étais un peu le bouc émissaire», a-t-il dit.

Il témoigne la tête baissée, d'une voix morne, sans regarder le jury. Il semble nerveux.

Après avoir relaté ses études de médecine, il a raconté sa rencontre avec Isabelle Gaston et leurs débuts difficiles en tant que couple, avec beaucoup de détails. Une rupture a lieu en 2001, après de nombreuses chicanes et ce qu'il décrit comme les «crises» d'Isabelle. Le couple a ensuite recommencé à faire vie commune.

Il a relaté par la suite, avec beaucoup d'émotion, leurs fiançailles, en mars 2001.

Guy Turcotte a admis avoir causé la mort d'Olivier, cinq ans, et d'Anne-Sophie, trois ans, en 2009. Il a toutefois plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre qui ont été portées contre lui.

Le témoignage de Guy Turcotte se poursuit lundi après-midi et pourrait durer quelques jours.

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