Un documentaire sur Cédrika pourrait apporter de nouvelles pistes

L'équipe du réalisateur Stéphan Parent était de passage... (Photo: courtoisie: Stéphan Parent)

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L'équipe du réalisateur Stéphan Parent était de passage à Trois-Rivières en fin de semaine pour tourner des images du documentaire intitulé Cédrika et dont la sortie est prévue en 2016.

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(Trois-Rivières) Lorsqu'il a tourné les premières images de son documentaire sur la disparition de Cédrika Provencher, le réalisateur Stéphan Parent ne se doutait pas que son projet allait délier les langues de témoins potentiels. Au point où, parmi les 350 informations qu'il a colligées depuis quelques semaines, la déclaration d'une personne originaire de la région pourrait lancer les recherches policières sur une nouvelle piste et, espère M. Parent, clore le dossier Cédrika avant que son documentaire ne paraisse sur les écrans en 2016.

Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher.... - image 1.0

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Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher.

Plus de huit ans après l'enlèvement de la petite Cédrika sur la rue Chapais à Trois-Rivières, des informations de dernière heure pourraient permettre d'en apprendre davantage sur l'identité du kidnappeur de la petite fille alors âgée de 9 ans. Du moins, c'est ce qui ressort d'une entrevue réalisée par Stéphan Parent et son équipe de tournage. Un témoignage jugé crédible par le réalisateur d'expérience.

«Nous avons rencontré une personne qui nous a dit que depuis huit ans, elle tenait sa langue. Cette personne nous a fait une déclaration, tout a été enregistré, tout a été filmé. Nous avons mis les policiers au courant, car nous ne sommes pas des procureurs. Ce sont donc les policiers qui vérifieront tout ça, voir si ces informations sont crédibles», note M. Parent.

«En ce qui nous concerne, nous avons discuté avec la personne et nous avons fait des vérifications pour s'assurer que ce n'était pas quelqu'un qui voulait simplement de l'attention. Mais comme on jugeait que cette personne avait des informations vraiment pertinentes, nous sommes allés de l'avant», ajoute M. Parent, qui estime qu'à la lumière du témoignage recueilli, la dite personne pourrait avoir été en contact direct avec le kidnappeur.

«Ça va très loin», admet le réalisateur. «Nous, on peut aller jusqu'à un certain niveau, et quand on se dit oups, ça peut être délicat, nous transférons ça à la police.»

Un témoignage d'autant plus à-propos qu'à son avis, les informations fournies par cette personne apporteraient de l'eau nouvelle au moulin des policiers, informations dont ils n'auraient pas eu vent jusqu'alors. Tellement crédible, en fait, que les enquêteurs l'auraient par la suite interrogée, un détail qui n'a pu être confirmé par les forces de l'ordre au moment de mettre sous presse.

«De toutes les informations que nous avons colligées, il y en a de très, très, très intéressantes», poursuit M. Parent, qui a exclu de facto celles en provenance de voyants et autres enquêteurs du surnaturel. «Nous n'en demandions pas tant. C'est sûr qu'on souhaitait que notre travail apporte des éléments nouveaux, que des langues se délient, et elles commencent à se délier... Tant mieux si ça peut amener quelque chose de positif! Nous, on ne prétend pas détenir la clef ou la réponse à tout ça, mais si ça peut amener des gens à se réveiller, à décider de parler, eh bien ça sera déjà ça de gagné.»

De passage à Trois-Rivières en fin de semaine pour tourner des séquences sur les lieux du drame, M. Parent admet que les informations qu'il a recueillies vont bien au-delà de ses espérances. Non pas ses espérances de réalisateur, mais plutôt celles du citoyen qui appelle de ses voeux une nouvelle pierre à l'édifice Cédrika Provencher, un citoyen touché par le drame vécu par la famille Provencher et qui souhaite que son entreprise cinématographique apporte un morceau supplémentaire à ce casse-tête. Dans le meilleur des mondes, estime-t-il, son documentaire permettra aux policiers de mettre la main au collet du kidnappeur, rendant caduque la diffusion de son oeuvre.

«Si les policiers nous devancent et arrivent à un dénouement, tant mieux. Dans le fond, moi, j'aimerais ne pas sortir mon film parce que le dossier de Cédrika est résolu. Je vais être le premier heureux», mention ne M. Parent. «Nous, on fait ça avec notre coeur parce qu'on y croit. On croit qu'on peut amener quelque chose de positif là-dedans. Peut-être qu'en bout de ligne ça ne donnera rien, ça se peut, il faut garder ça à l'esprit, mais si on arrive à faire avancer l'enquête d'un pas, ce sera déjà un pas de gagné. Ce que je peux dire, c'est qu'on a appris de nouvelles informations que même la famille ignorait», conclut M. Parent en assurant être en contact régulier avec le père de Cédrika, Martin Provencher.

Henri Provencher garde espoir

Le grand-père de Cédrika Provencher n'a jamais perdu espoir. L'homme est un battant, un persévérant qui ne manque pas une occasion de diffuser la photo de sa petite-fille. S'il dit ne pas connaître les détails répertoriés par l'équipe de tournage de Stéphan Parent, Henri Provencher croit que ce nouveau chapitre incitera davantage de personnes à exprimer leurs souvenirs à qui de droit.

«C'est le réalisateur qui reçoit les informations. Maintenant, est-ce qu'il est au courant de toutes les informations que la police a eues ou que nous avons eues, je ne sais pas, nous n'en avons pas discuté. On ne se met pas nécessairement au courant», souligne M. Provencher.

Chose certaine, celui qui a mis sa vie en veilleuse pour s'occuper de la Fondation Cédrika Provencher considère que la pire chose qui pourrait arriver, c'est le silence. Il se réjouit donc si l'entreprise de M. Parent participe à délier les langues.

«C'est une nouvelle façon d'amener des informations que, peut-être, les gens n'ont pas. Ça peut faire surgir de nouvelles informations que les gens ne considéraient pas utiles. Tous les moyens sont bons, selon moi, pour aller chercher l'information», mentionne M. Provencher. «Ce qu'il faut combattre, c'est le silence. Le mutisme, ça ne mène nulle part.»

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