Les parents de Martin Caron espèrent que justice sera rendue

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Suzanne Lapierre et Émilien Caron, les parents de Martin Caron qui a été plongé dans le coma après avoir été tabassé lors du Festival western de Saint-Tite, espèrent que justice sera rendue.

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(Trois-Rivières) La mère de Martin Caron n'est pas prête à pardonner à l'homme qui a violemment agressé son fils dans la nuit du 18 au 19 septembre au Festival western de Saint-Tite. Trop tôt, laisse-t-elle entendre. Même si Martin Caron est sorti du coma et prend du mieux au compte-gouttes, Suzanne Lapierre n'en démord pas: son fils, comme personne d'ailleurs, ne mérite de vivre pareille violence gratuite.

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Martin Caron 

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Lorsqu'elle a appris que son fils Martin reposait entre la vie et la mort après avoir reçu un coup de pied au visage et s'être fracassé le crâne contre l'asphalte, Mme Lapierre profitait d'une croisière dans les îles grecques avec son mari. Le premier voyage que le couple s'offrait en amoureux. Malgré de multiples démarches pour rentrer au pays dans les plus brefs délais, rien n'y fit: Suzanne Lapierre et Émilien Caron étaient condamnés à poursuivre leur voyage. Une condamnation, littéralement, car même les beautés des îles ne parvenaient pas à leur faire oublier le malheur qui venait de frapper leur famille de plein fouet.

«On n'était pas capable de revenir. On a tout essayé, mais on n'était pas capable de revenir tout seul», indique la résidente de Rivière-du-Loup, où elle dirige une résidence pour personnes âgées, cumulant des tâches d'infirmière auxiliaire dans un centre de soins palliatifs.

Le couple Lapierre-Caron est arrivé à Trois-Rivières dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Aussitôt descendus de l'avion, Suzanne et Émilien n'ont pas perdu une minute et se sont dirigés prestement au centre hospitalier régional de Trois-Rivières où leur fils émergeait tranquillement d'un autre monde. Les Lapierre-Caron connaissent bien la région. En effet, Martin a participé pendant une douzaine d'années à la Classique internationale de canot. Le sportif pagayait dans l'équipe des As du piano. Un homme doux, affable du haut de ses six pieds deux pouces, loin du gaillard querelleur qui cherche les pépins.

«On ne pourra jamais comprendre ce qui est arrivé, car Martin n'a jamais été un colérique, ni un batailleur. Ce n'est pas le type de gars qui pourrait provoquer des choses semblables. Je ne dis pas ça parce que c'est mon fils, je dis ça parce que c'est lui. C'est un gars qui est humain et qui a toujours aidé tout le monde», rapporte Mme Lapierre.

Pour l'heure, Martin éprouve des difficultés de locution, peine à trouver ses mots, mélange les personnes entre elles, sa mère, son père, l'infirmière. Il faudra attendre au moins un an avant de savoir si des séquelles permanentes accompagneront son quotidien jusqu'à la fin de ses jours. Si tout se passe comme prévu, l'homme de 32 ans pourrait être transporté au cours de la semaine à l'hôpital juif de réadaptation de Laval. Malgré la sévérité des blessures, Mme Lapierre s'est tout de même dite rassurée lorsqu'elle a vu Martin alité pour la première fois. «C'est un miraculé», lance-t-elle au bout du fil.

«Il est mieux que je pensais. C'est sûr qu'il cherche ses mots. Lorsqu'il nous parle, on comprend ce qu'il veut dire, mais les mots ne sortent pas comme il veut. Il faut l'aider à dire le mot qu'il cherche à nous dire. Au moins, il est revenu, il est sorti du coma», soupire Mme Lapierre, qui demeure néanmoins réaliste quant à l'avenir. «Je ne me fais pas un château de cartes avec ça. Je préfère le prendre au jour le jour. Il ne faut pas rêver en couleur. On souhaite qu'il se rétablisse à 100 % mais... Il faut prendre ça graduellement, tranquillement, pour ne pas avoir de déception.»

Lorsqu'elle songe à Marc-André Paquin, celui qui aurait agressé son fils, Mme Lapierre s'efforce de demeurer calme. En bout de piste, la dame n'est tout simplement pas prête à lui pardonner. «C'est pas comprenable cette violence», reconnaît-elle. «C'est sûr que le gars [Marc-André Paquin] n'avait pas toute sa tête, mais il n'y a pas de pardon pareil. C'est un geste inacceptable, même s'il était drogué», croit-elle.

«Ce que j'espère, c'est qu'il ne soit pas dans la société avant un méchant bout de temps. Martin aurait pu mourir. Il ne va peut-être même pas revenir à 100 %. C'est pas des affaires que tu fais... Je dirais pas que je pardonne à ce gars-là aujourd'hui. Non. Quand on s'attaque à ton enfant, c'est comme un couteau dans le coeur, et le coeur ça ne guérit pas facilement. C'est un organe vital», image Mme Lapierre qui ne sait pas si elle assistera au procès de Paquin. «Pour l'instant, notre combat, c'est d'entourer notre fils. On donne toutes nos énergies à Martin.»

Du même souffle, elle salue le travail de son gendre, Louis Boisvert qui, grâce aux réseaux sociaux, a pu mettre la pression nécessaire pour que le présumé agresseur soit retrouvé rapidement par les policiers. Notons que Marc-André Paquin, 31 ans, résident du secteur Lac-à-la-Tortue de Shawinigan, a été appréhendé par les policiers quelques jours après les événements. Remis en liberté le 28 septembre en attendant son procès, il doit respecter certaines conditions comme un couvre-feu entre 22 h et 7 h sauf pour fins de travail et urgences médicales. Il doit revenir en cour le 2 novembre prochain.

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