Agression à coups de masse: Marc Perron comparaît

Marc Perron... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Marc Perron

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Marc Perron, un homme de 56 ans au lourd passé judiciaire, a comparu jeudi matin, au palais de justice de Trois-Rivières, en lien avec l'agression armée perpétrée contre une adolescente de 14 ans mardi soir dernier face au Séminaire Saint-Joseph sur la rue Laviolette.

Il a été formellement accusé de voies de fait graves, séquestration (avoir saisi de force), voies de fait armés et possession de cannabis. Lors de sa comparution, il n'a manifesté aucune émotion particulière, se contentant de regarder le juge.

La victime, qui se trouvait dans la salle en compagnie des membres de sa famille et de proches, était pour sa part bouleversée en voyant le visage de Marc Perron. À sa sortie de la salle d'audiences, elle n'a pas voulu parler aux médias immédiatement afin de reprendre ses esprits.

Plus tard, elle a cependant confié au Nouvelliste avoir éprouvé beaucoup de haine contre cet homme. Surtout quand elle a vu son visage. «C'était comme s'il avait juste volé un paquet de gomme. J'aurais aimé qu'il ne sourit pas», a-t-elle ajouté. Pour elle, le fait de voir son visage à la lumière a ravivé l'attaque dont elle a été victime. «Je l'imaginais me frapper encore.»

Rappelons que mardi soir, vers 19 h 50, l'adolescente de 14 ans circulait sur la rue Laviolette. Constatant qu'un inconnu la suivait, elle a fait un pas de côté pour le laisser passer, mais il l'a plutôt agrippée et lui a asséné plusieurs coups de masse. La jeune fille a fait semblant d'être morte afin qu'il cesse de la frapper mais voyant qu'il n'arrêtait pas, elle a crié. Un voisin est finalement intervenu, ce qui a fait fuir l'agresseur. Le lendemain avant-midi, le suspect était arrêté.

La procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, s'est objectée à la remise en liberté du suspect non seulement en raison de la nature des accusations mais également en raison de ses antécédents judiciaires et du risque de récidive qui apparaît plutôt élevé. «Il a des dossiers de nature sexuelle contre des mineurs et il venait juste de terminer une probation», a-t-elle précisé.

Son avocat Me Yvan Braun a pour sa part demandé à ce que l'enquête sur caution soit reportée pour la forme au vendredi 23 octobre pour lui laisser le temps de prendre connaissance de la preuve. Par contre, il n'a demandé aucune évaluation psychiatrique sur son aptitude à comparaître, ce qui laisse croire que le prévenu est conscient des accusations portées contre lui.

On ignore pour l'instant si Perron a des antécédents psychiatriques. Sur le plan de la justice, on sait qu'il n'a jamais été déclaré criminellement non responsable.

Toutefois, il compte de graves antécédents judiciaires. Les plus récents remontent en 2010 pour des attouchements sexuels sur un garçon de 11 ans. Il avait alors écopé d'une peine de 20 mois de prison (17 mois dans les faits en raison de sa détention provisoire) et d'une probation de trois ans au cours de laquelle il ne pouvait se trouver en présence de jeunes de 16 ans et moins. Or, lors de l'agression perpétrée mardi soir, sa probation était terminée de sorte qu'aucune accusation ne pourra être portée contre lui à ce niveau.

De plus, Marc Perron ne peut pas se trouver sur les terrains d'une école ou d'une garderie en vertu de l'article 161, et ce, pour le reste de ses jours. Or, le délit est survenu «face» à l'école.

Enfin, il est bel et bien inscrit au Registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans, mais il n'a pas contrevenu aux obligations de celui-ci qui est notamment de fournir son adresse.

En 2010, un rapport sexologique avait par ailleurs conclu que cet homme n'était pas un pédophile. Et pourtant, en 1996, il avait été condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison pour une affaire d'attouchements sexuels sur une mineure. En 1995, il avait également été impliqué dans une affaire de voies de fait armés, de séquestration et de menaces sur une personne mineure pour lesquels il avait fait des travaux communautaires.

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